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EMANUELLE ET LES DERNIERS CANNIBALES est un des nombreux avatars de la longue saga des Black Emanuelle, lancé en 1975 par Alberto Albertini (avec BLACK EMANUELLE EN AFRIQUE). Laura Gemser / Moira Chen y incarne la journaliste bisexuelle Emanuelle, parcourant le monde à la recherche de scoops. Evidemment, le but est de concurrencer l'EMMANUELLE officielle, où Sylvia Kristel incarne l'héroïne imaginée par Emmanulle Arsan. Un seul M au lieu de deux faisant toute la différence et permettant de bien rire des problèmes de droits et de copyrights à la manière typique des cinéastes bis de la Péninsule. Dès le second film (EMANUELLE EN ORIENT), en 1976, la série est reprise en main par Joe d'Amato et, rapidement, le cinéaste délaisse le pur soft-core pour emmener les intrigues sur les terres plus épicées de l'exploitation. Une dizaine de métrages suivront jusqu'au début des années 80, les derniers étant signés Bruno Mattei. Traite des blanches, prison de femmes, snuff movies et, ici, cannibalisme, sont quelques uns des ingrédients attractifs de la saga. EMANUELLE ET LES DERNIERS CANNIBALES est sans doute un des plus fameux du lot (avec le bien corsé EMANUELLE EN AMERIQUE), surtout pour son mélange assez rare des trois genres de prédilection de d'Amato: l'horreur gore, l'aventure et l'érotisme. Ce dernier élément est d'ailleurs le plus développé, au point que le film connut une première sortie sous le titre racoleur de VIOL SOUS LES TROPIQUES. Il fut aussi caviardé de séquences pornos. Quoique intégrale, la version proposée ici se voit expurgée de ces ajouts et en revient au métrage tel que voulu par ce cher d'Amato (Ketchup comme disait certains plaisantins).
Rapidement, le couple (car Emanuelle ne tarde pas à se retrouver au lit avec l'anthropologue) continue son voyage avec une belle nymphette nympho, Isabelle, et une bonne sœur, d'ailleurs plus bonne que sœur. Si le premier tiers laisse la part belle aux scènes de sexe, souvent saphiques, lorsque l'intrigue se déplace nous entrons véritablement dans le vif du sujet. Quoique les intermèdes sensuels restent nombreux, le cinéaste se concentre davantage sur le gore et détaille les habituels empalements, castration, éventration,…Les indigènes se goinfrent bien sûr de morceaux de bidoches et de tripailles (même si tout ça ressemble un peu trop à de la chipolata à la bolognaise) mais le spectateur reste, lui, quelque peu sur sa faim. Même si d'Amato se permet un passage bien sanglant (la bonne sœur est déshabillée et les cannibales lui tranchent les seins avant de lui dévorer les entrailles), il reste en deçà de ses concurrents, Deodatto et Lenzi avec CANNIBAL HOLOCAUST et CANNIBAL FEROX, les mètres étalons du genre.
EMANUELLE ET LES DERNIERS CANNIBALES n'est sans doute pas un chef d'œuvre mais c'est un bel exemple de cinéma bis généreux en sexe et en horreur. En dépit d'un déséquilibre évident et d'un manque de punch certain le résultat s'avère sympathique. Bien sûr, Joe d'Amato nous a habitué a des métrages plus outranciers et il parait ici un peu timoré: les scènes de sexe finissent par se ressembler et manquent de perversité et de folie (quoique le passage où les deux héroïnes sont matées par un chimpanzé fumant des clopes constitue un sacré moment de n'importe quoi réjouissant) et la violence aurait dû se montrer plus extrême pour vraiment donner au spectateur l'envie de rendre son repas. Si EMANUELLE ET LES DERNIERS CANNIBALES n'est pas une grande réussite, on ne s'y ennuie pas et on passe un bon moment, ce qui n'est déjà pas si mal! |
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octobre 2006 |
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