THE BEAST AND THE MAGIC SWORD
Titre: La bestia y la espada mágica
Réalisateur: Paul Naschy
Interprètes: Paul Naschy

 

Shigeru Amachi
Beatriz Escudero
Junko Asahina
Violeta Cela
Yôko Fuji
Conrado San Martín
Année: 1983
Genre: Fantastique / Horreur
Pays: Espagne / Japon
Editeur  
Critique:

Deux ans après l’échec commercial d’EL RETORNO DEL HOMBRE LOBO, Paul Naschy ressuscite, une fois de plus, son personnage fétiche de Waldemar Daninsky, lequel revient pour une dixième aventure majoritairement située au Pays du Soleil Levant. Tourné durant six semaines (dont cinq à Tokyo dans les studios de Toshiro Mifune), le film bénéficia d’un budget confortable et connut un joli succès au Japon.

L’intrigue débute cependant en Europe, au Moyen-âge, après la capture du féroce guerrier Bulko par l’empereur Otton qui le condamne à combattre son meilleur chevalier, Irineus Daninsky. Ce-dernier défait Bulko mais subit le courroux de sa compagne, la sorcière Amese, laquelle le maudit à l’aide d’un crane de loup. Des générations plus tard, le descendant d’Irineus, Waldemar, cherche toujours un remède au mauvais sort qui le change, les nuits de pleine lune, en loup-garou. Son unique espoir réside dans un magicien juif, Salom Jehuda mais, hélas, le vieil homme tombe sous les coups de l’Inquisition. Avant de mourir, toutefois, Salom conseille à Waldemar de se rendre au Japon où un de ses disciples, Kian, pourra l’aider à triompher de la malédiction.

Envisagé comme le « grand œuvre » de Paul Naschy, cette ambitieuse production ne lésine pas sur les moyens pour permettre au spectateur de voyager à travers le temps et l’espace, de l’Europe médiévale au Japon du shogunat. La mise en scène se fait ample et Naschy prend son temps pour poser ses enjeux, transformant une banale histoire de malédiction en une vaste saga se déroulant à travers le monde et à différentes époques.

Une volonté de grandeur appréciable qui provoque malheureusement de grosses baisses de rythme et d’efficacité, la durée approchant tout de même des deux heures. Néanmoins, la générosité du cinéaste et son amour du cinéma populaire transparait dans ce film somme qui use et abuse de la plupart des clichés du fantastique et de l’exploitation.

THE BEAST AND THE MAGIC SWORD balance donc à l’écran des sorcières, des malédictions séculaires, un loup-garou, des Samouraïs et des Ninjas. Cet ensemble divertissant laisse en outre la part belle à de nombreux combats à l’épée, saupoudrés d’une bonne dose de nudité et de quelques effets gore artisanaux (assez rares cependant). Parmi les scènes les plus mémorables du film citons un combat inédit entre un tigre et le loup-garou dans un donjon. Une séquence impressionnante réalisée sans trucage mais avec un fauve dressé préalablement gavé d’une vingtaine de poulets pour calmer son appétit. Plus racoleur mais non moins effectif s’avère le passage au cours duquel Daninsky, changé en loup, investit un bordel et massacre les courtisanes préalablement dénudées. Du grand spectacle pour une œuvre dont les bases scénaristiques sont, elles, typiquement ancrées dans le serial, le fantastique de l’âge d’or, les romans horrifique de gare et, de manière générale, le cinéma bis.

Si THE BEAST AND THE MAGIC SWORD n’est surement pas le meilleur film de Paul Naschy (ni même le plus convaincant des Daninsky), il n’en reste pas moins agréable et énergique, quelques scènes efficaces et réjouissantes venant compenser, à intervalles réguliers, la relative mollesse du produit fini. En dépit de longueurs et de problèmes de rythme durant les trois premiers quarts d’heure, THE BEAST AND THE MAGIC SWORD demeure un spectacle plaisant à la générosité réjouissante.

Une imparfaite mais roborative déclaration d’amour au cinéma populaire dans son acceptation la plus noble. Indispensable pour les fans de l’acteur ibérique !

 

Fred Pizzoferrato - Septembre 2013