POUPEES DE CENDRES
Titre: The Psychopath
Réalisateur: Freddie Francis
Interprètes: Patrick Wymark

 

Margaret Johnston
John Standing
Alexander Knox
Judy Huxtable
Don Borisenko
Thorley Walters
Année: 1966
Genre: Thriller / Epouvante / Giallo
Pays: Grande Bretagne
Editeur  
Critique:

Petite production du studio Amicus, responsable de quelques-unes des meilleurs anthologies horrifiques des années ’60 et ’70, POUPEES DE CENDRES s’inscrit dans la mouvance des « psycho thrillers » anglais qui reprenaient, après PSYCHOSE, des intrigues qualifiées d’hitchcockiennes. La parenté semble ici particulièrement évidente puisque le scénariste n’est autre que Robert Bloch, auteur du roman ayant inspiré PSYCHOSE.

A la mise en scène, nous retrouvons le spécialiste Freddie Francis (1917 – 2007), lequel passa de Amicus à la Hammer au cours d’une riche carrière dont les plus belles réussites demeurent probablement HISTOIRES D’OUTRE TOMBE et DRACULA ET LES FEMMES. Francis, détenteur de deux Oscars pour son travail de directeur de la photographie (pour AMANTS ET FILS en 1960 et pour GLORY en 1989) livra, dès le début des sixties, plusieurs « psycho thrillers » de qualité, précurseurs du giallo par leurs intrigues aux machinations sophistiquées (PARANOIAQUE, MEURTRE PAR PROCURATION et HYSTERIA) ainsi qu’une adaptation méconnue d’Edgar Wallace, le maître du krimi, avec DAS VERRÄTERTOR.

Si tous ces long-métrages dénotent une indéniable filiation avec le thriller italien, POUPEES DE CENDRES demeure certainement celui dont le scénario, la construction dramatique et les codes visuels se rapprochent le plus du giallo alors naissant.

Un inspecteur de police, Holloway, se voit confier une affaire de meurtres en série « signés » par un mystérieux assassin qui laisse, aux côtés de ses victimes, une petite poupée. L’enquête s’avère ardue et les décès se succèdent : untel est écrasé par une voiture, un autre empoisonné, un troisième brulé vif et le dernier est étranglé dans sa baignoire. Malgré la diversité des méthodes employées, le représentant de l’ordre découvre un lien entre les victimes, lesquelles avaient noués connaissance durant leur service militaire. Holloway remonte également la piste via les poupées abandonnées sur les lieux des crimes et aboutit à une collectionneuse d’un âge certain, Madame Von Sturm, qui vit avec son fils, l’inquiétant Mark. Les investigations de l’inspecteur révèlent, en outre, que les quatre personnes assassinées avaient discrédités l’époux de Madame Von Strum à l’issue de la Seconde Guerre Mondiale. Un motif suffisant pour les supprimer ?

Production honnête mais sans grande surprise, POUPEES DE CENDRES fut, selon la rumeur, remonté par la production afin d’accentuer le côté « whodunit ? » et dissimuler le plus longtemps possible l’identité du meurtrier quoique celle-ci soit évidente dès les premières minutes. L’ensemble se conforme, dès lors, aux codes du krimi ou du giallo durant sa première partie puis adopte un ton plus proche du pur thriller saupoudré de l’une ou l’autre référence à PSYCHOSE lors de la révélation finale.

La distribution, pour sa part, s’avère correcte, dominée par Patrick Wymark, précocement décédé en 1970 (à 50 ans) vu dans quelques superproductions guerrières (LA BATAILLE D’ANGLETERRE, QUAND LES AIGLES ATTAQUENT) et deux films consacrés à l’Inquisition (LE GRAND INQUISITEUR et LA NUIT DES MALEFICES). Il joue ici l’inspecteur Holloway, rôle repris par John Bennett dans l’anthologie, scénarisée par Robert Bloch, LA MAISON QUI TUE en 1971. Wymark s’avère convaincant en dépit d’une interprétation qui se plie à tous les clichés attendus du détective britannique: intelligent, flegmatique et doté d’un humour pince sans rire particulier (il demande par exemple aux différents suspects leur emploi du temps pour 8 heures puis révèle que le crime a été commis… une heure plus tôt) typique des romans policiers so british.

Si POUPEES DE CENDRES se montre, dans l’ensemble, très classique et souvent prévisible, son dénouement réussi provoque cependant quelques frissons chez les plus réceptifs et permet de terminer la projection sur une note plus positive. POUPEES DE CENDRES constitue donc un « time waster » très correct qui devrait trouver grâce auprès des amateurs de suspense et d’intrigues policières teintées d’épouvante.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2014