THE BRIDE
Titre: The Bride
Réalisateur: Lingo Hsieh
Interprètes: Chris Wu

 

Nikki Hsieh
 
Année: 2015
Genre: Epouvante
Pays: Taïwan
Editeur
Critique:

Fortement inspiré de la J-Horror du début du vingt-et-unième siècle et produit par Takashige Ichise (THE GRUDGE, RING,…), cette bobine taïwanaise ne révolutionne guère un genre balisé mais se suit toutefois sans déplaisir. Le long-métrage aborde ainsi un thème méconnu du folklore local avec ces mariages « fantômes », autrement dit des épousailles posthumes entre un homme et une femme non mariée à son décès. Les raisons de ces célébrations sont multiples mais permettent notamment à l’épouse d’intégrer la lignée de son mari et, de manière plus spirituelle, d’avoir quelqu’un pour veiller sur elle dans l’au-delà.

La coutume a déjà été illustrée à la télévision (dans les séries « Bones », « Numb3rs », « Without a Trace », « Urban Legends » et « The Blacklist ») mais se devait encore d’être le sujet d’un long-métrage. Ici, Liew, un jeune homme travaillant sur un documentaire, décide de se marier avec sa fiancée, Tan. Malheureusement, Liew ramasse une enveloppe rouge et se trouve ainsi lié malgré lui avec une « épouse fantôme » très jalouse. Dans le même temps une adolescente douée de capacités psychiques entre en contact avec le monde des esprits…

Adaptation d’un court-métrage (cela se sent quelque peu sans que ce soit réellement gênant) THE BRIDE suit les destinées en parallèle des deux principaux protagonistes confrontés aux esprits revanchards : le jeune homme « marié » à un fantôme et une adolescente qui « voit les mort ». Peu soucieux de subtilité, la réalisatrice ménage quelques moments d’angoisse effectifs mais se laisse également aller à la facilité avec des effets horrifiques routiniers et d’inévitables « jump scare » faisandés à base de demoiselles pourrissantes aux cheveux filasse qui surgissent dans le cadre.

Rien de bien neuf mais le film a bien appris les leçons de ses prédécesseurs japonais et développe une certaine atmosphère en dépit d’une tendance, assez typique du cinéma asiatique, a enrober le tout d’une bonne dose de guimauve. Il faudra donc être quelque peu fleur bleue pour gouter à cette romance bien naïvement illustrée qui occupe une large part du temps de projection.

SHeureusement la durée réduite et l’alternance entre les deux intrigues principales ménage le suspense et évite l’ennui au spectateur. La réalisatrice confère un bon rythme au récit jusqu’à la chute finale en guise de twist bien amené et inattendue. Sans être exceptionnel, THE BRIDE fonctionne donc de manière correcte pour les inconditionnels des « asian ghost stories ».

Le film a été présenté au BIFFF 2016

Fred Pizzoferrato - Mai 2016