SYMPHONY IN BLOOD RED
Titre: Come una crisalide
Réalisateur: Luigi Pastore
Interprètes: Sharon Alessandri

 

Nikol Brown
Federica Carpico
Tony Cimarosa
Michela Foresta
Fabio Giovannini
Anna Morosetti
Année:  
Genre: Giallo / Horreur
Pays: Italie
Editeur  
Critique:

Ecrit et réalisé en 2010 par Luigi Pastore, SYMPHONY IN BLOOD RED s’inscrit résolument dans le revival giallo et rend hommage à Dario Argento, à la manière d’IMAGO MORTIS ou MASKS. Le long-métrage débute d’ailleurs par une citation du maestro, tirée de TENEBRES et on retrouve quelques vétérans du bis italien à plusieurs postes-clés. Le coscénariste Antonio Tentori, tout d’abord, a participé au scénario du film testament de Lucio Fulci, UN GATTO NEL CERVELLO puis à DEMONIA, RITORNO DALLA MORTE, I TRVE VOLTI DEL TERROR et trois Bruno Mattei : THE JAIL, L’ÎLE DES MORTS VIVANTS et ZOMBIE : THE BEGINNING.

Autre incontournable de l’horreur à l’italienne, Sergio Stivaletti (DEMONS, SANCTUAIRE, GHOST SON, MOTHER OF TEARS, etc.) s’est occupé des effets spéciaux tandis que Claudio Simonetti, le claviériste des Goblins, compose une bande originale éminemment référentielle (dans laquelle il recycle son excellent « Cosmo »). Simonetti se permet même une apparition avec son groupe Heavy Metal Demonia au cours d’une des scènes les plus réussies, un concert qui vire au carnage par la faute d’un assassin ganté de cuir noir.

L’intrigue, elle, s’intéresse à un tueur en série anonyme qui s’en prend à plusieurs jeunes femmes et aime immortaliser ses méfaits via la caméra. Si SYMPHONY IN BLOOD RED s’annonce, dès lors, sous les meilleurs auspices, il faut hélas déchanter à la vision du produit fini, un médiocre mélange de slasher, de thriller et de giallo, ponctué de passages filmés par le tueur. Ces derniers se rapprochent piteusement de la vague found footage et tentent de donner au long-métrage un ton « moderne » et « branchée ». En pure perte.

L’ensemble, très gore, se veut d’ailleurs résolument brutal et prend, hélas, des allures de « torture porn » lors des crimes d’une grande complaisance graphique. Présenté comme un hommage au giallo, SYMPHONY IN BLOOD RED se rapproche malheureusement davantage de titres italiens récents comme le minable THE TORTURER de Lamberto Bava ou le désastreux THE CARD PLAYER de Dario Argento. Seuls quelques passages sympathiques (la prestation de Demonia, la nudité et le gore) relèvent le niveau d’un produit balisé à l’intérêt fort limité, bien loin de la grande époque du thriller horrifique à l’italienne.

Le scénario, en effet, tourne rapidement en rond et le long-métrage parait, dès lors, bien longuet en dépit d’une durée réduite à moins de 80 minutes. De rares idées originales émergent cependant : une partie de la narration est, bizarrement, confiée à deux marionnettes qui expliquent en partie les motivations de l’assassin. Ce-dernier attire en outre l’attention d’un animateur de télévision et SYMPHONY IN BLOOD RED esquisse un semblant de critique à l’égard du voyeurisme sensationnaliste de certaines productions télévisuelles. Un parallèle intéressant mais malheureusement insuffisamment développé pour convaincre.

Si l’esthétique et le visuel restent splendides, avec une utilisation toujours superbe des couleurs et des contrastes, SYMPHONY IN BLOOD RED ne parvient jamais à s’élever au niveau de ses glorieux inspirateurs. Cette œuvre de fan s’annonçait comme une véritable déclaration d’amour au thriller italien et se révèle, en réalité, une énorme déception, proportionnelle au potentiel gâché d’un film, séduisant sur le papier mais hélas raté à l’écran.

 

Fred Pizzoferrato - Septembre 2013