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Le phénoménal succès des DENTS DE LA MER entraîna rapidement de nombreuses imitations plus ou moins convaincantes, dont cette modeste production mexicaine d’un intérêt limité qui fut, pourtant, un triomphe dans son pays d’origine. Délaissant le schéma narratif du métrage de Spielberg, au contraire de bien des suiveurs (au hasard LA MORT AU LARGE d’Enzo G. Castellari, CRUEL JAWS de Bruno Mattei ou UP FROM THE DEPTHS de Charles B. Griffith), René Cardona Jr propose une aventure exotique et érotique guillerette dans laquelle deux dragueurs machos tombent toutes les touristes du Mexique avant d’affronter un requin tigre affamé.
Au matin, sa disparition n’inquiète guère Steven et ce-dernier retrouve Miguel, qui présente à son nouvel ami deux jeunes américaines, les sœurs Kelly et Cynthia Madison, des étudiantes délurées décidées à profiter de leur séjour au Mexique pour s’envoyer en l’air en buvant de la Téquila. La prochaine proie de nos « chasseurs de bikini » est une autre anglaise, Gabriella, laquelle propose immédiatement aux deux hommes un ménage à trois dénué de sentiments et fonctionnant uniquement sur le sexe le plus torride. Les deux machos, bien sûr, acceptent et se lancent parallèlement dans une entreprise supposée lucrative, la chasse aux requins.
La meilleure scène intervient lorsqu’une bande de fêtards passablement éméchés tentent, au milieu de la nuit, de regagner leur bateau de plaisance à la nage. Le « tintorera » surgit et happe une poignée de victimes dans de belles mares de sang. Si les attaques sont, au final, peu nombreuses, elles dégagent heureusement une brutalité appréciable et bienvenue et, même réalisées avec des moyens restreints et des effets spéciaux rudimentaires, restent plus convaincantes que les tueries numériques prisées dans les « sharksploitations » des années 2000. N’empêche, le soit disant « plus grand requin du monde » apparaît, dans les rares stoc-shot, long d’environ deux mètres et pas vraiment agressif. Mais le cinéaste s’en fiche un peu de son monstre des océans, son principal intérêt restant de filmer des jolies demoiselles tombant le maillot pour les beaux muscles des deux stupides héros. D’où de nombreux intermèdes « érotiques » ponctués de dialogues consternant et saupoudré d’une musique de supermarché à deux doigts de la faillite. Le compositeur de cette infâme soupe funky est pourtant le débutant Basil Poledouris, que l’on connaîtra plus inspiré par la suite (CONAN LE BARBARE, ROBOCOP) Les interprètes, peu connus, comprennent toutefois la peu farouche beauté anglaise Susan George, vue dans LES CHIENS DE PAILLE, LARRY LE DINGUE ET MARY LA GARCE ou encore L’IMPLACABLE NINJA. Dans le rôle du valeureux chasseur de squale nous retrouvons Hugo Stiglitz, acteur d’origine mexicaine à la filmographie gigantesque (plus de 220 titres !) qui fréquenta les divertissants LE CIMETIERRE DE LA TERREUR et L’AVION DE L’APOCALYPSE. Enfin, l’anglaise Fiona Lewis est apparue dans une trentaine de films entre le milieu des années ’60 et la fin des années ’80 dont LE BAL DES VAMPIRES, FURIE, LES ENVAHISSEURS SONT PARMIS NOUS ou L’AVENTURE INTERIEURE. Exploité en différentes versions plus ou moins sexuellement explicites et d’une durée variant entre 80 et 126 minutes (!), TINTORERA demeure une des pires imitations des DENTS DE LA MER sortie au cours des années ’70. En bref, un très médiocre soft-porn ringard camouflé en film d’horreur dont la vision n’est pas vraiment conseillée, même aux inconditionnels de « sharksploitations ».
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Fred Pizzoferrato - Février 2011 |
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