THE KILLER IS STILL AMONG US
Titre: L'assassino è ancora tra noi
Réalisateur: Camillo Teti
Interprètes: Mariangela D'Abbraccio

 

Giovanni Visentin
Riccardo Parisio Perrotti
Luigi Mezzanotte
Yvonne D'Abbraccio
Francesco Capitano
Oresto Antonio Rotundo
Année: 1986
Genre: Thriller / Giallo / Gore
Pays: Italie
Editeur  
Critique:

“Le monstre de Florence” est un des plus célèbres tueurs en série européen, responsable de 16 meurtres entre 1968 et 1986. Si les premières victimes sont assassinées en 1968 et les deux suivantes en 1974, c’est surtout durant la première moitié des années ’80 que « Il Monstro » (comme on le surnomme dans les médias) sera le plus actif puisque 6 couples seront alors tués et mutilés, généralement alors qu’ils faisaient l’amour dans leur voiture.

Les seules victimes qui ne correspondent pas au modus operandi habituel du criminel sont deux touristes allemands (peut-être homosexuels) dont l’un, portant les cheveux longs, a probablement été confondu avec une femme. Quatre suspects seront arrêtés puis disculpé à différentes époques et l’identité de l’assassin demeure officiellement un mystère. Plusieurs long-métrages s’inspirèrent de cette affaire, très célèbre en Italie, et, en 1986, le cinéaste Camillo Teti livre ce THE KILLER IS STILL AMONG US. Celui-ci adapte officieusement l’ouvrage « The Monster of Florence » de Mario Spezi, publié trois ans plus tôt, tandis qu’une version officielle sort, la même année, sous le titre de THE MONSTER OF FLORENCE.

L’intrigue, toutefois, prend quelques libertés avec la réalité et suit une jeune étudiante en criminologie, Christina, décidée à rédiger une thèse sur le « monstre de Florence ». La demoiselle, pour les besoins de l’enquête, s’intéresse à différents suspects tandis que les meurtres se multiplient. Peu à peu, Christina sombre dans une véritable paranoïa et soupçonne plusieurs personnes de son entourage, dont son petit ami médecin et un groupe de voyeurs d’être le « monstre ».

Débutant par une scène de meurtre très graphique mais non dénué d’une certaine originalité (les mains du tueur, en ombre, paraissant étreindre une victime), THE KILLER IS STILL AMONG US se poursuit en alternant des passages quasiment sociologiques (l’enquêtrice devient fascinée, pour ne pas dire obsédée, par les crimes) et des scènes d’inspiration purement « giallesques ». Aussi horribles et graphiques que soient les différents meurtres, le cinéaste se contente (avec, certes, beaucoup de voyeurisme) de reproduire les agissements authentiques du « Monstre ». Le spectateur a donc droit à une scène de viol postmortem avec une branche de vigne et, lors du climax, à diverses mutilations commises sur une femme dont les seins sont sectionnés puis le pubis découpé au couteau.

En bon artisan de l’exploitation, Camillo Teti ne se prive d’aucun détail et rapproche son film des giallos les plus extrêmes, comme GIALLO A VENEZIA et surtout L’EVENTREUR DE NEW YORK réalisé quelques années auparavant par Lucio Fulci. Cependant, en dépit de leur voyeurisme complaisants, ces passages gardent une réelle efficacité tant les maquillages sont soignés et la musique, typique du genre, efficace.

La mise en scène, pour sa part, use des inévitables couleurs chaudes et des filtres bleutés indissociable du giallo sans toujours se départir, hélas, d’un aspect très « téléfilm érotique de seconde partie de soirée ». Si ses efforts esthétiques sont méritoires, la partie « investigation » manque, elle, nettement d’intérêt et la plongée dans la paranoïa de l’héroïne se révèle, au final, seulement à demi-convaincante. Toutefois, l’actrice se défend dans ce rôle pas spécialement aisé, l’interprétation étant, d’ailleurs, fort correcte pour ce genre de produit.

Malgré la bonne volonté de Camillo Teti, THE KILLER IS STILL AMONG US ne suscite guère de passion tant l’intrigue se dilue rapidement dans des scènes de vie quotidienne inutiles, lesquelles échouent à capturer l’atmosphère d’angoisse qui résulte, aux environs de Florence, de cette série de meurtres sadiques. Le cinéaste, trop intéressé par le « choquant » au détriment de l’ambiance, ne génère en outre aucun suspense et se focalise sur quelques scènes gore éparses qui assurèrent au long-métrage sa petite réputation « trash » auprès des amateurs.

L’enquête réelle étant toujours ouverte et l’affaire irrésolue, THE KILLER IS STILL AMONG US s’achève sur une étrange mise en abime, presque humoristique, que l’on peut rapprocher du très ringard slasher MASSACRE AU DRIVE-IN sorti dix ans plus tôt. Un message hypocrite du réalisateur, lequel espère que son film « aidera à stopper le véritable criminel et permettra de renforcer les lois », conclut cette entreprise plutôt décevante.

Dans l’ensemble THE KILLER IS STILL AMONG US reste un film médiocre et plutôt ennuyeux, mélange de thriller, de giallo, de gore et de reconstitution plus ou moins fantasmée d’une célèbre affaire criminelle. Sa vision sera par conséquent réservée aux « complétistes » ou aux passionnés des serial killers.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2013