TROP BELLE POUR MOURIR
Titre: Sotto il vestito niente 2
Réalisateur: Dario Piana
Interprètes: Florence Guérin

 

François-Eric Gendron
Randi Ingerman
Giovanni Tamberi
Nora Ariffin
Helena Jesus
Gioia Maria Scola
Année: 1988
Genre: Giallo
Pays: Italie
Editeur  
Critique:

En 1985, Carlo Venzina proposait un piteux OU EST PASSE JESSICA ? (« Sotto il vestito niente ») qui, malgré ses qualités discutables, dut rapporter suffisamment d’argent pour motiver cette pseudo suite, TROP BELLE POUR MOURIR (autrement dit « Sotto il vestito niente 2 ») laquelle n’a, en réalité, rien de commun avec le premier volet si ce n’est un cadre similaire (le milieu du mannequinat) et la volonté de ressusciter les grandes heures du giallo de la décennie précédente.

Sans être une grande réussite, ce TROP BELLE POUR MOURIR déroule donc une intrigue au classicisme avéré qui devrait intéresser les nostalgiques. Un homme d’âge mûr remarque, lors d’une session photographique, la belle mannequin Sylvia. Il décide avec la complexité d’Alex, le patron de la boite de top-modèle, de l’inviter chez lui pour une petite fête en compagnie de trois copines, Lauren, Michelle et Leslie. Le soir venu, notre pervers pépère tente de violer Sylvia avec la complicité passive des trois demoiselles. Cependant, Sylvia parvient à s’enfuir en volant la voiture d’Alex. Le lendemain, un inspecteur de police prévient Alex de la disparition de la jeune femme, retrouvée carbonisée dans son véhicule. Pour poursuivre les séances de photos osées, Alex doit trouver une remplaçante à la défunte et, heureusement, il repère une séduisante demoiselle qui danse de manière sensuelle dans une boite de nuit, Mélanie Roberts. Quelques temps plus tard, Lesley décède de mystérieuse manière lors d’un tournage. Lorsque Michelle périt à son tour, chacun doit se rendre à l’évidence : un assassin justicier a décidé de venger la mort de Sylvia.

Le thème de la soirée festive dérapant vers le viol et ses conséquences meurtrières a déjà inspiré de nombreux écrivains et cinéastes et, hélas, TROP BELLE POUR MOURIR ne viendra guère renouveler un scénario balisé. Les rebondissements s’avèrent, en effet, trop prévisibles pour maintenir l’attention, d’autant qu’ils sont, généralement, fort peu crédibles. Mélanie (campée par la starlette française de l’érotisme Florence Guérin) se révèle ainsi la sœur de la top-modèle assassinée et tous les soupçons se reportent, forcément, sur elle. Une fausse piste trop grossière pour que quiconque puisse s’y laisser prendre. L’identité du véritable assassin, pour sa part, semble rapidement évidente au point que l’on soupçonne le scénariste de garder un atout dans la manche pour la révélation finale. Peine perdue !

De son côté, l’univers des top-modèles se voit décrit de la manière habituelle : un panier de crabes dans lequel se débattent une poignée de « bonnes copines » prêtes à toutes les bassesses pour s’assurer leur quart d’heure de gloire. Filmé à la manière d’un vidéoclip, TROP BELLE POUR MOURIR souffre de cette esthétique maniérée, typique de la seconde moitié des années ’80, et multiplie les afféteries visuelles, les tics de mise en scène, les ralentis « branchés », etc. La musique, elle aussi, demeure très marquée par son époque et accuse déjà sévèrement le poids des ans.

En dépit de son ancrage éhonté dans les eighties, les nostalgiques pourront cependant trouver un minimum de plaisir à ce TROP BELLE POUR MOURIR. La photographie est, en effet, soignée et les actrices, toutes bien jolies, sont filmées de manière aguicheuse dans des sous-vêtements sexy ou des tenues cuir et latex affriolantes qui paraissent provenir des surplus de GWENDOLYNE réalisé quatre ans auparavant. Si l’enquête s’avère linéaire et sans grand intérêt, le film se regarde toutefois sans déplaisir et s’élève même un peu au-dessus de la majorité des thrillers européens de la même époque situés dans le milieu des mannequins.

Quoiqu’on eut aimé davantage d’érotisme ou des mises à mort plus spectaculaires, certains passages ne manquent pas de style et usent à bon escient d’une architecture anxiogène comme, par exemple, la fuite éperdue d’une jeune femme poursuivie par l’assassin dans un immense bâtiment désert.

A noter que Carlo Venzina réalisa un troisième épisode en 2011 (SOTTO IL VESTITO NIENTE - L'ULTIMA SFILATA) tandis que Dario Piana se retrouvait, pour sa part, aux commandes de la deuxième séquelle de GENERATION PERDUE après une longue absence des plateaux.

 

Fred Pizzoferrato - Mai 2014