TOMORROW AT SEVEN
Titre: Tomorrow at Seven
Réalisateur: Ray Enright
Interprètes: Chester Morris

 

Vivienne Osborne
Frank McHugh
Allen Jenkins
Henry Stephenson
Grant Mitchell
Charles Middleton
Année: 1933
Genre: Comédie policière
Pays: USA
Editeur Hantik Films
Critique:

Cette comédie policière très datée (empruntant vaguement aux clichés de l’épouvante) fut écrite par Ralph Spence, prolifique auteur qui fut, en son temps, le scénariste le mieux payé du monde et gagna par la même son surnom de « 5 dollars le mot ». Pourtant, on ne peut pas dire que ce routinier TOMORROW AT SEVEN se distingue par ses qualités d’écriture, loin de là.

En dépit de prémices guère originales mais cependant intéressantes, le film tourne, en effet, rapidement à vide et s’embourbe dans un humour poussif et fatiguant.

Un collectionneur d’art est assassiné par un inconnu qui laisse comme seule signature une carte à jouer, un As de Pique. Peu après, nous rencontrons un écrivain d’énigmes, Neil Broderick, qui envisage de publier une adaptation romancée de cette fascinante histoire, l’As de Pique ayant déjà tué de nombreuses personnes dans des circonstances mystérieuses.

Dans un train, Broderick fait la connaissance de Martha Winters, laquelle connaît justement – ah ben ça, ça tombe bien ! - Thornton Drake qui s’est juré de mettre l’As de Pique hors d’état de nuire. Malheureusement, Drake, à son tour menacé par le criminel, reçoit une carte qui annonce son assassinat pour le lendemain à 7 heures. Tout ce petit monde décide alors de fuir pour se retrancher dans la demeure de Drake en compagnie de deux policiers gaffeurs et maladroits, Clancy et Dugan. Malheureusement, dans l’avion, une coupure d’électricité permet au meurtrier d’agir. Cependant, il ne frappe pas Drake mais tue par erreur Austin, le père de Martha…La traque à l’As de Pique reprend de plus belle et Broderick est bien décidé à mettre le criminel hors d’état de nuire.

Débutant de manière prometteuse à la manière d’un policier classique avec un meurtre commis dans un lieu clos et une poignée de suspects, TOMORROW AT SEVEN dévie rapidement, hélas, vers une comédie policière poussive. L’identité du meurtrier parait d’ailleurs à ce point évidente que nul ne sera surpris de la prévisible révélation finale.

Ray Enright (réalisateur de quelques westerns sympathiques comme LES ECUMEURS avec Marlene Dietrich, John Wayne et Randolph Scott) s’avère, pour sa part, incapable de générer le moindre suspense et se replie sur un humour des plus lourdingue.

La suite de TOMORROW AT SEVEN va donc concerner les investigations du jeune héros, joué par Chester Morris, vu dans THE BAT WHISPER et dans le rôle de Boston Blackie, aujourd’hui bien oublié, dans une série de quatorze films datant des années ’40. Aux côtés de Morris, on découvre les pitreries de Frank McHugh et Allen Jenkins, duo comique piteux et insupportablement pas drôle jouant médiocrement les Laurel & Hardy du pauvre.

Le whodunit éventé cède, par conséquent, la place à l’humour laborieux, accompagné d’une romance prévisible et gnangnan jusqu’au coup de théâtre final, particulièrement attendu. Rien de bien palpitant ne survient durant ce TOMORROW AT SEVEN sans grand intérêt mais, maigre consolation, le tout ne dure qu’une petite heure, ce qui est sans doute déjà bien suffisant.

A réserver uniquement aux amateurs de comédies poussiéreuses ou aux curieux motivés.

 

Fred Pizzoferrato - Septembre 2011