LE JARDIN DES TORTURES
Titre: Torture Garden
Réalisateur: Freddie Francis
Interprètes: Burgess Meredith

 

Peter Cushing
Jack Palance
Beverly Adams
Bernard Kay
Michael Ripper
John Standing
Année: 1967
Genre: Fantastique / Horreur / Film à sketches
Pays: Grande Bretagne
Editeur  
Critique:

Réalisé par Freddie Francis en 1967, LE JARDIN DES TORTURES appartient à la vague des films à sketches produits par la compagnie Amicus. Une mode fructueuse qui perdura du milieu des sixties à 1980, date de la sortie de MONSTER CLUB, la dernière réalisation Amicus à atteindre les salles obscures.

Comme la plupart des métrages de ce style, LE JARDIN DES TORTURES propose un récit central destinés à unifier les différentes histoires. Ici, cet argument réside dans la visite d’une attraction de fête foraine, dirigée par un certain Dr Diabolo (joué par Burgess Meredith ensuite familier du public en incarnant l’entraineur de ROCKY), lequel invite cinq curieux à découvrir leur avenir, évidemment sinistre.

Dans « Enoch », un bon à rien rend nommé Colin Williams rend visite à son oncle atteint d’un mal incurable afin de découvrir où le vieil homme cache sa fortune. Refusant d’offrir à son oncle le médicament capable de soulager une de ses attaques, Colin assiste à la mort de son parent mais cherche néanmoins la cachette secrète. Il finit par libérer un étrange chat, Balthazar, ancien familier d’une sorcière et tombe sous l’emprise du petit démon avide de nouvelles victimes.

« Terror Over Hollywood » joue davantage la carte de l’humour noir et présente une jeune actrice, Carla Hayes, absolument prête à tout pour réussir dans le milieu du septième art. Amoureuse de Bruce Benthon, une des plus grandes vedettes de l’écran, la demoiselle finit par découvrir le secret de l’immortalité des stars…

Dans l’original « Mr Steinway », la journaliste Dorothy s’éprend du pianiste virtuose Leo, un jeune homme renfermé prétendant tenir son talent de la muse de la musique elle-même. Mais le piano, délaissé, se montre de plus en plus jaloux de la belle demoiselle.

Enfin, « The Man who collected Poe » confronte deux collectionneurs fanatiques d’Edgar Allan Poe. Ronald Wyatt se rend au domicile de Lancelot Canning, autoproclamé plus grand amateur de Poe…et qui a ramené à la vie l’écrivain afin de le contraindre à écrire de nouvelles histoires.

Des nombreuses anthologies produites par la Amicus, LE JARDIN DES TORTURES apparaît rétrospectivement comme une des plus faibles. Longuet et prévisible, le premier sketch n’offre que peu d’intérêt et ne marquera surement pas les mémoires, d’autant qu’il parait en outre déjà vu et revu. Le second segment s’avère plus intéressant d’un point de vue narratif et fonctionne sur une révélation sympathique et relativement bien amenée. Malheureusement le sketch se traine un peu et échoue totalement à donner le moindre frisson au spectateur. Le troisième volet, consacré à un piano hanté, hésite un peu trop entre le premier et le second degré même si la fin, au cours de laquelle l’instrument de musique possédé attaque sa rivale au son de la marche funèbre, verse dans le burlesque. Encore une fois, l’intrigue n’est pas désagréable mais se révèle trop longuette et prévisible pour convaincre.

Heureusement, l’ultime segment remonte le niveau et proposant une belle confrontation entre Jack Palance et Peter Cushing, lesquels semblent jubiler et rendent l’ensemble assez jouissif, d’autant que l’histoire proposée ménage quelques révélations successives de qualité et se termine par une chute ironique de bon niveau. L’inévitable récit de liaison s’avère pour sa part amusant mais sans la moindre surprise et le final se montre hélas particulièrement attendu et téléphoné. Robert Bloch, scénariste et auteur des différentes intrigues, s’est souvent montré plus inspiré et fera nettement mieux avec les similaires mais ultérieurs LA MAISON QUI TUE et, surtout, ASYLUM. L’interprétation, de son côté, oscille entre le médiocre et l’inspiré, et la mise en scène de Freddie Francis parait manquer de mordant et d’ambitions, à l’image du métrage dans son entièreté qui parait en définitive plutôt routinier, voire même baclé.

Dans l’ensemble, LE JARDIN DES TORTURES s’avère assez faible et peine à passionner réellement le spectateur. Si aucun sketches n’est réellement catastrophique, les trois premiers se situent – au mieux – dans une honnête moyenne et seul le quatrième s’avère vraiment mémorable. Les amateurs de films à sketches rétro peuvent donc risquer un œil à cette anthologie mais il en existe de bien meilleures disponibles pour que l’on puisse réellement conseiller LE JARDIN DES TORTURES, exceptés aux inconditionnels de la Amicus.

 

Fred Pizzoferrato - Juillet 2010