SWEETS FROM A STRANGER
Titre: Caramelle da uno sconosciuto
Réalisateur: Franco Ferrini
Interprètes: Barbara De Rossi

 

Marina Suma
Athina Cenci
Mara Venier
Laura Betti
Anny Papa
Sabrina Ferilli
Année: 1987
Genre: Thriller / Giallo / Drame
Pays: Italie
Editeur  
Critique:

Franco Ferrini est un vétéran du giallo ayant participé à l’écriture de nombreux thrillers à l’italienne : ENIGMA ROSSO (en 1978), OU EST PASSEE JESSICA ? (en 1985) puis plusieurs Argento dont PHENOMENA, TERREUR A L’OPERA, LE SYNDROME DE STENDHAL, TRAUMA, THE CARD PLAYER, LE SANG DES INNOCENTS, DO YOU LIKE HITCHCOCK, etc. On le retrouve également, toujours en tant que scénariste, au générique d’IL ETAIT UNE FOIS EN AMERIQUE, DEMONS 1 et 2, LA CHIESA, ARRIVERDERCI AMORE CIAO et bien d’autres films d’intérêt varié.

Cette carrière prolifique laissait espérer le meilleur pour son passage à la réalisation, en 1986, avec ce SWEETS FROM A STRANGER forcément inscrit dans le « filon » du giallo (alors quasiment disparu des grands écrans). Ce fut malheureusement un coup dans l’eau, qui demeura par ailleurs l’unique mise en scène de Ferrini. Guère étonnant à la vision du produit fini, un ratage quasi-total en dépit de prémices intéressantes.

Une ville italienne est terrorisée par les meurtres d’un serial killer apparemment décidé à supprimer toutes les prostituées de la région. Quelque unes d’entres elles, lassées du manque de moyens déployés par la police, décident de prendre leur sort en main et forment une sorte de milice de défense. Organisées, les filles tentent de se protéger et, si possible, de démasquer l’assassin. Malgré une idée de départ intéressante, SWEETS FROM A STRANGER échoue totalement à maintenir l’intérêt du spectateur et sa vision se révèle rapidement laborieuse.

Débutant comme un giallo classique par quelques meurtres commis par un tueur ganté de noir, le long-métrage se transforme ensuite en un drame social fort peu convaincant. S’il parait de prime abord original de placer les prostituées au cœur de l’intrigue, l’option choisie par Franco Ferrini manque hélas de mordant.

Très bavard, plombé par d’interminables séquences d’apitoiement des actrices, empli de lieux communs (les filles sont rejetées par la société, la police se fiche de trouver le meurtrier,…), SWEETS FROM A STRANGER verse également, à plusieurs reprises, dans la comédie. Les réunions des prostituées rassemblées en « milice » sont ainsi prétextes à quelques traits d’humour plutôt malvenu dans ce contexte. Un peu plus tard, elles se déshabillent afin d’attirer les voyeurs, une manière comme une autre de dissuader l’assassin de les trucider loin de tout témoin.

Années ’80 oblige, le film s’apparente parfois à un long vidéo clip et se permet par exemple une scène, typique de son époque, d’habillage sexy bercé par une chanson très sirupeuse destinée au hit-parade. La bande originale reste néanmoins plaisante pour les non allergiques à ces sonorités à présent datées et la photographie se montre efficace, quoique parfois proche d’un banal téléfilm érotique de seconde partie de soirée.

Au niveau de l’exploitation, Ferrini refuse la facilité et s’attarde peu sur la violence ou le sexe, à l’opposé de la plupart des giallos de l’âge d’or traitant de sujet similaires comme NUE POUR L’ASSASSIN, MEURTRE SUR LA 17ème AVENUE, CARESSES A DOMICILE ou LE DOSSIER ROSE DE LA PROSTITUTION. Le dernier quart d’heure daigne toutefois accélérer le propos et jouer davantage la carte du thriller mais, après un ventre mou de près d’une heure (!), ce sursaut méritoire est hélas insuffisant pour sauver le film du naufrage.

L’identité de l’assassin se plie du reste à la loi du genre, autrement dit la personne apparemment la plus innocente se révèle forcément être coupable. Une révélation attendue qui ne risque guère de surprendre les afficionados.

Mélange de giallo, de drame social, de comédie et de passage timidement sexy, SWEETS FROM A STRANGER bouffe à tous les râteliers mais, par manque de focus, ne réussit jamais à passionner le spectateur, lequel attend sans passion les dernières minutes, nettement plus nerveuses et réussies, pour sortir de sa torpeur. Médiocre.

 

Fred Pizzoferrato - Septembre 2013