TROUBLESOME NIGHT
Titre: Yin yang lu
Réalisateur: Wai-Man Cheng & Long-Cheung Tam & Herman Yau
Interprètes: Simon Lui

 

Louis Koo
Ada Choi
Christy Chung
Sunny Chan
Kenix Kwok
Teresa Mak
Année: 1997
Genre: Fantastique / Epouvante / Film à skteches
Pays: Hong Kong
Editeur  
Critique:

Lancée en 1997, la saga hongkongaise à petit budget TROUBLESOME NIGHT rencontre rapidement le succès et les épisodes se succèdent à un rythme soutenu. Près de trois films par année sortent jusqu’en 2003 et, au total, TROUBLESOME NIGHT connait pas moins de dix-neuf (oui !) volets. La plupart choisissent la voie du « film à sketches » et déclinent trois ou quatre intrigues horrifiques dans lesquelles les fantômes ont le rôle principal.

Une courte présentation invite le spectateur à se questionner sur la place accordée aux spectres dans la culture chinoise. Croit-on réellement en leur existence nous demande le narrateur (Simon Lui) ou est-ce simplement du folklore ? Plusieurs histoires nous permettent d’en juger.

La première s’intéresse à trois amis partis camper à la campagne. S’éloignant pour satisfaire un besoin naturel, l’un d’eux remarque une jeune fille qui nage, nue, dans les eaux du lac…Les trois amis ne tardent pas à faire connaissance avec trois campeuses peu farouches et un jeu de séduction s’engage. L’une des demoiselles propose de recopier le maximum de pierres tombales du cimetière voisin (hum !) et les garçons s’y emploient avec vigueur puisque le premier prix de cet étrange concours n’est autre qu’une nuit torride avec l’instigatrice du jeu…Bien sûr, tout ne se déroule pas comme prévu puisque les spectres sont de sortie…

Jouant avec une certaine habileté sur les attentes du spectateur, ce sketch à la « Scooby-Doo » mélange vrais et faux revenants dans une ambiance sympathique et humoristique malgré l’une ou l’autre scène frissonnante et un twist certes prévisible mais bien amené. Classique mais plaisant.

Le second segment se déroule à Hong Kong durant une nuit particulièrement pluvieuse. Un agent immobilier et sa maîtresse roulent dans les rues de la ville et se disputent au sujet de leur relation. L’homme décide finalement de rejoindre son épouse légitime, laquelle se prépare à fêter leur anniversaire au restaurant mais les conditions climatiques se détériorent rapidement. Divers accidents surviennent…

Cet épisode joue sur l’ambiguïté et pose la question de savoir qui est mort et qui est vivant parmi les différents protagonistes, tous victimes d’accident de la route. L’épouse, le mari ou la maîtresse ? La conclusion apporte la réponse à ces interrogations. Sans grande surprise, ce sketch rappelle les séries télévisées à la « Tales from the crypt », ne serait-ce que par sa conclusion gentiment ironique et moralisatrice. Potable.

Dans le troisième segment nous retrouvons certains protagonistes du premier, dont un jeune couple dont l’existence est perturbée par un fantôme. En effet, le jeune homme soupçonne sa copine de le tromper vu son comportement étrange. Il apparait, en réalité, que la demoiselle reçoit la visite nocturne d’un spectre qui abuse d’elle chaque soir. Un exorciste excentrique (toujours Simon Lui), soi-disant conseillé en Feng Shui de Tom Cruise, intervient pour chasser le très possessif esprit.

Manifestement inspiré par L’EMPRISE et doté d’une timide mais suggestive scène érotique entre une jeune fille et un revenant invisible (!), ce sketch joue ouvertement la carte de l’humour et permet à Simon Lui d’effectuer un numéro d’exorciste loufoque à la manière des « ghost kung fu comedy » des années ’80. Anodin mais divertissant.

Enfin, le dernier sketch traite d’une star hongkongaise invité à l’avant-première de son dernier film en compagnie de sa petite amie du moment. Sur place, l’arrogant acteur s’installe à un siège réservé malgré les protestations du responsable de la salle. Peu à peu d’étranges événements surviennent et la salle devient une véritable prison envahie par des esprits maléfiques.

Banal, ce segment recourt à un des twists les plus éculés de l’histoire du cinéma mais se regarde cependant avec le sourire. Dans l’ensemble, cette première anthologie horrifique ne marque pas vraiment les esprits mais constitue un divertissement acceptable quoique très moyen.

Si les différents segments sont (trop !) classiques et les twists attendus, l’humour sauve les meubles et rend l’ensemble plaisant, tout comme le cabotinage éhonté de Simon Lui qui présente les sketches mais se retrouve également protagoniste de deux d’entre eux. Les différentes manières de lier les épisodes par des personnages récurrents donnent, en outre, une véritable cohésion à ce qui s’annonçait comme une simple compilation d’histoires courtes.

Malheureusement, TROUBLESOME NIGHT n’est pas suffisamment effrayant ou rigolo pour s’imposer comme une vraie réussite. Compilation sympathique mais anecdotiques de sketches variablement réussi, ce premier volet d’une interminable saga se suit sans ennui mais sans passion et ne dépasse jamais une (honnête) moyenne. Réservé aux fans d’histoires de fantômes chinois ou aux inconditionnels de films à sketches horrifiques.

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2013