LE TOUR DU MONDE DE FANNY HILL
Titre: Jorden runt med Fanny Hill / Une cavaleuse au corps chaud
Réalisateur: Mac Ahlberg
Interprètes: Shirley Corrigan,

 

Peter Bonke
Gaby Fuchs
Bo Brundin
Walter Buschhoff
Peter Kuiper
Christina Lindberg
Année: 1974
Genre: Comédie érotique / porno
Pays: Suède
Editeur Bach Films
Critique:

Typique du cinéma érotico-exotique des années ’70, LE TOUR DU MONDE DE FANNY HILL s’intéresse à la jeune Fanny Hill (non ? Si !) laquelle n’a strictement rien à voir avec la célèbre libertine du roman de John Cleland adapté à maintes reprises. Mac Ahlberg, qui avait déjà porté le personnage sur les grands écrans en 1968 avec son FANNY HILL, récidive en confiant cette fois le rôle-titre à Shirley Corrigan (vue dans DOCTOR JEKYLL Y EL HOMBRE LOBO et LA PLUS LONGUE NUIT DU DIABLE).

Le scénario, pour sa part, ne s’éloigne pas des conventions de l’érotisme « bon enfant » : Fanny, une jeune femme mariée au publiciste Roger, soupçonne ce-dernier de ne pouvoir garder son calme vu les demoiselles dévêtues qui fréquentent ses plateaux de tournage. Avec son amie Monica, Fanny décide de tendre un piège au supposé infidèle afin d’obtenir le divorce et de partir tenter sa chance à Hollywood. Le plan se déroule (pratiquement) sans accros et Fanny, libérée de ses engagements matrimoniaux, devient une vedette du cinéma érotique. Mais Roger, jaloux, décide de la reconquérir. Les deux anciens amants se poursuivent ainsi autour du monde et vivent diverses aventures à Hong Kong, Venise et Munich.

Produit avec un budget relativement conséquent, LE TOUR DU MONDE DE FANNY HILL verse forcément dans les « travers du travelogue » (hum !) en laissant aux déambulations touristiques de son héroïne une (trop) grande part du temps de projection. L’ensemble est donc soigneusement photographié et invite au voyage mais ennuie un brin lorsque les clichés exotiques prennent le pas sur l’intrigue. Celle-ci, forcément minimaliste, laisse la part belle à la comédie avec des situations typiques du Vaudeville. Ainsi, les portes claquent, la maitresse se retrouve dans le placard pour laisser le champ libre à une séductrice venue harponner le mari infidèle et un huissier, accompagné de l’épouse, déboule dans la chambre pour un constat d’adultère mouvementé. Du vu et revu mais cela reste charmant et donnera le sourire au plus indulgent, la scène trouvant d’ailleurs écho dans les dernières minutes du métrage ponctué d’une bataille de tarte à la crème burlesque. Bref, ce n’est plus Fanny Hill, c’est carrément Benny Hill !

Plus amusant (mais guère original), la scène de séduction d’un Marquis français homosexuel par une Fanny déguisée en garçon (on peine à y croire mais passons) se montre plus réussie et élève un peu le débat au-dessus de l’humour gras.

Curieusement, LE TOUR DU MONDE DE FANNY HILL, plutôt gentillet (on peut davantage parler de gentille polissonnerie que de métrage érotique) s’autorise dans son dernier tiers une orgie enjouée mais hardcore (avec pénétration et fellation) efficace (visuels psychédéliques et musique tribale invitant à la trance au programme) mais cependant incongru. Ces cinq minutes porno tranche avec le reste du film (presque) aussi sage qu’une publicité pour gel douche. Etonnant mais typique de cette période de transition entre softcore et hardcore et un procédé que l’on retrouvera dans les prochains films de Mac Ahlberg comme JUSTINE ET JULIETTE.

En résumé, LE TOUR DU MONDE DE FANNY HILL reste un plaisant divertissement sexy : Shirley Corrigan est mignonne, tout comme la sex-star suédoise Christina Lindberg (dans un rôle très secondaire) et la charmante Gaby Fuchs (vue dans LA FURIE DES VAMPIRES et LA MARQUE DU DIABLE).

Alternative quelque peu surannée au porno actuel, le film de Mac Ahlberg est distrayant, agréable à l’œil, souvent amusant et gentiment érotique. Nous sommes loin d’un incontournable (y compris dans le cinéma rose) mais l’ensemble se regarde sans déplaisir.

Fred Pizzoferrato - Avril 2015