TALES OF HALLOWEEN
Titre: Tales of Halloween
Réalisateur: Axelle Carolyn & Darren Lynn Bousman & Adam Gierasch & Andrew Kasch & Neil Marshall & Lucky McKee & Mike Mendez & Dave Parker & Ryan Schifrin & John Skipp & Paul Solet
Interprètes: Adrienne Barbeau

 

Barry Bostwick
Booboo Stewart
Caroline Williams
Barbara Crampton
Lisa Marie
John Savage
Année: 2015
Genre: Film à sketches / Fantastique / Horreur
Pays: USA
Editeur
Critique:

La fête d’Halloween inspira d’innombrables cinéastes et, après l’excellente anthologie TRICK R TREAT et les deux plaisants volumes d’ALL HALLOW’s EVE, ce nouvel essai rassemble pas moins de dix cadors (autoproclamés) de l’horreur pour autant de segments plus ou moins convaincants. Leur brièveté s’avère, dès lors, autant un atout qu’un défaut parfois criant: en dix minutes, difficile de développer une intrigue ou de faire exister des personnages. L’important réside donc dans la « chute » finale, un retournement ironique dans la lignée des contes macabres à la « Tales from the crypt » qui se résume, généralement, à un cinglant « tel est pris qui croyait prendre ».

La maitresse de cérémonie est ici Adrienne Barbeau (THE FOG) et le premier sketch, plaisant, démarre cette bande de belle manière sur le ton de la « légende urbaine » racontée par un couple d’adolescents à un gamin. La morale est simple : si tu manges tout tes bonbons il va t’arriver des bricoles, prends soin d’en laisser pour le croquemitaine sinon celui-ci les mangera directement dans tes entrailles ! Rythmé, drôle, gore : une entame de qualité signé Dave Parker dont on se souvient pour son zombie flick très gore THE DEAD HATE THE LIVING et, plus récemment, son slasher THE HILLS RUN RED. Le second sketch est déjà moins réussi: Darren Lynn Bousman (célèbre pour trois SAW) envoie un petit garçon commettre quelques tours pendables en compagnie de son voisin, lequel se révèle être le Diable en personne. Le petit twist final rattrape joliment une intrigue linéaire et guère passionnante qui emploie un humour bien lourd et débile pas vraiment approprié.

Adam Gierash (NIGHT OF THE DEMONS 2009), pour sa part, recourt aux principes du home-invasion avec ce petit groupe d’amis confrontés, un soir d’Halloween, à une horde d’enfants animés des pires intentions. Le segment se repose entièrement sur une chute certes amusante mais amenée de manière abrupte pour le conclure à la manière d’un clin d’œil humoristique. Bof. La suite n’est pas vraiment plus convaincante mais « The Weak and the Wicked » signé Paul Solet (GRACE) demeure acceptable avec son concept simple : trois méchants (menés par une sexy gothique) s’en prennent à la mauvaise personne un soir d’Halloween et subissent les démoniaques conséquences de leurs actes.

La Bruxelloise Axelle Carolyn enchaine avec un « Grim Grinning Ghost » très classique racontant la confrontation entre une jeune femme et un esprit maléfique. Comme la demoiselle ne respecte pas le conseil de « ne jamais se retourner lorsqu’on entend des pas la veille de la Toussaint» le segment se termine abruptement par un jump scare agréable qui n’évite pas le « tout ça pour ça ». Le généralement doué Lucky McKee (RED, MAY) verse dans l’humour avec son sketch « Ding Dong » mais sans que cela fonctionne réellement. Andrew Kasch (spécialiste des documentaires consacrés à des franchises comme HALLOWEEN ou FREDDY) s’associe à l’écrivain splatterpunk John Skipp (également scénariste du remake musical de MISTY BEETHOVEN) pour un humoristique « This means war » dans lequel deux voisins se disputent à propos du « bon goût » concernant les décorations d’Halloween. Entre l’adepte du classicisme et les amateurs de délire gore et heavy metal, la dispute escalade rapidement jusqu’au final attendu.

La palme du délire revient à Mike Mendez (LE COUVENT, BIG ASS SPIDERS) avec son « Friday the 31st », sorte de parodie enfumée d’un VENDREDI 13 revisité à la sauce invasion extraterrestre. Le sketch ne semble avoir d’autre but que d’amuser le spectateur en mélangeant comédie absurde, références cinéphiliques et gore extrêmement généreux. Dispensable mais amusant. Tout aussi déjanté, « The Ransom of Rusty Rex » de Ryan Schifrin (le réalisateur du sympathique ABOMINABLE et accessoirement fils du légendaire compositeur Lalo Schifrin – qui signe d’ailleurs le thème principal de TALES OF HALLOWEEN) n’est guère réussi mais quelques touches d’humour fonctionnent et, par sa brièveté, parvient à ne pas ennuyer. Enfin, le « Bad Seed » de Neil Marshall (CENTURION, DOG SOLDIERS) termine l’aventure : quelques clins d’œil aux sketches antérieures et un humour absurde sauvent cette variation un poil poussive sur L’ATTAQUE DES TOMATES TUEUSES…bien sûr, thématique oblige, les tomates sont ici remplacées par une citrouille géante carnivore.

Œuvre de fans, TALES OF HALLOWEEN recourt évidemment aux apparitions surprises de personnalités du fantastique pour divertir le spectateur. Outre Adrienne Barbeau, on note la présence de Lisa Marie, familière de Tim Burton (SLEEPY HOLLOW), Barry Bostwick (ROCKY HORROR PICTURE SHOW), Lyn Shaye (la trilogie INSIDIOUS), Caroline Williams (MASSACRE A LA TRONCONNEUSE 2), Barbara Crampton (FROM BEYOND), John Savage (CARNOSAUR 2), Tiffany Shepis (égérie de la Troma) et les cinéastes Joe Dante, John Landis, Mick Garris et Adam Green.

Très (trop ?) inégal aussi bien dans la réussite des différents segments que dans leur ton (qui oscille entre l’angoissant et le comique délirant), TALES OF HALLOWEEN constitue donc, au choix, une demi-réussite ou un demi-échec : seul une (petite) moitié des sketches s’avèrent réellement intéressante mais la bonne humeur généralisée et les nombreux clins d’œil disséminés durant ses 92 minutes de projections le rendent globalement sympathiques et excusent ses nombreuses faiblesses.

Fred Pizzoferrato - Novembre 2015