UN MERCENAIRE RESTE A TUER

Titre: All'ombra di una colt
Réalisateur: Giovanni Grimaldi
Interprètes: Stephen Forsyth

 

Conrado San Martín
Franco Ressel
Franco Lantieri
Helga Liné
Anna Maria Polani
Année: 2017
Genre: Horreur / Thriller
Pays: USA
Editeur
Critique:
Prolifique scénariste (80 titres à son actif), Gianni Grimaldi passe à la mise en scène en 1965 avec UN MERCENAIRE RESTE A TUER, western encore fortement influencé par le modèle américain. Cependant, dès le générique, le cinéaste accroche l’intérêt : des images peintes très réussies, un thème musical impeccable de Nico Fidenco et un poème tristounet déclamé qui illustre l’impossible reconversion des as de la gâchette : « mon métier c’est de tuer ».

L’intrigue, dès lors, va se centrer sur deux pistoleros : Steve et Duke. Le premier se rêve fermier et souhaite, en outre, épouser la fille de son ami. Ce-dernier n’est guère enchanté par cette perspective mais Steve s’installe néanmoins avec la jeune femme dans un bled perdu dominé, refrain connu, par d’affreux méchants qui désirent s’emparer de sa ferme. Steve leur résiste et ils finissent par appeler Duke pour supprimer son gendre. Le long-métrage a beau être linéaire et comportait quelques invraisemblances, UN MERCENAIRE RESTE A TUER demeure très solide et bien ficelé. Cette première période du western à l’italienne comporte d’ailleurs quelques pépites à redécouvrir avant les excès (qui font aussi le charme du genre bien sûr) apporté par Leone et ses épigones.



Ici, les personnages sont moins schématiques que de coutume, moins manichéens (comme ce shérif tiraillé entre son envie de bien faire et sa crainte des méchants), les outrances futures du spagh’ sont absentes et on sent que chacun participe à la crédibilité de l’histoire. Pas la moindre trace de second degré, pas le moindre tic parodique. De plus le budget s’avère suffisant pour rendre les décors espagnols et les costumes crédibles.

La mise en scène se montre pour sa part tout aussi efficace en particulier lors de l’impressionnante fusillade finale en plein village au cours de laquelle les cow-boys tombent comme des mouches. Enfin, les comédiens s’avèrent convaincants avec quelques seconds rôles savoureux, l’amateur de bis reconnaitra d’ailleurs Helga Liné. Seul le principal protagoniste (Stephen Forsyth, revu dans le thriller horrifique UNE HACHE POUR LA LUNE DE MIEL) parait parfois bien naïf dans ses réactions. Le fond moral, classique, concerne la lutte de ce tueur pour échapper à son existence violente et entamer une nouvelle vie. La durée réduite (79 minutes) confère à l’ensemble son rythme soutenu qui évite tout ennui et transforme ce western italo-espagnol méconnu en une excellente série B à redécouvrir.

Très bonne surprise qui encourage à déchiffrer encore l’immense histoire de l’Ouest made in Europe.

Fred Pizzoferrato - janvier 2018