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Tourné entre deux RUSH HOUR et juste après le poussif TOUR DU MONDE EN 80 JOURS, le métrage de Stanley Tong (les épisodes trois et quatre de POLICE STORY ainsi que le spin-off SUPERCOP) se montre suffisamment agréable pour contenter le spectateur conciliant. L’intrigue se révèle plus complexe que de coutume et intègre les habituelles influences de Jackie Chan (Indiana Jones, voire Tintin) à un ensemble également inspiré par le renouveau du Wu Xia Pian chinois (HEROS en tête), la fantasy à grand spectacle coréenne (LA PRINCESSE DU DESERT) et même par le cinéma de Bollywood. Jackie Chan, comme souvent, incarne son quasi alter-ego fantasmé, l’archéologue Jack Chan, lequel rêve régulièrement d’un passé troublé. En des temps reculé il est en effet le général Meng Yi, défenseur de l’Empire chargé d’escorter une belle concubine menacée par des rebelles. A notre époque, William, un ami de Chan, physicien de son état, se lance pour sa part à la recherche d’un minerai étrange qui aurait le pouvoir de faire léviter les objets. William et Chan se rendent donc en Inde où ils découvrent un cercueil et une épée flottant dans les airs. C’est le début d’une grande aventure qui va mener les deux amis vers un étrange sanctuaire cachant le secret de l’immortalité. THE MYTH poursuit la tradition des films d’aventures interprétés par un Jackie Chan voyageant autour du monde, se rapprochant ainsi de Mr DYNAMITE et OPERATION CONDOR, voire des plus récents WHO I AM ou THE ACCIDENTAL SPY. Improvisé guide touriste, le brave Jackie parcourt donc les plus beaux paysages de la planète. Les deux intrigues, séparées par des centaines d’années, finiront bien sûr par se rejoindre lors d’un final assez efficace même si on constate le grand écart stylistique entre la partie antique et la partie moderne. Les scènes aux temps jadis sont en effet surprenantes, porteuses d’un souffle épique prononcé qui n’exclut pas une violence assez inhabituelle lors des combats. La romance, très classique elle aussi, fonctionne bien mais reste dans un registre assez mielleux. Lorsque THE MYTH se déroule au XXIème siècle, le ton se veut par contre beaucoup plus léger, riche en cascades, en bagarres et en humour. Trois ingrédients réunis pour une séquence très bien imaginée au cours de laquelle Jackie se débat sur un tapis roulant couvert de glu. Une très belle chorégraphie mettant en outre parfaitement en valeur la bombe indienne Mallika Sherawat, laquelle illumine toute une partie du film de sa beauté. Pour rester au niveau des demoiselles, la coréenne Kim Hee-Seon (BICHUNMOO) s’avère tout aussi gracieuse et agréable à l’œil. Du côté masculin Tony Leung Ka Fai se montre correct mais doit se contenter d’un rôle secondaire fort axé sur un humour pas toujours très fin.
Côté dépaysement, THE MYTH ne se prive pas d’entraîner le spectateur dans quelques uns des plus beaux coins de la planète et apporte un soin tout particulier aux costumes et décors, tous enchanteurs et magnifiés par une photographie chatoyante. Bien sûr les scènes de combats du temps des Qin s’inspirent ouvertement des Wu Xi Pian esthétiques des années 2000 (comme TIGRE ET DRAGON ou surtout HEROS et LE SECRET DES POIGNARDS VOLANTS) mais Stanley Tong assure le spectacle. Dommage que les effets spéciaux ne soient pas toujours très convaincants, en particuliers la séquence où Jackie Chan saute à travers une chute d’eau remplacé par une image de synthèse héritée d’un jeu vidéo déjà daté. Moralisateur, Jackie nous rappelle que les antiquités chinoises de doivent pas quitter le pays natal, un message que l’on jugera nationaliste ou simplement inspiré de la fameuse tirade d’Indiana Jones (« sa place est dans un musée »). THE MYTH ne se hisse surement pas au niveau des plus grandes réussites de Jackie Chan mais se révèle au final étonnamment plaisant. L’intrigue maintient l’intérêt (en dépit de quelques longueurs, le métrage approchant des deux heures), les quelques bagarres sont bien ficelées, les affrontements à l’épée dégagent une brutalité assez étonnantes, Jackie fait son show, alternant les prestations de clown et les passages sérieux et le tout se suit sans aucun déplaisir. En résumé, et malgré un manque de moyens parfois handicapant (surtout au niveau des effets spéciaux visuels), THE MYTH assure une bonne soirée de divertissement bien moins putassier qu’un RUSH HOUR 3, un LE SMOKING ou un TWINS EFFECT 2. Et c’est déjà beaucoup !
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Fred Pizzoferrato - Septembre 2009 |
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