TRHAUMA: DEMENCE
Titre: Trhauma
Réalisateur: Gianni Martucci
Interprètes: Gaetano Russo

 

Domitilla Cavazza
Roberto Posse
Timothy Wood
Franco Diogene
Per Holgher
Silvia Mauri
Année: 1980
Genre: Slasher / Giallo / Thriller / Horreur
Pays: Italie
Editeur  
Critique:

Généralement classé dans le giallo, probablement au regard de sa provenance géographique et d’un twist final expliquant les meurtres en apparence gratuits, THRAUMA s’apparente surtout à un slasher. A l’image de TORSO ou BLOODY MOON, le métrage de Gianni Martucci reprend, en effet, les codes des thrillers horrifiques à base de tueur en série décimant méthodiquement une poignée de personnes confinées dans un lieu bien déterminé.

Comme de nombreuses productions similaires, TRHAUMA débute par un prologue intriguant expliquant le traumatisme (bien sûr !) du meurtrier et ses motivations. Deux jeunes garçons jouent dans les bois et l’un met l’autre au défi de grimper sur un arbre. Le gamin obtempère mais chute brutalement sur le sol tandis que son copain se contente de l’insulter et le laisse là…Des années plus tard, l’enfant blessé a grandi, vit en reclus dans une sorte de cave, passe son temps à jouer aux Lego et commet divers méfaits, se livrant par exemple à la nécrophilie lorsque l’occasion se présente….ou qu’il assassine une demoiselle en ballade.

Non loin de là, le fringant et dépensier Andrea convie quelques amis pour un week-end dans sa maison isolée. Andrea a la mauvaise habitude de perdre beaucoup d’argent dans les jeux de hasard et sa femme, Lilly, menace de lui couper les vivres en dépit des nombreuses dettes qu’il peine à rembourser. Peu après, au terme d’une séance photo de charmes, une des jeunes invitées disparaît dans les bois et les recherches pour la retrouver s’avèrent vaines. L’inquiétude grimpe parmi les amis d’Andrea et Lilly qui, un par un, sont assassinés par notre reclus psychopathe. La raison de ces crimes sera, bien évidemment, révélée lors des ultimes secondes de projection même si les plus perspicaces auront compris où le cinéaste veut en venir bien avant cela.

Gianni Martucci n’est sans doute pas le plus connu des bisseux italiens, n’ayant à son actif que cinq mises en scène (dont l’horrifique THE RED MONKS en 1988 à la réputation assez médiocre) et TRHAUMA (belle leçon de nouvelle orthographe au passage !) manque vraiment d’arguments pour convaincre. Le scénario parait simpliste, les rebondissements attendus et la révélation finale téléphonée, un handicap certain pour bâtir un suspense un tant soit peu efficace.

En dépit d’une durée ridiculement courte (moins d’une heure et quinze minutes), le film se révèle en outre ennuyeux, semblant tirer à la ligne et manquer de rythme, ressassant les clichés du traumatisme enfantin, de l’héritage, du chantage et de la machination en apparence savante mais en réalité fort poussive. Bref, les recettes coutumières du giallo sauf que, cette fois, la sauce ne prend pas et retombe lamentablement étant donné le peu d’enthousiasme des intervenants. Une grande partie du temps de projection se limite, hélas, aux agissements inintéressants d’une poignée de personnages coincés dans le décor minimaliste d’une maison entourée d’une épaisse forêt.

Débitant des dialogues affligeant de banalité, les acteurs ne paraissent pas y croire eux-mêmes et se contentent de s’agiter devant la caméra avant de tomber sous les coups de hachoir de l’assassin. Excepté Roberto Posse et Franco Diogene (MIDNIGHT EXPRESS, NUE POUR L’ASSASSIN), aucun n’a eu de véritable carrière cinématographique, ce qui explique probablement leur jeu approximatif.

Peu porté sur l’érotisme, Gianni Martucci propose néanmoins une dose de nudité acceptable mais rien qui puisse réellement intéresser les (a)mateurs, restant largement en deçà des standards du « sexy giallo » sortis peu avant comme PLAY MOTEL, NUE POUR L’ASSASSIN ou GIALLO A VENEZIA.

Les fans d’horreur ne sont, pour leur part, guère plus gâtés puisque la mise en scène élude la plupart des meurtres, souvent hors champs, peu graphiques et sans aucune d’imagination. Quelques passages typiques du cinéma d’exploitation (dont le viol d’un cadavre par le maniaque) relèvent un plat bien fade mais ne suffisent pas à rendre l’ensemble mémorable. Seul le climax, tout en retenue, apporte un minimum d’originalité à TRHAUMA, même si il risque également de décevoir le spectateur. Cette fin ouverte s’avère, en effet, peu convaincante et termine le métrage en queue de poisson. Dommage.

Reste une impression d’enfermement parfois étouffante et de rares moments acceptables noyés dans un ensemble routinier et d’une grande banalité.

Inspiré par HALLOWEEN et BAIE SANGLANTE, l’œuvre de Gianni Martucci peine à s’élever au-dessus du tout venant et, au final, ne parvient même pas à décrocher la moyenne. Sa vision sera par conséquent réservée aux seuls inconditionnels du giallo qui pourront se satisfaire de ses rares qualités et lui pardonner ses (trop) nombreux défauts.

 

Fred Pizzoferrato - mars 2011