THE PACK
Titre: The Pack
Réalisateur: Robert Clouse
Interprètes: Joe Don Baker

 

Richard B. Shull
Hope Alexander-Willis
R.G. Armstrong
Sherry Miles
Ned Wertimer
 
Année: 1977
Genre: Epouvante / Animal Attack
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Pour beaucoup de cinéphiles, Robert Clouse reste à jamais associé à son troisième long-métrage, OPERATION DRAGON, qui imposa Bruce Lee en Occident. Devenu, bon gré mal gré, un spécialiste des arts martiaux, Clouse se voit ensuite confier divers projets visant, à chaque fois, à imposer une nouvelle star de la tatane, de Jim Kelly (LA CEINTURE NOIRE) à Cynthia Rothrock (CHINA O’BRIEN 1 & 2) en passant par Joe Lewis (FORCE FIVE), Kurt Thomas (GYMKATA), Bolo Yeung (IRONHEART) et, bien sûr, Jackie Chan (LE CHINOIS). Clouse réalise également le film post mortem de Bruce Lee, le piteux JEU DE LA MORT et un véhicule science-fictionnel honnête pour Yul Brynner, NEW YORK NE REPOND PLUS.

Si les films martiaux constituent plus de la moitié de sa carrière (qui compte dix sept longs-métrages destinés aux salles obscures), Clouse touche, à deux reprises, à l’épouvante via des « agressions animales ». Dans les deux cas, le cinéaste se base sur un roman populaire : THE PACK adapte en effet le prolifique David Fisher tandis que LES RATS ATTAQUENT s’inspire de James Herbert. Si ce-dernier film souffre d’une réputation exécrable, THE PACK mérite, par contre, de sortir de l’oubli dans lequel il est tombé et se révèle un très honnête divertissement.

L’intrigue, fort simple, emmène une petite troupe de vacanciers sur une île où ils espèrent passer quelques jours tranquilles, dévolus à la pêche et au repos. Malheureusement, une meute de chiens errants, affamés et enragés, rode sur l’île…L’attente d’un bateau sera longue pour les assiégés… Les « agressions animales », dont les deux principaux représentants sont LES OISEAUX et LES DENTS DE LA MER, connurent un regain de popularité durant les années ’70, époque d’inquiétude où les considérations écologiques concernant les conséquences des dégradations humaines envers la nature commençaient à trouver un large écho auprès du public. Le cinéma s’empara de cette peur via FROGS, SOUDAIN LES MONSTRES, L’EMPIRE DES FOURMIS GEANTES, L’HORRIBLE INVASION, PIRANHA, GRIZZLY, DAY OF THE ANIMALS, PROPHECY, etc.

Souvent, ces films choisissent des animaux naturellement inquiétants ou effrayants (fauve, ours, insectes et arachnides) mais quelques cinéastes plus aventureux usent des habituellement débonnaires canidés comme générateurs d’angoisse. Les chiens, eux aussi, deviennent féroces et plusieurs productions, comme LES CHIENS FOUS ou DANGER DOBERMAN, transforment le meilleur ami de l’homme en tueur implacable.

S’inscrivant dans cette mouvance, THE PACK se révèle un plaisant thriller horrifique, joliment photographié et efficacement mis en scène par un artisan certes dépourvu de style personnel mais capable d’orchestrer une poignée de scènes d’action rondement menées. Si l’on regrette une caractérisation sommaire des protagonistes qui n’évite aucun cliché (du biologiste dur à cuire incarné par le vétéran musculeux Joe Don Baker à la bimbo écervelée jouée par la starlette télévisuelle Sherry Milles), THE PACK marque cependant des points par son rythme enlevé qui ne laisse guère de temps pour souffler.

Dès les premières minutes, le film démontre le potentiel agressif des canidés qui s’en prennent tout d’abord à un cheval avant de menacer les hommes, victimes de plusieurs attaques sauvages. La tension grimpe rapidement et les victimes se succèdent avant que, dans la grande tradition de l’épouvante, les survivants se réfugient dans une maison isolée bientôt assiégée par la meute. Dès lors, les chiens vont tenter de s’y introduire et Robert Clouse capture leur bestialité en parvenant à les rendre réellement angoissant, notamment lorsqu’ils se jettent contre les vitres et ouvrent une gueule baveuse garnie de crocs impressionnants.

Sans verser dans le gore (le film fut classé « PG »), THE PACK parvient à transcrire la férocité des animaux et la terreur des hommes confrontés à cette meute de carnivores complètement déchaînés. Du bon boulot ! En dépit de son manque d’originalité, de quelques longueurs et d’une progression finalement très linéaire, THE PACK se suit donc avec plaisir jusqu’au climax intense qui voit Joe Don Baker, réfugié dans un grenier, repousser les chiens à l’aide d’un dessous de lit métallique.

Si les dernières secondes versent un peu dans le sentimentalisme gnangnan avec cet ultime canidé finalement épargné et apprivoisé par les humains épuisés, THE PACK reste une série B nerveuse et convaincante qui maintient l’intérêt durant plus de 90 minutes. Une sympathique petite surprise.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2013