TEAM AMERICA: POLICE DU MONDE
Titre: Team America - World Police
Réalisateur: Trey Parker
Interprètes: La marionnette d'Alec Baldwin
La marionnette de Ben Affleck
La marionnette de Matt Damon
La marionnette de Liv Tyler
La marionnette de Michael Moore
La marionnette de Susan Sarandon
 
Année: 2004
Genre: Parodie SF action
Pays: USA
Editeur  
4 /6
Critique:

L'équipe d'élite de la Police du Monde combat les infâmes terroristes partout dans le monde: islamistes, communistes, acteurs homos, tous menacent la sécurité de la planète et doivent être anéantis sans pitié. Réalisé par l'équipe de "South Park", cette comédie uniquement réalisée avec des marionnettes s'apparente à une version délirante des "Sentinelles de l'Air". A l'opposé de la version live du titre précité, TEAM AMERICA ose les mouvements saccadés, les fils bien visibles et les séquences outrancières.

Nous retrouvons une pseudo-Pénélope obsédée et une poupée Ken revisitée par Rambo en pleine guerre mondiale contre l'Axe du Mal représentée par le Maghreb et la Corée. Le patriotisme en prend pour son grade mais Trey Parker ne se prive pas d'adopter les codes du blockbuster ricain des années glorieuses. Son métrage ressemble donc à s'y méprendre à une version un peu plus délirante des classiques bis comme INVASION USA ou DELTA FORCE avec Chuck Norris. Ce n'est donc pas vraiment le monument délirant annoncé, plutôt une version long métrage d'un sketche des Guignols de l'Info et on s'attend presque à voir débarquer la marionnette de Ben Ladden pour lancer un "spize di conaze" référentiel.

Trey Parker, d'ailleurs, ne s'en prend pas tant à la politique qu'au système hollywoodien. Il propose ainsi une belle galerie d'acteurs membre du Fag ("pédé") prêt à faire la paix et à pactiser avec l'infâme dictateur coréen: le réalisateur tire alors joyeusement à boulets rouges sur Liv Tyler, Susan Sarandon, Samuel Jackson, Ben Affleck, Matt Damon et surtout Alec Baldwin, transformé pour l'occasion en plus grand acteur de tous les temps. On pourrait bien sûr reprocher à Parker d'adopter les codes de ce qu'il cherche à critiquer, ce qui ne serait pas faux: avec quelques coupes mineures, son scénario aurait en effet pu donner lieu à un authentique gros budget décérébré à la Michael Bay. C'est donc à la fois sa force et sa faiblesse: le produit est soigné, efficace, rythmé et plein d'action (combat en plein ciel, attaque très MATRIX du repaire des Coréens par la Police du Monde surarmée, destruction massive de Paris, etc.). Bref, le grand spectacle prend souvent le pas sur la satire.

On note pourtant quelques bons moments musicaux, entre autres un thème récurent et mémorable: "America Fuck You" et un génial "Pearl Harbour Sucks" qui devraient ravir tous les adversaires du cinéma de Michael Bay, responsable selon Parker des pires daubes de l'histoire du cinéma. Le final de TEAM AMERICA voit finalement les "Thunderbirds" investir la base secrète ennemie et se livrer à des combats aux sabres, des déluges de balles qui laissent des trous sanglants dans les poitrines, des chorégraphies martiales, etc.

Du bon divertissement débile qui culmine dans l'attaque d'une meute de chats (des panthères noires dans le film!) que vont affronter nos pauvres poupées piégées. Parmi les autres moments mémorables citons l'apparition d'un Michael Moore ventripotent décidé à contrer les agissements de la Police du Monde. Et les passages les plus virulents ou déjantés: le héros vomissant dans une rue après une cuite carabinée, la nuit d'amour des deux marionnettes (notre valeureux héros et sa Barbie) qui passe par des positions rarement vues sur un écran, sans oublier des 69, des sodomies et même de l'urologie lorsque le héros pisse dans la bouche de sa partenaire.

Trey Parker ne s'est donc guère calmé depuis l'époque Troma et, si TEAM AMERICA ne cherche pas à rivaliser avec le gore satique de MEET THE FEEBLES ou les pornos animés comme TOY JOY ou LET MY PUPPET COME, le résultat demeure néanmoins outrancier et vulgaire à souhait. Bref, TEAM AMERICA est relativement décevant et ne permet pas de crier au génie mais, en dépit de ses longueurs et de ses idées non ou mal exploitées, il permet de passer un bon moment.

Sans plus, ni moins.

Fred Pizzoferrato - Mars 2007