LA TERREUR DES BARBARES
Titre: Il terrore dei barbari
Réalisateur: Carlo Campogalliani
Interprètes: Steve Reeves

 

Chelo Alonso
Bruce Cabot
Giulia Rubini
Arturo Dominici
Gino Scotti
Livio Lorenzon
Année: 1959
Genre: Péplum
Pays: Italie
Editeur Sony Music
Critique:

Réalisé en 1959, LA TERREUR DES BARBARES est un plaisant petit péplum réalisé par Carlo Campogalliani dont la carrière a quand même, mine de rien, débuté aux origines du Septième Art et plus précisément en 1915. Dès les années ’20, Campogalliani réalisa des péplums, dont de nombreux Maciste avant de poursuivre dans des genres divers au cours des trois décennies suivantes.

Le péplum revenant à la mode à la fin des années ’50, Campogalliani termina sa carrière par une nouvelle salve de « sword and sandals » comme LE GEANT DANS LA VALLEE DES ROIS ou URSUS (alias LA FUREUR D’HERCULE) qu’il mit en scène à 75 ans. Il dirigea logiquement Steve Reeves, la star incontestée du péplum italien qui venait de triompher dans les deux premiers HERCULES, dans cet aimable divertissement, idéal pour un après-midi pluvieux.

Conan avant l’heure (du moins cinématographiquement parlant), Steve Reeves incarne Emiliano, un brave paysan qui voit la ville de Vérone dévastée et son paternel massacré dans les temps troublé du 6ème siècle après Jésus Christ. A cette époque, les hordes barbares déferlent sur l’Italie et anéantissent les derniers souvenirs de l’Empire Romain. Emiliano prend donc les armes pour repousser les envahisseurs et, afin de les effrayer, s’affuble d’un costume de monstre dentu et griffu, proche du lion. La tactique se révèle payante et les barbares commencent à craindre cette créature, surnommée Goliath, ce qui entraine une riposte vigoureuse et la construction d’un fort afin de consolider l’autorité des envahisseurs sur ce coin d’Italie. En raison de sa forte musculature, Emiliano est toutefois capturé par les barbares qui le soupçonnent d’être un rebelle. Suivant leurs traditions, il est soumis à la « loi de dieu » et, pour démontrer sa bonne foi, doit passer différentes épreuves de forces. Incroyablement, Emiliano triomphe de chacune d’elles et le chef des barbares se voit contraint de le libérer pour respecter sa promesse…D’autant que sa fille, la belle Londo, est tombée amoureuse du musculeux jeune homme.

Très classique, LA TERREUR DES BARBARES n’innove guère et propose une intrigue typique du péplum de série B, d’ailleurs reprise, avec d’infimes variations, par des dizaines de récits d’Heroic-fantasy durant les années ‘80. Seule la localisation spatio-temporelle (le Nord de l’Italie, deux siècles après la Chute de l’Empire Romain) se révèle un tant soit peu originale même si finalement peu exploité. L’aspect fantastique, par contre, est réduit : excepté la force surhumaine du héros, le reste relève de la mise en scène et le monstre qui décime les barbares est, en réalité, un simple humain costumé.

Malgré tout, LA TERREUR DES BARBARES réussit son pari de pur divertissement et joue des clichés du genre avec un certain bonheur. Le héros solitaire et vindicatif, les chefs barbares qui se disputent le pouvoir (l’un semble raisonnable et humain tandis que son rival est une brute assoiffée de sang), la demoiselle qui tombe amoureuse du héros, les différentes épreuves au cours desquelles il démontre sa musculature,…Du classique mais sympathique et distrayant en dépit d’une mise en scène pas toujours suffisamment énergique pour maintenir l’intérêt lors des scènes intimistes aux dialogues parfois envahissant.

Heureusement quelques passages sauvent les meubles, en particuliers le massacre d’un village par les hordes barbares qui utilisent toute une série d’installations fantaisistes pour exterminer les pauvres paysans. La dernière demi-heure, nettement plus rythmée que l’heure qui précède, se suit, elle, avec le sourire: le puissant Steve Reeves laisse libre court à sa colère et tue ses ennemis de fort belle manière, affrontant finalement le brutal chef des barbares en combat singulier. Prévisible mais agréable.

S’il n’est pas le meilleur film de Steve Reeves, LA TERREUR DES BARBARES se situe dans une honnête moyenne et saura divertir les amateurs de péplums italiens de série B. Il ne faut pas y chercher autre chose qu’un bon moyen de tuer le temps durant 90 minutes mais, dans la limite de ses modestes ambitions, LA TERREUR DES BARBARES remplit son contrat et c’est là l’essentiel.

 

Fred Pizzoferrato - Avril 2012