TROLL 2
Titre: Troll 2: Return of the Trolls
Réalisateur: Joe d'Amato & Claudio Fragasso
Interprètes: Michael Stephenson, George Hardy, Margot Prey, Connie Young

 

 
 
 
 
 
 
Année: 1987
Genre: Horreur / Comédie
Pays: Italie
Editeur  
2 /6
Critique:

Considéré comme un des pires navets jamais tournés, TROLL 2 constitue, en effet, un monument de bêtise au point que Joe d'Amato, pourtant coupable de bien des métrages calamiteux, se cache sous le pseudonyme ronflant de Drago Floyd. En premier lieu, il est inutile de chercher une quelconque continuité entre ce produit et le ringard mais sympathique TROLL de John Carl Buechler.

Ici, nous sommes en pleine série Z et le résultat s'avère consternant. Mais drôle!!! Le scénario est simpliste. Une famille de citadins américains caricaturaux part pour de longues vacances à la campagne. Ils échangent leur maison avec celle d'une famille de paysans et arrivent à Nilbog, un charmant petit village. Du moins en apparence car le bled en question constitue le repère d'une meute de trolls cannibales qui engraissent les touristes avant de les dévorer. L'argument est donc profondément débile mais ce n'est pas le seul défaut de ce film.

Commençons par la distribution, hallucinante. Car les acteurs sont à ce point mauvais qu'il faudrait inventer de nouveaux adjectifs pour définir leur jeu. Mention spéciale au vieux beau qui " interprète " le père du héros de façon carrément surréaliste. Seconde mention pour la cruelle sorcière, évidement gothique et sexy, à ce point surjouée que l'on pouffe de rire à chacune de ces apparitions. Une composition tellement incroyable que le spectateur passe finalement un bon moment à voir cet ersatz d'Elvira et Vampira. Les maquillages de Maurizio Trani, eux, ressemblent à d'épouvantable masques d'Halloween achetés en solde à l'épicerie du coin, et les costumes des monstres (conçus par Laura Gemser, alias Black Emanuelle) consistent en de simples sacs à patates rapiécés. Authentique!

Bref, la pauvreté de l'ensemble fait peine à voir…et procure à nouveau quelques moments de rigolades aux adeptes du bis outrancier. Le scénario, lui, remporte haut la main la palme du plus incroyable ramassis de stupidités jamais immortalisés sur pellicule. Un concentré de clichés et de bêtises plus ou moins assumées. Pourtant, malgré tout ça ou sans doute plutôt grâce à ça, TROLL 2 comporte son lot de séquences mémorables et démentielles: un gamin urine, à table, sur la nourriture empoisonnée de ses parents afin de les empêcher de tomber sous l'emprise des Trolls, le même sale gosse découvre stupéfait (dans une glace) que le nom du village, Nilbog, à l'envers donne Goblin (hilarant, non ?) et les apparitions du Grand-père décédé sont toutes effarantes.

La transformation en plante d'un adolescent, ensuite débité à la tronçonneuse, et le festin des trolls se bâfrant d'une immonde bouillie verdâtre à la BAD TASTE, constituent d'autres morceaux choisis. Mais le métrage n'en manque décidément pas. Quant aux éclairs illuminant l'écran, ils concourent au titre des pires effets visuels jamais vus depuis les années 50 et ont certainement été gratté à même la pellicule. D'ailleurs, si on excepte un petit coté trash et quelques passages gore ou sexy, le résultat pourrait dater des années cinquante: archaïque et dépassé à tous les niveaux, il ressemble davantage à une bisserie rétro qu'à un film d'horreur "contemporain". Et c'est sans doute ce qui fait son charme.

En résumé, TROLL 2 est vraiment nul mais reste agréable à suivre, contrairement à ces slashers basiques que le spectateur semble avoir déjà vu dès le générique lancé. Le métrage est riche en surprise et en rebondissement, fussent-ils idiots, et mérite une petite vision car on ne s'y ennuie pas une seconde, Joe d'Amato se surpassant vraiment pour maintenir un rythme correct sans lésiner sur les passages hallucinants. Bref, TROLL 2, classé par l'Internet Movies Database parmi les 10 plus mauvais films de tous les temps, constitue un met de choix pour les authentiques gourmets de série Z.

Un TROLL 3 - THE CRAWLERS n'ayant une fois de plus rien à voir avec les précédents volets, suivi rapidement.

Fred Pizzoferrato - Mars 2007