CARNAGE
Titre: The Burning
Réalisateur: Tony Maylan
Interprètes: Brian Matthews

 

Leah Ayres
Brian Backer
Larry Joshua
Holly Hunter
Jason Alexander
 
Année: 1980
Genre: Slasher / Horreur / Gore / Video-Nasty
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Au début des années 80, le slasher est, indubitablement, le sous-genre le plus populaire du cinéma d'horreur, sans doute parce qu'il s'adresse quasi exclusivement aux adolescents. Excroissance moralisatrice du "teen movie" (avec des titres allant de AMERICAN GRAFFITTI pour le meilleur à LEMON POPSICLE pour le pire), le slasher (ou psycho-killer) reprend les éléments en vogue auprès des teenagers (des adolescents pour héros, des blagues foireuses à profusion, une musique bruyante variant au gré des modes, des références constantes à l'herbe et l'alcool et une propension à la nudité gratuite) en précisant bien que tout ça, "c'est pas bien".

Le Grand Méchant Loup vient donc punir les fauteurs à grands coups de couteau, de hache ou de machette. Lancé intelligemment par John Carpenter et son HALLOWEEN (qui se réfère aux psycho-thrillers anglais des sixties ainsi que, plus ouvertement, à PSYCHOSE), le phénomène se poursuit avec LE MONSTRE DU TRAIN, DRILLER KILLER, TERREUR SUR LA LIGNE ou TOOLBOX MURDERS puis gagne en ampleur avec l'énorme succès récolté par VENDREDI 13. A partir de là, c'est véritablement l'embolie avec les sorties de BLOODY BIRTHDAY, PYROMANIAC, HAPPY BIRTHDAY TO ME, HE KNOWS YOU'RE ALONE, MANIAC, NEW YEAR's EVIL, LES YEUX DE LA TERREUR, LE BAL DE L'HORREUR, SCHIZOID ou SILENT SCREAM, datant tous de 1980!

De toute cette série de thrillers horrifiques aux scénarios interchangeables, CARNAGES est loin d'être le pire. Il acquit d'ailleurs une petite notoriété dans la seconde moitié des années 80 suite à son inclusion sur la fameuse liste des video-nasty. Une poignée de slashers eurent droit à cet honneur (ou infamie, selon les sensibilités), parmi lesquels BLOODY MOON, CANNIBAL MAN, CAUCHEMAR A DAYTONA BEACH, PYROMANIAC, LISA (aka CALIFORNIA AXE MASSACRE), THE SLAYER, TOOLBOX MURDER, DRILLER KILLER, TERREUR A L'HOPITAL CENTRAL, LE TUEUR DE LA FORET, LES YEUX DE LA TERREUR, MASSACRES DANS LE TRAIN FANTÔME, HOUSE OF BLOOD, DELIRIUM et UNHINGED sans oublier les ancêtres MARDI GRAS MASSACRE et BAIE SANGLANTE. Beau palmarès et hécatombe nombreuse, même si la censure sévit comme souvent en dépit du bon sens et laissa passer quelques titres particulièrement corsés tels ROSEMARY's KILLER ou MUTILATOR.

Quoiqu'il en soit le film de Tony Maylan - produit par Miramax - se laisse voir finalement d'un bon œil, même si il souffre de venir après VENDREDI 13. Ce dernier semble d'ailleurs l'inspiration principale de ce CARNAGE fort bien nommé puisque l'intrigue se déroule dans un camp de vacances mis à mal par un sadique. Nous sommes donc à Crystal…pardons à Blackfoot, où cinq gamins décident de jouer un mauvais tour à Cropsy, qu'ils détestent. Mais, évidemment, la blague tourne mal et Cropsy finit brûler vif par la lanterne allumée par les jeunes afin de l'effrayer. Complètement brûlé, l'homme revient, au bout de cinq années de soins intensifs pour se venger de l'humanité, en particulier de ses représentants les plus détestés à ses yeux: les glandeurs, fumeurs, baiseurs et autres buveurs. Nul doute que dans un camp de vacances Cropsy ne trouve matière à exercer ses talents dans le maniement de la cisaille.

CARNAGE est en définitive un produit sympathique: le spectateur y trouve une musique efficace (signée par Rick Wakeman!) et de nombreux maquillages gore de Tom Savini qui, originaux et complaisants, renouvellent les différentes manières d'occire son prochain. Le cinéaste essaie également d'éviter les clichés en insistant dès le départ sur l'identité du maniaque et en permettant aux jeunes de comprendre immédiatement la menace qui pèse sur eux.

On est loin du chef-d'œuvre mais, comparé aux autres films tournés à la même époque dans une veine similaire, CARNAGE se laisse voir agréablement. SI son scénario est simple, il évite néanmoins les trop nombreuses incohérences et les personnages ont - la plupart du temps - des réactions crédibles, sans vouloir "faire deux groupes de 1" comme disait Bigard. De plus, ils possèdent un minimum d'épaisseur et leurs interprètes sont corrects. Même si beaucoup de critiques n'y virent qu'un slasher de plus, CARNAGE vaut mieux que la moyenne du genre: il est réalisé avec un certain soin et les effets gore de Tom Savini, très sanglants et répugnants, devraient contenter les amateurs de gore.

Bref, un petit film plutôt efficace dans la limite de ses modestes ambitions.

Fred Pizzoferrato - Juillet 2007