THE THAW
Titre: The Thaw
Réalisateur: Mark A. Lewis
Interprètes: Val Kilmer

 

Martha MacIsaac
Aaron Ashmore
Steph Song
Kyle Schmid
Viv Leacock
Anne Marie DeLuise
Année: 2009
Genre: Science Fiction / Horreur
Pays: USA / Canada
Editeur  
Critique:

Il est souvent surprenant, pour ne pas dire un peu triste, de retrouver certains acteurs populaires voici une dizaine d’années au sein de petites productions destinées à échouer sur les étagères de vidéoclubs.

A 50 ans tout pile, Val Kilmer (jadis Batman et Le Saint quand même !) incarne donc le Dr David Kruipen, un scientifique effectuant des recherches sur le réchauffement climatique au cœur des étendues glaciales du Canada. Là, le savant et sa petite équipe déterrent les restes d’un mammouth, lequel libère des insectes redoutables dont la particularité est de pondre leurs œufs à l’intérieur des corps humains. Une infection qui finit, à terme, par tuer l’hôte des parasites. Le Dr Kruipen tente de circoncire l’épidémie et demande instamment à sa fille, censée le rejoindre avec trois étudiants en science, de rester à l’écart. Mais la demoiselle n’écoute pas son papa et tous se retrouvent dans la station, menacés par les insectes, et privés de tout secours possible.

Second long métrage du réalisateur et scénariste Mark A. Lewis, THE THAW utilise adéquatement la crainte du réchauffement climatique et les dangers liés à la pollution, à la manière des films de science-fiction des années 50 traitant du péril nucléaire. Le métrage s’inscrit donc dans une tradition quelque peu « rétro » et s’inspire bien évidemment de THE THING, pour le cadre polaire et la paranoïa grandissante des « héros ». Notons aussi l’influence évidente d’un des meilleurs épisodes de la première saison de X FILES (« Ice ») mais aussi, plus lointainement, de certains films de monstres des seventies comme PROPHECY ou L’INVASION DES PROFANATEURS. En dépit de ces références, appuyées et évidentes sans toutefois être écrasantes, THE THAW se révèle efficace et plutôt bien écrit.

L’action, confinée dans une station scientifique isolée, joue la carte de l’isolement et de la paranoïa tandis que les personnages, plutôt convaincants et joués avec conviction, commencent à se suspecter les uns les autres de porter en eux les redoutables œufs parasites. Une fois encore, THE THING s’impose comme l’inspiration principale du cinéaste mais le scénario ménage néanmoins quelques surprises pour capter l’intérêt. Le twist final, par contre, semble attendu et plutôt prévisible, mais Mark A. Lewis parvient à l’amener avec une certaine fluidité et à lui conférer une belle efficacité. Les relations entre les différents personnages constituent le point fort de THE THAW, lequel s’intéresse aux réactions extrêmes dans un contexte de quarantaine imposée.

Très vite, la peur d’autrui, supposé infecté, et la crainte de la contagion surpassent toutes autres considérations, dans une vision peut être pessimiste mais probablement réaliste des rapports humains en situation de crise. L’amputation improvisée d’un bras ou l’exécution sommaire d’une victime potentiellement contagieuse prouvent que les insectes ne sont pas la seule menace mortelle dans cet environnement claustrophobe et anxiogène. Dommage que l’un des protagonistes, Federico (joué avec peu de discernement par Kyle Schmid), ne se conforte un peu trop aux stéréotypes attendus en jouant du cliché du « type qui a peur des insectes, refuse de montrer aux autres qu’il est contaminé et se comporte donc en salaud tyrannique». Les autres personnages, pour leur part, sont nettement plus crédibles et interprétés avec davantage de conviction, en particulier par Martha McIsaac vue dernièrement dans le remake de DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE. Bien sur, certaines des réactions des protagonistes sont assez peu crédibles (essentiellement, une fois encore, celles de Federico) mais, dans l’ensemble, THE THAW reste plus convaincant à ce niveau qu’une grande majorité des films d’épouvantes récents.

Val Kilmer proclamé star du métrage, n’apparaît que durant une petite partie du temps de projection (essentiellement durant le premier tiers) mais effectue un boulot tout à fait honnête. Pour respecter la tradition de ce style de film (ou les clichés du genre diront les mauvaises langues), le final laisse la porte ouverte à une séquelle à plus grande échelle. Les commentaires sentencieux des dernières images sonnent, eux, comme un avertissement écologique asséné sans nuance. Encore une fois, on peut y voir une certaine facilité scénaristique ou simplement le souci de se plier aux règles d’un cinéma codifié en reprenant certains éléments attendus de manière très référentielle.

Les ultimes minutes renvoient, pour leur part, directement aux classiques de la science-fiction paranoïaque, comme au bon vieux temps de la guerre froide et des alarmistes « surveillez le ciel ! ». En dépit de quelques défauts plus ou moins gênants et d’un personnage un peu trop irritant, THE THAW constitue une surprise plutôt plaisante. Bien filmé et photographié avec un certain talent, efficace et parfois stressant, le long métrage de Mark A. Lewis se suit donc sans le moindre ennui et procure une heure et trente minutes de divertissement horrifique de qualité. A découvrir.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2010