TARZAN DANS LES MINES DU ROI SALOMON
Titre: Tarzán en las minas del rey Salomón
Réalisateur: José Luis Merino
Interprètes: David Carpenter

Paul Naschy
Nadiuska
Sergio Alberti
Alibe
 
 
Année: 1974
Genre: Aventures
Pays: Espagne
Editeur  
Critique:

Apparemment produit sans l’assentiment des héritiers de Burrough (non crédité!), cette adaptation à très petit budget de Tarzan inclut également, comme le titre le laisse supposer, des éléments en provenance du roman « Les mines du roi Salomon » de H.Rider Haggard.

L’intrigue, banale, reprend un schéma bien connu depuis les premières aventures de Johnny Weissmuller et le cinéaste convie sans sourciller toutes les conventions afférentes à ce type de récit. Une jeune femme, Doris, se rend en Afrique à la recherche de son frère disparu, Paul, supposé tombé entre les mains de la redoutable tribu des Hommes Léopard suite au crash de son avion. Stanleyt, un baroudeur macho, campé sans surprise par un Paul Naschy moustachu, se propose d’aider la demoiselle mais sollicite l’assistance de Tarzan, seul capable de conduire le petit groupe à travers la jungle hostile. La situation se complique avec l’intervention de la Reine des Hommes Léopard soucieuse d’obtenir un important lot d’armes à feu promis par Stanley en échange d’une part du fabuleux trésor du Roi Salomon.

Scénariste et metteur en scène actif de la fin des années ’50 au début des années ’90, José Luis Mérino retrouve Paul Naschy, qu’il avait précédemment dirigé dans LES ORGIES MACABRES, et lui offre le rôle principal de ce routinier film d’aventures dans lequel Tarzan, campé par le piteux David Carpenter (peut-être le pire interprète de l’Homme Singe comme en témoignent, entre autre, ses très maladroites déambulations dans les arbre) s’apparente à une pièce rapportée. L’utilisation du célèbre cri de Tarzan, directement repris de Weissmuler, rend plus pathétique encore les misérables tentatives de Carpenter de s’imposer en héros viril.

Tourné aux îles Canaries, un substitut acceptable pour les régions tropicales inexplorées où l’action est supposée prendre place, TARZAN DANS LES MINES DU ROI SALOMON avance malheureusement à un rythme assoupi jusqu’à la confrontation finale qui résout tous les problèmes précédemment posés et laisse Tarzan et Jane…pardon Doris, profiter de leur bonheur chèrement gagné.

Avec ses longs passages « touristiques et documentaires » consacrés aux animaux exotiques (lions, éléphants, autruches, serpents, zèbres, hippopotames, vautours…un véritable zoo !) censés conférer une légitimité au métrage, ce piteux film familial finit par ennuyer. Notons toutefois que José Luis Mérino saupoudre l’ensemble d’une pincée d’érotisme suggestif, la belle demoiselle en vadrouille, campée par Nadiuska (qui sera, dix ans plus tard, la mère de CONAN LE BARBARE), voyant sa robe régulièrement déchirée et raccourcie au fil de ses pérégrinations.

Languissant, TARZAN DANS LES MINES DU ROI SALOMON constitue sans aucun doute une des plus médiocres adaptations, fut-elle pirate, de l’œuvre d’Edgar Rice Burrough. Sans intérêt.

 

Fred Pizzoferrato - Août 2016