THE BAT
Titre: The Bat
Réalisateur: Roland West
Interprètes: George Beranger

 

Charles Herzinger
Emily Fitzroy
Jack Pickford
Louise Fazenda
Arthur Housman
Robert McKim
Année: 1926
Genre: Comédie policière / Epouvante
Pays: USA
Editeur Hantik Films
Critique:

Auteur prolifique précocement décédé en France (apparemment de noyade), Avery Hopwood écrivit de nombreuses pièces de théâtre dans les années ’20, ayant parfois jusque quatre succès simultanés à Broadway. Bien des films furent, forcément, tirés de ses œuvres.

« The Bat », écrit en collaboration avec une des reines du roman policier, Mary Roberts Rinehar, fut ainsi transposée à l’écran pour la première fois en 1926 par Roland West. Ce-dernier en donna une nouvelle version quatre ans plus tard, sonore cette fois, sous le titre de THE BAT WHISPER. Enfin, une troisième adaptation, LE MASQUE, sortit en 1959 avec Vincent Price en tête d’affiche. Réputé pour avoir inspiré Bob Kane dans sa création du personnage du Batman, la pièce est une sorte de Vaudeville macabre qui mêle adroitement humour, clichés de l’épouvante, ambiance à la « Old Dark House » et intrigue policière.

Cette première version débute par un audacieux vol commis par un criminel costumé surnommé « The Bat » qui dérobe une fortune à un riche banquier. Le voleur trouve ensuite refuge dans une maison louée par Miss Cornelia Van Gorder et y cache 200 000 dollars. Ce magot dissimulé attire fatalement plusieurs personnes qui se mettent en tête de le retrouver et, accessoirement, de démasquer « The Bat ». Un détective, un majordome japonais, une femme de chambre, un médecin accompagné de sa nièce et de son fiancé sont autant d’enquêteur mais, aussi, de coupables potentiels…Qui est « The Bat » ?

Voici un sympathique exemple de « mystère » à l’ancienne, un « whodunit » aujourd’hui très classique mais qui, à sa sortie, devait paraitre sacrément novateur. Tous les lieux communs ultérieurs sont ici rassemblés : un lieu clos, une galerie de personnages amusants et bien typés, un criminel inconnu, un climat d’angoisse allégé par plusieurs traits d’humour, une suite de rebondissements et, bien sûr, une révélation finale surprenante. Un carton pré-générique invite d’ailleurs les spectateurs à tenir secrète l’identité de la « chauve-souris » afin de ne pas gâcher le plaisir de leurs amis.

Débutant de fort belle manière par un plan adroit qui suit une chauve-souris dont l’ombre menaçante plane sur la ville, THE BAT use habilement de décors peints, confectionnés par William Cameron Menzies (réalisateur du futur LES ENVAHISSEURS DE LA PLANETE ROUGE) qui nous offre des images de toute beauté comme ce criminel grimpant un escalier stylisé. Rapidement, l’histoire se recentre dans une grande propriété où les coups de théâtre (forcément, vu l’origine de cette intrigue rôdée sur les planches) se succèdent, entrecoupés de passages humoristiques efficaces, notamment les commentaires apeurés de la femme de chambre.

Si on regrette une musique envahissante et fatigante pas toujours adaptée aux images, on souligne le bon rythme du long-métrage et le jeu des principaux comédiens qui, quoiqu’un peu « chargé » (muet oblige) fonctionne plaisamment. On note d’ailleurs dans la distribution la présence de Jack Pickford, frère de Mary, une star des années 20 ayant connu une tragique fin de carrière puisqu’il décéda à 36 ans, victime d’une vie de débauches alcooliques et d’excès en tout genre.

Servi par de jolis visuels et une intrigue rondement menée, THE BAT constitue un plaisant divertissant policier qui amusera les cinéphiles et leur permettra de passer agréablement 84 minutes en compagnie d’un des premiers « super vilains costumés » de l’Histoire du cinéma.

 

Fred Pizzoferrato - Février 2013