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Critique: |
Près d’une décennie après l’agréable mais mineur GHOSTS OF MARS, la légende vivante du cinéma fantastique revient avec une très classique histoire de hantise située dans un asile psychiatrique. Située dans les années ’60 (sans que cela apporte grand-chose au récit excepté le recours à quelques thérapies archaïques et brutales comme les électrochocs), l’intrigue suit la jeune Kristen (Amber Heard), laquelle a oublié une partie de son passé et se voit internée après avoir incendié une ferme. Au sein de l’établissement psychiatrique, Kristen doit cohabiter avec une poignée de demoiselles « à problèmes » et soupçonne rapidement l’existence de sombres secrets. Bientôt, il apparaît qu’un fantôme malveillant hante l’asile, celui d’Alice, une ancienne patiente assassinée par ses « camarades » et qui réclame à présent vengeance. Très classique dans son déroulement, THE WARD fonctionne, sans la moindre surprise, durant une première heure agréable quoique manquant singulièrement d’originalité. Sous l’influence manifeste de l’épouvante espagnole récente, le scénario enferme une poignée de jeunes filles dans un peu crédible hôpital d’où elles tentent de fuir pour échapper à un spectre revanchard. Pas vraiment novateur mais plaisant, d’autant que quelques scènes frissonnantes, habillement disséminées dans le métrage, démontrent l’habileté du cinéaste pour instaurer une atmosphère angoissante en dépit de « jump scare », hélas, très classiques.
Par son budget réduit, son lieu clos et son manque d’ampleur évident, THE WARD rappelle, dès lors, un épisode des Masters of Horrors ou une série B nostalgique, impression bien évidemment accentuée par l’ancrage du récit dans les années ’60. L’utilisation d’instruments médicaux pour perpétrer les meurtres permet néanmoins une violence plus contemporaine, sans toutefois verser dans les excès du « torture porn » récent. De bonnes idées qui confèrent un certain réalisme au métrage, ainsi qu’une relative originalité dans les scènes chocs tandis que les maquillages spéciaux, confectionnés par les talentueux Greg Nicotero et Howard Berger, se révèlent à la fois suggestifs et gore, rapprochant une nouvelle fois THE WARD des productions à petit budget des années ’80. Malheureusement, si THE WARD se montre globalement efficace et convaincant durant sa première heure, le twist, pour sa part, se révèle désastreux et indigne de John Carpenter. Ce retournement de situation, qui remet en question l’ensemble du métrage de fort déplaisante manière, se montre si ringard et pitoyable qu’il est objectivement difficile de le prévoir. En effet, nul ne s’attendait à voir un des plus grands cinéastes du fantastique recourir à une fin aussi clichée et peu inspirée. Certaines scènes s’avèrent, en outre, plus risibles qu’effrayantes. Comment admettre, par exemple, qu’un fantôme utilise des objets pour persécuter l’héroïne ? Et comment, surtout, accepter que cette dernière repousse un spectre à coup de hache ? Certes, le retournement de situation final explicite cette partie de l’intrigue mais sans réussir à rendre THE WARD intéressant, d’autant que les raisons de la hantise de l’institution paraissent, elles aussi, éculées et à peine esquissées. Le retour attendu de Big John aboutit au final à un métrage banal et anodin qui se suit sans passion ni déplaisir durant sa première heure mais complètement plombé par un dernier tiers catastrophique, auquel s’ajoute un twist navrant. Ce final stupide tire largement vers le bas un ensemble décidément foireux logiquement accueilli, lors de sa présentation au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, par les huées d’un public déçu.
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Fred Pizzoferrato - Mai 2011 |
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