THE DORM THAT DRIPPED BLOOD (House of Blood / Pranks)
Titre: The Dorm that dripped blood / Pranks / House of Blood
Réalisateur: Stephen Carpenter & Jeffrey Obrow
Interprètes: Daphne Zuniga

 

Laurie Lapinski
Stephen Sachs
Stephen Sachs
Pamela Holland
Dennis Ely
 
Année: 1982
Genre: Slasher
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Avatar oublié de la vague « slasher » des eighties, HOUSE OF BLOOD (dont le titre original plus évocateur, THE DORM THAT DRIPPED BLOOD, rend hommage au sympathique THE HOUSE THAT DRIPPED BLOOD produit par la Amicus dix ans plus tôt) doit essentiellement sa (petite) notoriété auprès des fans à son inclusion sur la liste des « Video Nasty » au début des années ’80. Malheureusement, les amateurs espérant un métrage bien sanglant déchanteront rapidement à la vision de ce titre générique et sans surprise, trop timoré pour convaincre. Signalons cependant qu’il s’agit, en réalité, d’un projet de thèse proposé par deux étudiants de l’école de cinéma de l’UCLA désireux de réaliser un slasher. Cette précision rend l’entreprise plus digeste et invite à une relative indulgence.

L’intrigue, prévisible et déjà vue et revue, concerne cinq étudiants décidés à passer les vacances de Noel sur leur campus pour nettoyer un dortoir promis à la démolition. Bien sûr, alors qu’ils profitent de leur soirée pour se détendre dans la joie et la bière, un mystérieux assassin commence à les décimer méthodiquement.

Tourné avec un budget minimal (90 000 dollars, dit-on), par deux cinéastes débutants et interprétés par des inconnus HOUSE OF BLOOD s’avère plutôt médiocre et sans grand intérêt, excepté lors d’un final surprenant qui choisit, pour une fois, la voie du réalisme via un « unhappy ending » surprenant. Hélas, excepté ce climax original, HOUSE OF BLOOD ne propose rien de plus qu’une intrigue convenue, laquelle égrene sans la moindre inspiration tous les clichés attendus. Banal, le métrage se déroule, paresseusement, durant une heure et trente minutes bien longuettes tant le rythme se montre, globalement, déficient. Comme souvent, rien de bien intéressant ne survient entre les quelques meurtres et l’atmosphère instaurée par les deux metteurs en scène ne prend pas vraiment, aboutissant surtout à un ennui tenace. Notons néanmoins les déambulations parfois empreintes de suspense des victimes potentielles errant dans des couloirs sombres, aux prises avec cet assassin qui surgit de la pénombre pour commettre ses méfaits.

Pas franchement novateur mais les deux metteurs en scène se montrent appliqués dans leur tentative de recréation des classiques du genre (HALLOWEEN et VENDREDI 13 en tête). Les personnages, pour leur part, sont médiocrement caractérisés et aucun ne sort véritablement du lot, d’autant que l’interprétation, très amateur, et les dialogues d’une grande pauvreté n’aident guère à s’intéresser à leur sort. Le manque de moyens s’avère, en outre, patent et l’image, fort sombre, ne permet pas d’apprécier les rares moments sanglants, d’autant que ceux-ci sont d’une grande banalité et ne justifient aucunement le classement « video nasty » du métrage. Ce coup de pouce involontaire de la censure lui a toutefois permis de récolter une réputation, franchement usurpée, auprès des amateurs. Comme on dit, toute publicité, fut elle négative, reste bonne à prendre…

Très languissant durant sa première heure de projection, HOUSE OF BLOOD devient, heureusement, un poil plus efficace durant son dernier tiers. Les cinéastes se décident, en effet, à révéler à ce moment l’identité du meurtrier et offre aux spectateurs une partie de cache-cache très classique mais appréciable entre le « psychokiller » et la « final girl ». Après cette tentative inaboutie mais remarquée, Jeffrey Obrow et Stephen Carpenter poursuivirent leur carrière avec une poignée de séries B relativement plaisantes comme THE KINDRED, THE POWER et, surtout, une agréable adaptation de Dean Koontz, DOUBLE ENFER – LES SERVITEURS DU CREPUSCULE.

Les interprètes de HOUSE OF BLOOD disparurent, eux, dans l’oubli, à l’exception notable de Daphne Zuniga que l’on retrouva dans le similaire VŒUX SANGLANTS puis dans LA FOLLE HISTOIRE DE L’ESPACE et, enfin, dans divers séries télévisées comme « Melrose Place » et « Les Frères Scott ». Enfin, le film marque les débuts d’un compositeur devenu depuis une véritable star de la bande originale, à savoir Christopher Young, futur auteur des musiques de HELLRAISER, LA MOUCHE 2, THE GRUDGE, SPIDERMAN 3, DRAG ME TO HELL, etc.

Dans l’ensemble, HOUSE OF BLOOD s’avère trop routinier pour maintenir l’attention défaillante du spectateur même si son dernier tiers lui confère un minimum d’originalité et d’intérêt. Si on a vu bien pire, cette petite production oubliable et peu passionnante sera réservée aux seuls inconditionnels du slasher des années 80, lesquels pourront, peut être, s’amuser devant cette accumulation de clichés et conventions.

 

Fred Pizzoferrato - Février 2016