TOMB OF THE WEREWOLF
Titre: Tomb of the Werewolf
Réalisateur: Fred Olen Ray
Interprètes: Paul Naschy

 

Michelle Bauer
Beverly Lynne
Jay Richardson
Stephanie Bentley
Danielle Petty
Jacy Andrews
Année: 2004
Genre: Horreur / Erotique
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Créé en 1968 à l’occasion des VAMPIRES DU Dr DRACULA, le personnage du lycanthrope Waldemar Daninksy resta, durant trois décennies, indissociable de son interprète, l’acteur et cinéaste espagnol Paul Naschy qui y revint à de nombreuses reprises. En quatre ans, pas moins de six films suivirent LES VAMPIRES DU COMTE DRACULA avant que Naschy ne réduise la cadence, proposant cependant, en 1975, DANS LES GRIFFES DU LOUP GAROU et, en 1980, EL RETORNO DEL HOMBRE-LOBO.

Dans les années ’80, Nachy livre un nouvel épisode de la saga, LA BESTIA Y LA ESPADA MAGICA, en 1983, ainsi qu’un film hommage, EL AULLIDO DEL DIABLO, en 1987. Le loup-garou Daninsky connaît, ensuite, une longue éclipse et ne revient sur les écrans qu’en 1996, à l’occasion d’un certain LYCANTROPUS. Puis, à la fin de sa carrière, Naschy tourne aux Etats-Unis deux métrages directement en vidéo, COUNTESS DRACULA’s ORGY OF BLOOD de Don Glut et un douzième et dernier « Daninsky », TOMB OF THE WEREWOLF.

Ce-dernier est mis en boite par le redoutable bisseux Fred Olen Ray, un véritable fan du cinéma d’exploitation ayant débuté sa carrière en 1978 avec un film de science-fiction horrifique, THE BRAIN LEECHES. Fred Olen Ray, alors âgé de 24 ans, décide de poursuivre dans la voie du micro-budget et rend hommage aux métrages ayant bercés son enfance via une série de bandes fauchées plus ou moins sympathiques comme ALIEN DEAD, SCALPS, PRISON SHIP, THE TOMB, THE PHANTOM EMPIRE, ALIENATOR ou le parodique HOLLYWOOD CHAIN SAW HOOKERS. L’occasion pour le réalisateur d’inviter une longue liste d’acteurs oubliés à venir effectuer un dernier tour de piste nostalgique devant sa caméra.

Si Fred Olen Ray tourne à un rythme soutenu dans les années ’80 (il propose une quinzaine de films sur la décennie), que dire des années ’90 durant lesquelles le cinéaste approche de la cinquantaine de long-métrages ? Une cadence infernale poursuivie durant les années ‘2000 même si, l’industrie de la série Z ayant évolué, Ray se voit alors contraint de travailler essentiellement pour la télévision et la vidéo.

TOMB OF THE WEREWOLF permet cependant au réalisateur de revenir à ses premières amours en collaborant avec la star espagnole Paul Naschy pour réaliser un nouvel épisode de la saga d’El Lombre Lobo. Hélas, alors qu’on pouvait espérer voir Fred Olen Ray suffisamment motivé par l’entreprise pour livrer un produit honnête et bien torché, TOMB OF THE WEREWOLF se révèle une oeuvrette désastreuse et ringarde, handicapé par d’innombrables défauts à commencer par un script inepte.

La comtesse Elisabeth Bathory (jouée par Michelle Bauer) a vendu son âme en échange de la jeunesse éternelle. Le prix à payer pour la conserver consiste à prendre de fréquents bains de sang humain provenant de pauvres demoiselles exécutées sans pitié. Un jour, la comtesse propose au noble Waldemar Daninsky (Paul Naschy, bien sûr), de ramener à la vie sa défunte promise, Lady Eleanor, tuée par la peste qui ravage alors l’Europe. Le processus fonctionne mais entraine un effet secondaire inattendu : Waldemar se transforme en un féroce lycanthrope qui massacre son amie ressuscitée. Le loup-garou est finalement tué par une foule en colère et son corps, transpercé d’une croix d’argent, est abandonné au fond d’une crypte…

Plusieurs siècles s’écoulent et une équipe de télévision spécialisée dans les « mystères de notre temps » investit le château maudit des Daninsky pour y tourner un reportage. Là, Elisabeth Bathory, toujours vivante et en pleine(s) forme(s) conduit le dernier descendant des Daninsky, Richard, jusqu’à la tombe de son ancêtre et l’oblige à retirer la croix fichée dans son corps, permettant à l’Homme Loup de revenir à la vie…

TOMB OF THE WEREWOLF demeure l’unique métrage de la saga non scénarisé par Paul Naschy lui-même, lequel tombe bien bas en jouant les utilités pour un Fred Olen Ray peu inspiré. En dépit d’une fumée complice et de vaines tentatives pour instaurer une certaine ambiance, le film s’apparente, en effet, bien davantage à une oeuvrette érotique qu’à un authentique récit d’horreur.

L’intrigue, banale et médiocre, s’interrompt ainsi à intervalles réguliers pour permettre de minables intermèdes polissons, lesquels restent désespérément timorés. Généralement, Fred Olen Ray se limite à exposer l’anatomie dénudé de ses interprètes féminines, se permettant cependant davantage d’audaces lors des inévitables passages lesbiens.

Michelle Bauer, scream queen légendaire et ex-porn star sous le nom de Pia Snow (JAMAIX PLUS ENCORE et CAFE FLESH), âgée de 45 ans à l’époque du tournage, n’a, pour sa part, pas à rougir devant ses copines deux fois plus jeunes. Dommage que Paul Naschy paraisse complètement perdu dans cette histoire, son pauvre loup-garou faisant surtout de la figuration dans cette intrigue prétexte, d’ailleurs gribouillée par Fred Olen Ray en personne. Les interprètes secondaires, de leur côté, ne se montrent absolument pas concernés par les événements survenant à l’écran et se contentent d’attendre la mort apportée par le lycanthrope en se câlinant mollement.

Les effets spéciaux, eux, sont lamentables et le maquillage dont le pauvre Naschy se voit affublé atteint des sommets de ringardise absolument sidérants. Les scènes gore, très brèves, n’ont guère d’intérêt et ne suffisent pas à justifier la vision de navet intégral.

Insultant envers le pauvre Paul Naschy, transformé en un stupide nounours grognant dans sa barbe et insultant envers les fans d’El Lombre Lobo, TOMB OF THE WEREWOLF mérite sa place parmi les pires métrages de l’histoire du cinéma. Une honte et une totale perte de temps ! Que la malédiction de Daninsky s’abatte sur Fred Olen Ray et ses descendants…

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2011