THE BEAST OF HOLLOW MOUNTAIN
Titre: The Beast of Hollow Mountain
Réalisateur: Edward Nassour & Ismael Rodríguez
Interprètes: Guy Madison

 

Patricia Medina
Carlos Rivas
Mario Navarro
Pascual García Peña
Eduardo Noriega
Julio Villarreal
Année: 1956
Genre: Western / Fantastique
Pays: USA / Mexique
Editeur Artus
Critique:

Production américano-mexicaine aujourd’hui fort datée, THE BEAST OF HOLLOW MOUNTAIN n’en demeure pas moins sympathique pour les spectateurs indulgents. L’intrigue originale, adaptée d’une idée de Willis O’Brien (responsable des effets spéciaux du KING KONG original), mélange fantastique et western mais reste bien en deçà, évidemment, de LA VALLEE DE GWANGI qui, une douzaine d’années plus tard, reprendra des prémices identiques pour un résultat nettement plus probant.

Deux cow-boys, Jimmy Ryan et son ami Felipe Sanchez, s’inquiètent des disparitions récurrentes de leur bétail et pensent qu’un de leur ennemi, Enrique Rios, pourrait en être responsable, d’autant qu’une rivalité sentimentale oppose Jimmy et Enrique. Cependant, les légendes locales, elles, accusent une créature monstrueuse et inconnue, sorte de dragon tapis dans son antre, au cœur d’une montagne creuse, qui se nourrit des animaux ou des humains imprudents.

Dans la série des long-métrages américains des années ’50 impliquant des monstres préhistoriques revenus à notre époque dévorer quelques quidams, THE BEAST OF HOLLOW MOUNTAIN révèle une certaine créativité grâce au choix de l’environnement et de l’époque choisis, ici purement western. Durant près d’une heure, le film se conforme d’ailleurs aux clichés du genre et établit la rivalité entre deux cow-boys, lesquels se disputent, bien sûr, les atouts avantageux d’une demoiselle coincée au cœur d’un triangle amoureux. Les situations attendues se succèdent par conséquent sans beaucoup d’intérêt et alternent les bagarres, la camaraderie virile et les festivités enjouées sous le soleil du Mexique.

Hélas, l’ennui s’installe rapidement tant le manque de péripéties et l’étroitesse budgétaire ne permettent guère de développer une intrique qui, malheureusement, manque cruellement d’ampleur et ne possède pas le côté épique souhaité. La présence d’un enfant, comme souvent insupportable, et les incessants chassés croisés amoureux rendent en outre le film languissant et peu passionnant.

Dans le rôle principal, THE BEAST OF HOLLOW MOUNTAIN donne la vedette à Guy Madison, spécialiste du cinéma populaire et du western italien vu, par exemple, dans LE COLT DU REVEREND ou SEPT WINCHESTER POUR UN MASSACRE.

L’arrivée du tyrannosaure survient finalement afin de tirer le spectateur de sa torpeur et, là encore, THE BEAST OF HOLLOW MOUNTAIN déçoit tant les trucages paraissent approximatifs. La figurine utilisée, pour commencer, manque de détails et de finitions. Elle parait même grossière et peu menaçantes lors des gros plans censés impressionnants. Son intégration dans l’image n’est guère plus convaincante mais, lors des plans larges entièrement animés, le monstre parvient, cependant, à faire illusion. Les effets spéciaux combinent ainsi deux techniques, l’une – traditionnelle – consistant à déplacer légèrement la figurine à chaque image photographiée, l’autre – moins usitée – remplaçant chaque figurine par une autre pour donner, au final, l’illusion du mouvement.

Difficulté supplémentaire pour les animateurs, THE BEAST OF HOLLOW MOUNTAIN fut le premier film utilisant l’animation image par image tourné en couleurs et cinémascope. Sans rivaliser avec les travaux bien plus minutieux de Ray Harryhausen, les spécialistes de la stop motion donnent toutefois le change et confèrent un certain charme au film, contrairement aux plans rapprochés des pattes de la bête qui utilisent, eux, un acteur engoncé dans un costume caoutchouteux absolument grotesque.

Néanmoins, à condition d’être bien disposé, ce dernier quart d’heure reste séduisant et divertissant, rachetant, en partie, la mollesse de la longue et dispensable introduction précédente. Le dinosaure vedette cause, lors du climax, diverses démolitions, englouti l’une ou l’autre victime et provoque une ruée de bétails sympathique mais involontairement risible suite à des effets d’accéléré ridicules censés communiquer au public une impression de force destructrice en action.

En résumé, THE BEAST OF HOLLOW MOUNTAIN est un titre mineur à l’intérêt limité mais cependant pas déplaisant à suivre. On en conseillera néanmoins la vision aux seuls inconditionnels des films de monstre des années ’50 ou aux afficionados de la stop motion.

 

Fred Pizzoferrato - Octobre 2011