TWO LOST WORLDS
Titre: Two Lost Worlds
Réalisateur: Norman Dawn
Interprètes: James Arness

 

Kasey Rogers (aka Laura Elliot)
Bill Kennedy
Gloria Petroff
Pierre Watkin
Tom Hubbard
Jane Harlan
Année: 1951
Genre: Aventures / Fantastique
Pays: USA
Editeur Artus Films
Critique:

Présenté comme un film de « monde perdu », TWO LOST WORLDS relève, en réalité, bien davantage du récit d’aventures romantiques et des histoires de pirates, d’où une légitime frustration des amateurs de dinosaures, lesquels devront attendre les dernières images du film pour voir les monstres préhistoriques débarquer.

L’intrigue débute en 1830, alors qu’un bateau transportant des marchandises est attaqué par des pirates. Au cours de l’assaut, un des marins, Kirk Hamilton, est blessé et le capitaine se résout à le laisser en Australie, dans un petit port, afin qu’il puisse récupérer. Le navire, de son côté, poursuit son périple vers les Indes. Sur place, le viril marin attire l’attention de l’espiègle Janice, âgée de 10 ans, et, surtout, de sa grande sœur, Elaine, laquelle est fiancée au riche Martin Shannon. Un triangle amoureux se développe et Elaine hésite entre ses deux prétendants. Mais des pirates enlèvent la jeune fille et, après bien des péripéties, cette dernière échoue sur une île en compagnie de Martin, de Kirk et de sa petite sœur. Or, le lieu, supposé désert, abrite une dangereuse faune préhistorique.

D’une durée fort restreinte (à peine une heure), TWO LOST WORLDS a, pourtant, bien du mal à passionner le spectateur, lequel se sent rapidement floué sur la marchandise. En effet, l’affiche et le titre laisse présager un long-métrage de « monde perdu » mais il faut attendre les cinq dernières minutes pour découvrir, enfin, les dinosaures promis. Déception ! Ceux-ci sont, en réalité, de simples stock-shots de ONE MILLION BC (qui date de 1940) paresseusement intégré dans l’image et aucune nouvelle scène à effets spéciaux n’a été réalisée pour le film. En conséquence deux lézards géants s’affrontent sous les yeux des héros mais sans jamais interagir avec eux ou les menacer directement.

La structure très particulière de TWO LOST WORLDS, qui débute comme un film de pirates, se poursuit en une romance classique et se termine dans le fantastique s’explique, selon certaines sources, par les origines d’un long-métrage au départ envisagé comme une série télévisée centrée sur la piraterie. Ce projet avorté laissa un ou deux épisodes tournés qui, remontés, furent exploités en salles agrémenté de quelques éléments science-fictionnels, lesquels furent adjoint par intérêt commercial. Quoiqu’il en soit, TWO LOST WORLDS parait boiteux : le récit d’aventures reste prévisible et banal, honnête mais sans la moindre inspiration et, le côté fantastique s’avère complètement sous-employé et plaqué sur l’intrigue, laquelle développe longuement un triangle amoureux sans grand intérêt. Le manque de budget se fait, d’ailleurs, cruellement sentir dans l’utilisation de stock-shots bien visibles et dans la pauvreté des décors utilisés, notamment celui, rudimentaire, du bateau.

Dans le rôle principal, nous découvrons James Arness, le frère ainé de Peter Graves, qui débuta sa carrière au milieu des années ’40 et participa à quelques films prestigieux comme BASTOGNE ou LE CONVOI DES BRAVES. Dans TWO LOST WORLDS il trouve cependant sa première tête d’affiche et incarne un valeureux marin héroïque, Kirk Hamilton, pour lequel chavire Laura Elliot (alias Kasey Rogers), célèbre pour ses rôles dans l’INCONNU DU NORD EXPRESS et la série télévisée « Ma sorcière bien-aimée ».

Toute petite série B fort décevante, TWO LOST WORLDS possède comme principale qualité sa durée très réduite qui permet de ne pas trop s’ennuyer en dépit d’un rythme déficient. C’est peu mais il faudra s’en contenter et juger le film avec indulgence, en le considérant comme une curiosité historique exhumée des tréfonds de l'Histoire du cinéma comme le témoignage daté et maladroit d'une époque révolue. Les amateurs d'effets spéciaux et de gros budget à la JURASSIC PARK peuvent, pour leur part, s'absetnir sans remords...

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2011