THE FINAL TERROR
Titre: The Final Terror
Réalisateur: Andrew Davis
Interprètes: John Friedrich

 

Adrian Zmed
Ernest Harden Jr.
Rachel Ward
Daryl Hannah
Lewis Smith
Akosua Busia
Année: 1983
Genre: Slasher
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Réalisé par Andrew Davis en 1981 pour profiter de la fructueuse vague du slasher, THE FINAL TERROR se voit condamné à l’oubli et disparaît des mémoires avant de bénéficier d’une sortie deux ans plus tard. Le métrage possède, en effet, deux « stars » à son générique : Rachel Ward (découverte par les téléspectateurs via « Les Oiseaux se cachent pour mourir ») et surtout Daryl Hannah, vue dans BLADE RUNNER et transformée en vedette par la comédie romantique fantastique SPLASH ! Un double argument commercial suffisant pour exhumer ce métrage très classique et sans aucune surprise.

L’intrigue de THE FINAL TERROR, minimaliste et sans intérêt, rassemble une poignée de personnages à la caractérisation sommaire dans une forêt. Après de nombreuses et soporifiques péripéties, un mystérieux tueur surgit pour les décimer méthodiquement. Inspiré par VENDREDI 13 ou DELIVRANCE (et peut-être encore davantage par CARNAGES et SURVIVANCE, eux-mêmes imitations effectives des classiques précités), Andrew Davis joue surtout la carte de l’atmosphère afin de se démarquer de la concurrence et tente d’instaure un climat d’angoisse parfois efficace. Le cinéaste devait, par la suite, emballer un Chuck Norris d’honnête niveau (SALE TEMPS POUR UN FLIC), deux véhicules réussis pour Steven Seagal (NICO et PIEGE EN HAUTE MER) et une solide adaptation cinématographique du FUGITIF avec Harrison Ford.

A cette mise en scène plus inspirée que de coutume s’ajoute une interprétation se situant, elle-aussi, au dessus de la moyenne du genre même si les personnages restent, globalement, interchangeables. Quelques points positifs donc, même si les adeptes des slashers rythmés devront, hélas, s’armer de patience tant le métrage se montre languissant. Excepté une brève séquence prégénérique et un premier meurtre placé au bout d’une demi-heure, il faut, en effet, compter 55 minutes (!) pour que le film s’anime un minimum et embrasse plus franchement son statut de slasher / survival.

Visuellement, le film s’élève cependant au dessus de la masse et bénéficie d’une photographie plaisante exploitant adéquatement le cadre forestier enchanteur. Bien sûr, le métrage relève, parfois, de la carte postale ou s’apparente à une publicité en faveur des réserves naturelles (animaux allant s’abreuver, paysages boisés baignés d’un soleil agréable, cours d’eau, cabane isolée,…) mais ces passages lui confèrent, indéniablement, une bonne tenue et même une classe indéniable. Les scènes nocturnes, teintées de bleus et se déroulant autour d’un feu de camp, fonctionnent, pour leur part, avec bonheur sans être le moins du monde révolutionnaires. Toutefois, vu le piètre niveau visuel d’une grande partie des slashers des années ‘80, les efforts d’Andrew Davis restent palpables et appréciables. Malheureusement, ces scènes sont souvent bien sombres, en particuliers durant les vingt dernières minutes (une des victimes déclare d’ailleurs « ne plus rien voir »).

Si THE FINAL TERROR possède des qualités visuelles le distinguant du tout venant il souffre aussi de défauts trop flagrants pour convaincre. Le « bodycount », tout d’abord, est peu élevé (une demi-douzaine de morts) et rend l’ensemble ennuyeux. De manière abrupte, on peut affirmer qu’il ne se passe en effet rien, ou pas grand-chose, durant les deux tiers du temps de projection. Pénible. L’absence de gore et de nudité se fait, en outre, cruellement sentir pour les amateurs du genre, lesquels regretteront des meurtres timorés et sans imagination.

Le tueur mystérieux, tout en se servant de la forêt comme d’un immense camouflage, demeure, pour sa part, un simple « croquemitaine » surgissant sans raison précise pour supprimer une victime avant de disparaître à nouveau dans les frondaisons. Le climax amène, toutefois, un semblant d’originalité à ce FINAL TERROR et transforme la bande de campeurs en chasseurs décidés à agir de concert pour neutraliser le tueur confectionnant un piège mortel. Une variante bienvenue à la traditionnelle « final girl » mais insuffisante pour élever le métrage au-dessus de la masse des sorties similaires ayant pullulé au tout début des années ’80.

Tentative de slasher / survival minimaliste voulue sérieuse et jouant la carte de l’atmosphère et de l’angoisse au détriment de l’horreur graphique, THE FINAL TERROR se révèle, hélas, raté et trop languissant pour maintenir l’intérêt en dépit d’une durée pourtant réduite (à peine 80 minutes).

Pas assez orienté sur « l’exploitation » pour divertir et insuffisamment maitrisé pour rivaliser avec des métrages comme DELIVRANCE, l’œuvre d’Andrew Davis s’avère, au final, décevante. En dépit d’efforts méritoires pour construire un véritable suspense, THE FINAL TERROR ne se hisse jamais à la hauteur de sa (petite) réputation et encore moins au niveau des promesses entretenues par son titre.

A réserver aux inconditionnels du genre.

 

Fred Pizzoferrato - Mai 2011