LA CHAUVE SOURIS
Titre: The Bat
Réalisateur: Crane Wilbur
Interprètes: Vincent Price

 

Agnes Moorehead
Lenita Lane
Harvey Stephen
 
 
 
Année: 1959
Genre: Thriller / Comédie
Pays: USA
Editeur Bach Films
Critique:

Une petite production sympathique, vendue bien abusivement comme un récit fantastique ou même d'épouvante alors qu'il s'agit d'un policier traditionnel. Ou, plus exactement, un murder mystery qui aurait fait les belles heures d'Agatha Christie et autres romancières du genre. Ou même de Conan Doyle ou Jean Ray.

En réalité, il s'agit déjà de la quatrième version d'un roman de Mary Roberts Rinehart, The Circular Staircase, après les adaptations pour la scène et les versions cinématographiques de 1915, 1926 (sous le titre The Bat) et 1930 (sous celui de The Bat Whispers). Une mythologie qui aurait, parait-il, inspiré Bob Kane pour le personnage de Batman.

Cornelia Van Gorder, une célèbre écrivain, loue avec son assistante Lizzie un manoir surnommé le Nid du Faucon. Un tueur masqué, appelé la Chauve-souris y fit régner la terreur. Aujourd'hui, ce sont d'authentiques chauve-souris infestées par la rage qui rendent la région dangereuse. Beaucoup pensent évidemment que cette nouvelle menace est liée d'une manière ou d'une autre à la Chauve-souris. Lorsque Cornelia se rend à la banque, nous rencontrons également le directeur, Victor Bailey, et son épouse Dale, ainsi que le lieutenant de police Anderson.

Le Nid du Faucon appartient d'ailleurs au président de la banque, Mr John Fleming qui vient de dérober un million de dollars à sa propre banque et se partage de le partager avec son vieil ami, le docteur Wells (joué par Vincent Price). Fleming souhaite maquilller sa mort et disparaître tout en faisant porter le chapeau du vol à Bailey. Mais Wells se montre plus malin et tue réellement Fleming, gardant ainsi l'intégralité du million de dollars pour lui! Malheureusement, Fleming a caché l'argent dans le Nid du Faucon, dans une pièce secrète, et Wells ne parvient pas à trouver la cachette. Il endosse donc l'identité de la Chauve-souris pour essayer de découvrir où est dissimulé le million de dollars. Un lieu clos, un tueur masqué qui frappe apparemment au hasard, des passages secrets, un climat aux lisières du surnaturel, des rebondissements en série, un rythme enlevé…THE BAT trahit ses origines théâtrale mais fonctionne bien.

Avec son coté rétro et son ambiance très "prenons le thé dans le salon et discutons de l'énigme, ce méchant tueur sadique attendra bien que nous ayons fini pour venir nous attaquer", THE BAT devrait contenter les amateurs de ce genre de récit. Quoique nous soyons plus proche d'une série policière destinées aux femmes d'un certain âge que d'un véritable inédit du fantastique, il faut avouer que l'on passe un bon moment. L'ambiance est agréable, distinguée et prenante, le suspense, pour sa part, fonctionne relativement bien même si Wilbru Crane utilise de nombruex effets et clichés inhérents au style "old dark house".

Les acteurs, pour leur part, offrent de belles prestations, que ce soit Agnes Moorehead ou Vincent Price. La première, alors âgée de 51 ans, apporte à l'entreprise une certaine disctinction savoureuse, que l'on imagine parfait pour incarner, par exemple, Miss Marple. Agnes Moorehead, restée surtout célèbre pour ses rôles dans LA SPLENDEUR DES ANDERSON, LES PASSAGES DE LA NUIT ou, surtout, CHUT CHUT CHERE CHARLOTTE, montre que, bien dirigée, elle est capable du meilleur. Vincent Price, lui, se révèle bien entendu suave et délectable.

En résumé, LA CHAUVE-SOURIS constitue une petite réussite et, les spectateurs sensibles à ces ambiances, ces manoirs mystérieux, ces nuits où frappe un homme masqué, ce noir et blanc très photogénique et ces dialogues un peu datés et donc savoureux, devraient passer un bon moment. Pas de raison de se priver de ce divertissement agréable.

En bonus, le film est présenté en VF 5.1. / VO mono sous titrée, chapitrage et documentaire sur la restauration numérique (le même que l'on trouve sur tous les titres de l'éditeur). Image correcte compte tenu de l'âge du film et du faible prix de ventes.

 

Fred Pizzoferrato - Juillet 2007