THE SLAYER
Titre: The Slayer / Nightmare Island
Réalisateur: J.S. Cardone
Interprètes: Sarah Kendall

 

Frederick Flynn
Carol Kottenbrook
Alan McRae
Michael Holmes
Newell Alexander
 
Année: 1982
Genre: Horreur / Slasher / Video Nasty
Pays: USA
Editeur  

Critique:

L'intrigue de THE SLAYER traite de deux couples d'environ 35 ans qui se retrouvent en vacances sur une île. L'héroïne, Kay, souffre depuis quelques temps d'horribles cauchemars dans lesquels elle voit des meurtres atroces. Evidemment, l'endroit qu'elle voit dans ses rêves n'est autre que cette habitation où elle est censée passer de belles vacances. Les cauchemars ne tardent pas à devenir horriblement réels et le petit groupe se voit décimer un par un, victime d'une immonde créature griffue surnommée The Slayer.

THE SLAYER est un de ces nombreux petits films d'horreur qui seraient complètement oubliés aujourd'hui si leur inclusion sur la fameuse liste des Video-Nasty ne leur avait valu un semblant de reconnaissance culte auprès des aficionados. La majorité de l'intrigue se rapproche des slashers les plus basiques des années 80, à savoir rassembler une poignée de personnes dans un lieu isolé et les voir se faire massacrer une par une par un mystérieux tueur.

L'originalité vient de la personnalité du tueur, une créature monstrueuse issue des cauchemars de l'héroïne. Beaucoup ont déjà souligné la similitude entre ce scénario et celui du classique LES GRIFFES DE LA NUIT de Wes Craven mais, à la vue du métrage de J.S. Cardone il faut se rendre à l'évidence: THE SLAYER n'est, au mieux, qu'un médiocre brouillon des futures aventures de Freddy.

Une (trop) grande partie du temps de projection se limite ainsi aux déambulations des protagonistes dans des décors isolés, sans doute afin de conférer un minimum d'atmosphère à ce métrage mais le cinéaste échoue complètement dans cette noble entreprise et ne parvient qu'à ennuyer le spectateur le plus conciliant. En dépit d'une durée restreinte, THE SLAYER passe en effet beaucoup de temps à détailler des scènes peu intéressantes qui essaient tant bien que mal de bâtir un semblant de suspense. Néanmoins, reconnaissons que certains passages sont assez efficaces et que le cinéaste parvient à tirer le meilleur parti d'un budget très restreint pour donner une certaine atmosphère à l'ensemble.

Malheureusement, cela ne fonctionne que par intermittence et la première moitié du métrage se révèle terriblement ennuyeuse. Le rythme y est franchement lent et les personnages meublent un maximum en marchant sans but aux alentours de la maison isolée. THE SLAYER semble souvent s'embourber dans la médiocrité et durer une éternité, ce qui, pour un titre durant à peine plus d'une heure et quinze minutes, paraît incroyable!

Les interprètes ne délivrent pas non plus de performances exceptionnelles, en particulier Sarah Kandall qui traverse le film sans manifester la moindre émotion, même après la mort de la plupart de ses connaissances. Après tous ces aspects négatifs, attardons nous un temps sur les quelques qualités de cette réalisation, peu nombreuses mais réelles. Connu pour son inclusion dans la liste "Nasty", du moins à une certaine époque, le film bénéficie en effet d'une poignée de scènes gore aux effets spéciaux décents. Une victime est ainsi empalée sur une fourche dont les lames sortent brutalement par sa poitrine. Les autres meurtres incluent une tête broyée, une décapitation assez bien orchestrée, des coups de couteau portés à une main, un égorgement au harpon,…Bref, une certaine envie d'échapper aux traditionnels coups de hache ou de machette qui devait faire son petit effet deux décennies avant les sorties de SAW ou HOSTEL.

L'identité du monstrueux assassin n'est révélée que durant les toutes dernières minutes et le maquillage s'avère relativement convaincant. La créature est d'ailleurs plutôt originale et parvient même à donner un petit frisson à l'amateur, ce qui, dans le genre, n'est déjà pas si mal.

Néanmoins, si les crimes sont sanglants, ils ne sont pas très nombreux et THE SLAYER pourrait décevoir les inconditionnels des slashers gore. A le revoir aujourd'hui, son inclusion dans la fameuse liste paraît assez inexplicable, le niveau de sang déversé n'étant pas plus élevé que pour des productions mieux nanties de la même époque, comme VENDREDI 13.

La musique est heureusement suffisamment décente pour ne pas irriter le spectateur et la photographie est de bonne tenue. La mise en scène, pour sa part, ne montre aucun génie mais réussit à se montrer un minimum inspirée, en particulier lors des scènes de meurtres, ce qui n'est déjà pas si mal.

Avec son rythme languissant et son budget minimal, THE SLAYER ne peut néanmoins prétendre à être une vraie réussite. Les passages gore et une ou deux idées intéressantes l'élève néanmoins au-dessus des pires slashers sortis au début des années 80 mais, à moins d'être un collectionneur acharné des video-nasty, ce métrage ne présente aujourd'hui guère d'intérêt et ne décroche même pas la moyenne.

Fred Pizzoferrato - Mars 2008