PSYCHOSE PHASE 3
Titre: The Legacy
Réalisateur: Richard Marquand
Interprètes: Katharine Ross

 

Sam Elliott
Charles Gray
Roger Daltrey
John Standing
Ian Hogg
 
Année: 1978
Genre: Fantastique / Epouvante
Pays: Grande Bretagne
Editeur Neo Publishing
Critique:

Réalisé en 1978, PSYCHOSE PHASE 3 est le premier long-métrage de Richard Marquand, un cinéaste anglais prématurément décédé en 1987 (à 49 ans) et que l’Histoire retiendra essentiellement comme étant le réalisateur de LE RETOUR DU JEDI.

Maggie Walsh, une architecte, passe ses vacances dans la campagne anglaise en compagnie de son copain Pete Danner. Alors qu’ils roulent en moto, le couple est percuté par la Rolls Royce du millionnaire Jason Mountolive qui, en guise d’excuse, les invite à séjourner dans sa propriété. Bientôt, Maggie et Pete sont rejoints par cinq autres personnes. Jason leur annonce qu’il est atteint d’un mal incurable et qu’il a décidé de leur léguer sa fortune. Peu à peu, les invités commencent à mourir de manière apparemment accidentelle et Maggie découvre que nul ne peut s’échapper de la maison de Jason…

Porté par une distribution de qualité où l’on retrouve Katharine Ross (LE LAUREAT), Sam Elliott (HULK), Charles Gray (ROCKY HORROR PICTURE SHOW) et même, plus surprenant, Roger Daltrey (le chanteur des Who), le film de Marquand s’inscrit dans la continuité des classiques histoires de hantise. Sam Elliot lui-même déclara que PSYCHOSE PHASE 3 était « en retard de quinze ans sur son temps ». Cette constatation moqueuse mais réaliste explique, sans doute, l’aspect gentiment suranné de cette intrigue, conventionnelle et linéaire, pourtant co-écrite par le grand Jimmy Sangster, responsable de nombreux brillants scénarios pour la Hammer.

Symptomatique de la fin du cycle horrifique britannique, l’œuvre s’inspire ainsi de nombreux récits de maison maléfique et d’héritage maudit tout en multipliant les morts violentes à la manière de LA MALEDICTION, sans oublier quelques similitudes avec SUSPIRIA ou LA SENTINELLE DES MAUDITS. Si PSYCHOSE PHASE 3 ouvre de nombreuses pistes, beaucoup de questions resteront malheureusement sans réponse à l’issue de la projection. Le pacte satanique, central à l’intrigue, demeure, par exemple, vague et peu évoqué, n’étant apparemment rien de plus qu’un justificatif un peu facile aux crimes mystérieux qui se succèdent dans la propriété maudite.

En dépit d’un casting en apparence solide, les performances des différents acteurs sont, pour leur part, très variables. Si Charles Gray n’est pas particulièrement convaincant, que dire de Roger Daltrey qui, dans un rôle quasiment autobiographique de rock star déjantée, surjoue atrocement. La scène de sa mort verse ainsi dans le ridicule de part son interprétation outrancièrement cabotine et franchement risible. Les actions souvent incompréhensibles ou inexplicables de la plupart des protagonistes, qui semblent toujours agir en dépit du bon sens, n’aident pas non plus, il est vrai, à croire en cette histoire.

Heureusement, tout n’est pas noir pour autant et PSYCHOSE PHASE 3 possède l’une ou l’autre qualité qui en rende la vision plutôt plaisante. La photographie, en premier lieu, reste soignée et la mise en scène, élégante et compétente, élève le niveau d'un script trop prévisible pour maintenir l’intérêt. Toutefois, Marquand parait peu à l’aise avec l’aspect purement horrifique du long-métrage : si les scènes d’expositions sont correctement emballées, les meurtres ne produisent jamais l’impact souhaité. L’atmosphère d’angoisse claustrophobe, si importante dans l’épouvante, ne s’installe jamais durablement, elle non plus, et les frissons restent rares. La scène centrale, celle de la fuite des héros coincés dans un monde clos où toutes les routes mènent vers la demeure maudite, aurait dû générer une angoisse palpable mais, par ses longueurs et son manque de puissance, entraine surtout son lot de bâillements.

Dans l’ensemble, PSYCHOSE PHASE 3 apparaît comme une occasion manquée : une distribution intéressante et "curieuse", un scénariste réputé et un cinéaste capable échouent à offrir un long-métrage mémorable. A dire vrai, le film peine à s’élever au-dessus de la moyenne et constitue, au mieux, une curiosité ni déplaisante ni convaincante.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2016