TRUE STORY OF A WOMAN IN JAIL: SEX HELL
Titre: Jitsuroku onna kanbetsusho: sei-jigoku
Réalisateur: Kôyû Ohara
Interprètes: Hitomi Kozue

 

Meika Seri
Maya Hiromi
Rie Ozawa
Tatsuya Hamaguchi
 
 
Année: 1975
Genre: Women In Prison
Pays: Japon
Editeur  
Critique:

Spécialistes du cinéma érotique, les studios nippons de la Nikkatsu décident, au milieu des années ’70, de prendre en marche le lucratif train du Women In Prison, lequel venait d’offrir à la Toei un énorme succès populaire avec la fameuse saga de LA FEMME SCORPION. Entré à la Nikkatsu dès 1961 en tant qu’assistant réalisateur, Kôyû Ohara (né en 1946) assiste à la transition du studio qui, dès le début des seventies, recentre sa production vers l’érotisme et le « roman porno ».

Le cinéaste touche, dès lors, aux divers courants du « pinku », passant des films SM (FAIRY IN A CAGE) aux nunsploitations (WET ROPE CONFESSION : CONVENT STORY) et aux sexy comédies (I LIKE IT FROM BEHIND) sans oublier les « pinku violence » basés sur l’exploitation du viol comme ZOOM UP : RAPE SITE. En 1975, Kôyû Ohara s’invite donc dans l’intimité des « femmes en prison » avec ce TRUE STORY OF A WOMAN IN JAIL : SEX HELL qui sera le premier volet d’une trilogie poursuivie, la même année et toujours par Kôyû Ohara, avec TRUE STORY OF WOMAN CONDEMNED CONTINUES et, enfin, avec NEW TRUE STORY OF WOMAN CONDEMNED TO HELL en 1976.

L’intrigue, sans surprise, présente la jeune Mayumi Jojo (jouée par Hitomi Kozue qui a débuté, en 1972, avec un double rôle dans NAKED RASHOMON avant d’apparaitre dans une vingtaine de « roman porno »), une demoiselle envoyée dans une prison de femme dans laquelle elle doit trouver sa place. Les détenues, en effet, ont instauré une stricte hiérarchie dominée par une « chef » jouée par Meika Seri (revue, l’année suivante, dans le célèbre L’EMPIRE DES SENS). L’arrivée de Mayumi, incarcérée pour un crime passionnel, remet en cause les relations de soumission / domination des prisonnières, d’autant qu’une certaine Harumi, une prostituée machiavélique, tente, elle aussi, de tirer son épingle du jeu pour s’attirer les faveurs, notamment physiques, de la « chef ».

En dépit d’un titre racoleur, TRUE STORY OF A WOMAN IN JAIL : SEX HELL reste un Women In Prison modéré qui joue peu la carte du scabreux et du sadisme. On trouve, bien évidemment, quelques passages plus brutaux, de l’urologie (typique des productions « sexy » japonaises), quelques viols perpétrés par les gardiens et l’une ou l’autre humiliation mais, dans l’ensemble, le métrage reste timoré. Il est, en outre, saupoudré d’un humour ironique qui en désamorce les aspects les plus problématiques durant quelques saynètes amusantes dont la confection artisanale d’une sculpture phallique qui trouvera, bien sûr, bon usage. Par conséquent, l’érotisme prédomine et alterne les flashbacks hétérosexuels et les scènes lesbiennes entre détenues.

Rien de bien neuf, d’autant que Kôyû Ohara se contente d’illustrer, sans beaucoup d’inspiration, un cahier des charges déjà vu et revu. Une mise en scène fonctionnelle, efficace, parfois plaisante (notamment les très gros plans des tétons dressés des actrices pour lesquels Ohara développe une véritable fascination fétichiste lors des scènes chaudes) mais qui trahit, également, le côté précipité et hâtivement emballé d’un film sans doute confectionné dans l’urgence pour profiter d’une mode éphémère.

L’ensemble parait, au final, manquer de finition et n’apporte rien de véritablement novateur ou mémorable à un genre très codifié. Heureusement, la courte durée (à peine 70 minutes) de ce TRUE STORY OF A WOMAN IN JAIL : SEX HELL évite au spectateur tout sentiment d’ennui et le tout reste raisonnablement divertissant en dépit de sa linéarité.

A réserver, cependant, aux inconditionnels de l’érotisme asiatique ou des Women In Prison.

 

Fred Pizzoferrato - Décembre 2013