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Sorti en 1980, LE MONSTRE DU TRAIN appartient à la première grande vague des slashers et s’est même forgé la réputation d’un petit classique dans ce genre balisé. Comme souvent l’intrigue débute par une farce macabre jouée au pauvre type du lycée, Kenny, par ses « camarades » au soir du nouvel an. Ceux-ci promettent au pauvre garçon une nuit avec la belle Alana dont il est amoureux. Malheureusement il ne trouve dans le lit qu’un cadavre putréfié et disjoncte complètement. Trois ans plus tard nous retrouvons les étudiants pour une ultime virée pleine de sexe et d’alcool, organisée à bord d’un train. Mais parmi les passages s’est glissé un tueur…Le carnage peut commencer. LE MONSTRE DU TRAIN peut s’enorgueillir d’un casting particulièrement hétéroclite puisque Jamie Lee Curtis, Ben Johnson et David Copperfield se partagent la vedette. La première était à l’époque considérée comme la scream queen numéro 1 du genre après ses apparitions dans HALLOWEEN, LE BAL DE L’HORREUR et FOG. Le second avait déjà une très riche carrière dans des genres forts divers mais on le connaissait surtout pour ses Westerns, spécialement pour John Ford (comme RIO GRANDE) ou Sam Peckinpah (MAJOR DUNDEE, LA HORDE SAUVAGE,…). Quand à David Copperfield il joue là son unique rôle sur grands écrans et incarne, sans surprise, un illusionniste ténébreux simplement désigné comme « le magicien ». Jamie Lee Curtis parvient à donner un minimum d’épaisseur à son personnage mais il ne faudra toutefois pas en attendre énormément, tant le scénario extrêmement convenu laisse peu de place à un véritable développement de caractère. Difficile dès lors de ressentir la moindre empathie ou compassion pour les victimes du tueur, présenté à gros traits et de manière souvent peu flatteuse. La présence de Copperfield permet, pour sa part, une série de numéros de magie assez impressionnants pas vraiment utiles au déroulement de l’intrigue (ils s’apparentent vraiment à du remplissage) mais qui donnent cependant un petit cachet mystérieux et une certaine originalité à ce MONSTRE DU TRAIN sinon fort routinier. La bonne idée reste sans doute la soirée costumée qui se déroule dans le train, permettant au meurtrier d’évoluer incognito au milieu de ses futures victimes. Contrairement aux habituels tueurs en série, notre dangereux personnage n’hésite pas, non plus, à changer régulièrement de masque ou de costume histoire de brouiller les pistes et de faire monter le suspense. Le scénariste tente même d’orienter les soupçons sur l’un ou l’autre personnage (en particulier ce magicien précité) et de se montrer un peu plus malin que les habituels scribouillards oeuvrant dans le genre. Nul ne sera vraiment dupe mais la tentative demeure à saluer.
Roger Spottiswoode livrait là ses débuts en tant que réalisateur et il n’est apparemment pas très fier de ce film. Pourtant, objectivement, l’homme n’a pas à rougir de sa mise en scène bien maîtrisée et travaillée. Si LE MONSTRE DU TRAIN ne se montre pas vraiment à la hauteur de l’excellent UNDER FIRE ou du très bon James Bond DEMAIN NE MEURT JAMAIS, Spottiswoode fera bien pire avec les embarrassants ARRETE OU MA MERE VA TIRER et TURNER & HOOCH. La photographie, assurée par John Alcott, rehausse également le métrage. Après avoir travaillé avec Kubrick sur ORANGE MECANIQUE, BARRY LINDON et SHINING on peut s’étonner de retrouver le talentueux directeur photo sur un projet aussi modeste mais les couleurs chaudes de l’intérieur du train, le jeu sur les lumières et les ombres et, surtout, les plans superbes du train roulant dans les paysages enneigés du Canada possèdent une qualité rare dans les films d’épouvante à petit budget des années 80. Le métrage se conclut logiquement par un « last girl standing », passage obligé de tout slasher qui confronte la belle héroïne en détresse au tueur masqué. Un face à face particulièrement brutal et hargneux au cours duquel Jamie Lee Curtis mérite assurément son titre de scream queen tant elle hurle en repoussant les assauts du maniaque. Evidemment, LE MONSTRE DU TRAIN se ménage un petit twist final surprenant même si les familiers du slasher, sans nécessairement deviner la fin exacte, comprendront rapidement que l’intrigue ménage une pirouette de ce style là. Néanmoins, sans être aussi traumatisante et inattendue que, par exemple, la révélation concluant MASSACRE AU CAMP D’ETE, la scène finale vaut son pesant de cacahouètes. Même si aujourd’hui LE MONSTRE DU TRAIN paraîtra daté et un peu ennuyant (son intrigue basique ayant été reprise par la suite un nombre incalculable de fois) il reste un bon exemple du genre bénéficiant, pour une fois, d’une assez bonne réputation y compris chez les critiques dits « sérieux » méprisant habituellement ce type de production. Pas un indispensable, loin de là, mais une petite vision sympathique pour les nostalgiques. |
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Fred Pizzoferrato - Février 2009 |
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