ROSEMARY's KILLER
Titre: The Prowler
Réalisateur: Joseph Zito
Interprètes: Vicky Dawson

 

Farley Granger
Christopher Goutman
Lawrence Tierney
Cindy Weintraub
Lisa Dunsheath
David Sederholm
Année: 1981
Genre: Slasher
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Sorti au début des années ’80 sous le titre ROSEMARY’s KILLER (ou THE PROWLER), le slasher de Joseph Zito se distingue de ses confrères par ses meurtres sanglants, des passages signés de l’inévitable Tom Savini qui lui valurent sa réputation enviable auprès des amateurs. ROSEMARY’s KILLER prend, en effet, place parmi les « psychokillers » les plus gore de son époque, aux côtés de CARNAGES, CAUCHEMAR A DAYTONA BEACH, VENDREDI 13 CHAPITRE FINAL, THE MUTILATOR et le plus tardif INTRUDER. Une façon comme une autre de sortir du lot, le scénario de ROSEMARY’s KILLER ne proposant, pour sa part, rien de bien original même si le métrage possède suffisamment d’arguments pour convaincre les amateurs d’horreur « made in eighties ».

L’intrigue débute en 1945, dans la petite ville d’Avalon Bay. Rosemary Chatham, après avoir promis un indéfectible amour à son fiancé parti combattre sous les drapeaux, lui annonce, via une missive lapidaire, qu’elle n’en peut plus d’attendre son retour. La chaude demoiselle part donc au bal de fin d’année fricoter avec un nouveau soupirant mais un soldat américain débarque et assassine le couple fraichement formé. Le père de Rosemary décide, suite à cette tragédie, d’interdire la célébration du bal annuel. Trente-cinq ans plus tard, toutefois, l’interdit se voit finalement levé et les jeunes étudiantes de la Pritcher School s’apprêtent à enfiler leurs plus belles tenues pour aller danser. Malheureusement, le bidasse meurtrier rode toujours aux alentours d’Avalon Bay et le carnage recommence…

Lancé par les succès d’HALLOWEEN et de VENDREDI 13, le slasher, durant les deux ou trois premières années des eighties, s’impose définitivement sur les écrans comme le genre à la mode. Bien sûr, les imitations des titres précités ne tardent pas à proliférer, d’autant que ces films ne demandent guère d’investissements et peuvent, très facilement, se tourner dans un décor quasi unique avec une vingtaine d’acteur et un bon spécialiste des maquillages sanglants. Toutefois, loin d’être un simple slasher supplémentaire, ROSEMARY’s KILLER s’impose, pour sa part, comme un des meilleurs représentants de ce sous-genre un temps immensément populaire.

Le cinéaste Joseph Zito (qui signa ensuite VENDREDI 13 CHAPITRE FINAL et quelques séries B d’action sympathiques comme PORTES DISPARUS, INVASION USA ou LE SCORPION ROUGE) démontre un savoir faire appréciable et prend soin de donner un rythme soutenu au métrage. Contrairement à de nombreux slashers qui prenent un temps fou à présenter des personnages stéréotypés et sans intérêt, ROSEMARY’s KILLER entre rapidement dans le vif du sujet, à savoir une suite de mises à mort sanglantes. Même les préparatifs du bal sont adroitement montés en parallèle avec des séquences voyant le tueur sadique, tel un précurseur de Rambo, s’équiper en armes meurtrières. Les crimes en eux-mêmes s’avèrent, eux, particulièrement brutaux (baïonnette dans la tête, victime empalée à coup de fourche ou égorgée dans une piscine) et graphiques, le cinéaste, bien aidé par les excellents maquillages de Tom Savini, concoctant des mises à mort procurant une véritable jubilation sadique. Si ROSEMARY’s KILLER ne compte que huit scènes gore (fort peu comparé à des titres ultérieurs qui en totalise souvent une bonne vingtaine), celles-ci sont, à chaque fois, mémorables.

Toutefois, aussi réussi que soient les effets spéciaux, ils ne sont pas, pour une fois, le seul atout du métrage. Les interprètes, par exemple, se révèlent convaincants, avec la jeune et forcément jolie Vicky Dawson dans le rôle de la « Final Girl » et, dans celui du shérif, Farley Granger, célèbre pour ses rôles chez Hitchcock (LA CORDE, L’INCONNU DU NORD EXPRESS) mais aussi pour sa participation à une poignée de gialli comme LA LAME INFERNALE, AMUCK ou LA PEUR AU VENTRE.

De son côté, le mystère policier (ou « whodunit ») se révèle adroitement confectionné. Cet élément important des premiers slashers sera malheureusement, par la suite, oublié au profit (?) d’une simple succession de tueries. L’identité du meurtrier constitue donc une surprise satisfaisante et conduit le métrage vers un climax palpitant en dépit de son manque d’originalité. Notons cependant, pour rendre justice à l’œuvre de Joseph Zito, que l’appréciation de ce métrage est, fatalement, biaisée par les dizaines (ou même centaines !) de titres similaires sortis au cours des trois dernières décennies. A l’époque de son tournage, un film comme ROSEMARY’s KILLER était encore novateur, peu de films ayant tenté ce mélange d’énigme policière, de gore et d’épouvante, à l’exception, sans doute, du similaire MEURTRES A LA SAINT VALENTIN et d’une poignée de gialli comme BAIE SANGLANTE ou TORSO.

La photographie soignée, la bande originale adéquate et une mise en scène appliquée et souvent efficace élèvent, eux aussi, ROSEMARY’s KILLER au dessus de la moyenne et en font, en résumé, un des meilleurs slashers des années ’80.

Sans être un chef d’œuvre (mais un seul slasher – HALLOWEEN excepté – peut il vraiment prétendre à ce titre ?), le film de Joseph Zito demeure un plaisant divertissement qui mérite une redécouverte par les fans d’horreur biberonnés à SOUVIENS TOI L’ETE DERNIER, SCREAM ou URBAN LEGENDS.

 

Fred Pizzoferrato - Juin 2011