UN TRAIN POUR DURANGO
Titre: Un treno per Durango
Réalisateur: Mario Caiano
Interprètes: Anthony Steffen

 

Mark Damon
Enrico Maria Salerno
Dominique Boschero
Roberto Camardiel
José Bódalo
Manuel Zarzo
Année: 1968
Genre: Western
Pays: Italie
Editeur Artus
Critique:

Bien avant les futures pantalonnades à la « Trinita », Mario Caiano se lance, avec UN TRAIN POUR DURANGO, sur les rails du western humoristique situé durant la révolution mexicaine. Loin d’être un inconnu dans le petit monde du bis transalpin, Caiano a livré une trentaine d’oeuvrettes sympathiques dans les genres les plus divers, passant, souvent avec bonheur, du péplum (ULYSSE CONTRE HERCULE) à l’horreur (LES AMANTS D’OUTRE TOMBE).

Sa reconversion dans le western fut d’ailleurs l’occasion de petites réussites qui se revoient toujours avec plaisir comme MON COLT FAIT LA LOI ou le fameux MON NOM EST SHANGAI JOE. Avec UN TRAIN POUR DURANGO, le cinéaste offre un divertissement rondement mené qui, en dépit d’un fond sérieux, dérape souvent dans un humour efficace et ménage quelques séquences très drôles comme cette partie de roulette russe improvisée par un révolutionnaire mexicain mégalomane.

Deux cavaliers, un Américain surnommé Gringo et un Mexicain appelé Lucas, vendent toutes leurs économies afin de s’acheter un billet de train pour Durango. Dans un des wagons, en effet, se trouve un coffre-fort plein à craquer de monnaie sur lequel les compères espèrent faire main basse. Hélas, le coffre est volé par une bande de crapules révolutionnaires assoiffées de dollars menées par un pseudo-général vénal. Cependant, les voleurs mexicains n’ont pu en récupérer les clés et, en dépit de tous leurs efforts, sont incapables de l’ouvrir. Or, nos deux amis entrent par hasard en possession des précieux sésames et décident de négocier une part de la fortune ainsi que la rançon d’une belle blonde kidnappée, Helene, dont Gringo s’est entiché.

Riche en rebondissement, UN TRAIN POUR DURANGO file à vive allure et ne laisse guère au spectateur le temps de souffler en dépit de sa durée conséquente (104 minutes). Entre rebondissements, gags, fusillades et poursuites, Mario Caiano ne ménage pas ses efforts pour divertir et y parvient le plus souvent, évitant l’humour pachydermique ou les twists improbables souvent de mises dans le western italien. Ici, malgré l’une ou l’autre outrance, le cinéaste tient bon la rampe et s’appuie sur un scénario bien écrit et toujours plaisant signé du spécialiste Duccio Tessari.

Notons d’ailleurs avec plaisir que les considérations politiques gauchistes qui empoisonnent la plupart des westerns se déroulant durant la révolution mexicaine sont, ici, absentes : pas de pesant discours, juste une volonté de distraction pure qui renvoient dos à dos tous les protagonistes. Aux oubliettes les idéalistes, les révolutionnaires et les exaltés : tous ne pensent qu’à l’argent, des soldats mexicains aux voleurs en passant par les détectives et les belles demoiselles en détresse !

Si l’humour, volontiers noir ou mordant, domine, quelques morceaux de bravoure apparaissent entre deux gags, comme la scène où nos héros (apparemment non doublés et quelque peu inconscients), enterrés jusqu’au cou, sont chargés par une horde de bandits à cheval qui menacent de les piétiner.

UN TRAIN POUR DURANGO s’appuie, en outre, sur un solide casting dominé par l’inévitable Anthony Steffen, grande star du spaghetti qui débute le film en mauvaise posture après avoir reçu une balle dans le postérieur ! A ses côtés, nous retrouvons Mark Damon, Enrico Maria Salermo et la blonde Dominique Boschero qui apporte à l’entreprise indispensable élément de charme.

Plein d’entrain, picaresque, bondissant, UN TRAIN POUR DURANGO constitue le divertissement familial idéal du samedi soir : plus porté sur l’humour que sur la violence il enchantera petits et grands sans jamais les ennuyer.

Une sympathique petite réussite à savourer dans une très belle copie dvd (éditée par Artus Films) qui permet enfin de découvrir la version intégrale d’un film jadis expurgé d’une bonne vingtaine de minutes pour son exploitation dans les salles françaises.

 

Fred Pizzoferrato - Mai 2013