UNDEAD
Titre: Undead
Réalisateur: Peter & Michael Spierig
Interprètes: Felicity Mason

 

Mungo McKay
Rob Jenkins
Lisa Cunningham
Dirk Hunter
Emma Randall
 
Année: 2003
Genre: Horreur / Gore / Comédie
Pays: Australie
Editeur  
3 /6
Critique:

Les frères Spierig avaient déjà réalisés trois courts-métrages consacrés aux morts vivants lorsqu'ils se sont lancés dans l'aventure du long avec ce très évocateur UNDEAD. Dans celui-ci, une série de météorites s'abattent sur le petit bled australien de Berkeley, provocant des mutations transformant les habitants en zombies. Dans le même temps, une pluie bizarre se met à tomber et un solitaire excentrique tente de juguler l'invasion des non morts, envoyée - selon lui - par les extra-terrestres.

Dans la vague des zombie-movies ayant envahis les écrans, UNDEAD est passé relativement inaperçu mais s'avère plutôt sympathique. Tourné avec un budget restreint de moins d'un million de dollars, le métrage tient bien la route au niveau des effets spéciaux et même du look général, ne trahissant jamais ce relatif manque de moyens: la photographie au look bleuté très tendance, la mise en scène (pleine de petites affèteries visuelles) et le film dans son ensemble paraissent en effet avoir coûté bien davantage.

Dommage qu'au niveau du scénario, UNDEAD ne se montre pas aussi réussi, tant la première partie du métrage semble bancale et de peu d'intérêt. Les frères Spierig marchent clairement sur les traces des rois du système D comme Sam Raimi ou Peter Jackson et inscrivent leur film dans la lignée de EVIL DEAD 2 ou BAD TASTE. Malheureusement, le rythme ne suit pas et l'humour n'est pas très efficace: si quelques traits comiques parviennent à faire mouche, la platitude de nombreux gags et les très pénibles baisse de mesures empêchent le spectacle de se montrer véritablement réjouissant. Reste l'une ou l'autre répliques assez jouissives style "de mon temps on respectait ses parents, on les bouffaient pas!" et un personnage de flic hystérique qui accumule les "fuck" comme si il devait auditionner pour Tarentino.

Le héros, Marion (Mungo Mc Kay) se la joue cow-boy du dimanche, une sorte de décalque de Django ou Sartana croisé avec une approche très John Woo de l'action, à savoir des sauts périlleux impossibles, des tirs croisés la tête en bas et des fusils qui semblent posséder un chargeur illimité. Bref, très caricatural mais relativement distrayant, quoique l'ensemble manque d'une véritable ligne directrice sur la longueur. Pourtant, UNDEAD n'est pas mauvais et ménage l'une ou l'autre surprises plus ou moins inventives. Avouons déjà que les cinéastes ne perdent pas de temps à exposer la situation et, au bout de dix minutes, l'horreur déboule avec une belle énergie, même si les frangins Spierig ne tiennent pas la distance: après trente minutes efficaces (même si pompées sur LA NUIT DES MORTS VIVANTS), le rythme retombe pour un ventre mou d'une bonne quarantaine de minutes au cœur du métrage et seule la finale est plus intéressante. Ainsi, la seconde partie du métrage fait intervenir les aliens promis et parvient à offrir une certaine originalité aux spectateurs. Sans être totalement convaincant, la dernière demi-heure est néanmoins bien troussée (davantage que ce qui précède en tout cas) et dispose d'un rythme beaucoup plus équilibré. La fin, elle, s'avère hélas fort prévisible mais les ultimes images possèdent, en dépit du manque flagrant d'originalité, une belle puissance évocatrice qui n'a rien a envier aux plus nantis DAWN OF THE DEAD 2003 ou au TERRITOIRE DES MORTS.

Les effets gore, nombreux, sentent, eux, un peu trop le numérique pour pleinement contenter les fans de splatter old-school mais l'une ou l'autre séquence de carnage méritent néanmoins le détour et sauront rassasier les assoiffés d'hémoglobine. Décapitation, visage arraché, membres tranchés, couteau planté dans un crâne, impacts de balles à la Sam Peckinpah,…UNDEAD assure! Avec ce film, les frères Spierig signent une entrée en matière mitigée dans la cour des réalisateurs.

Si UNDEAD trahit un certain amateurisme (au niveau de l'interprétation, notamment, parfois un peu crispante) et un scénario trop hâtivement rédigé, il révèle aussi des techniciens capables de proposer un spectacle d'une belle tenue visuelle pour un budget restreint. Avec ses influences diverses (comédie, western spaghetti, horreur, gore, science-fiction rétro, action asiatique), UNDEAD a peut-être le tort de venir après trop de zombie-horror-comedy, allant du génial (SHAWN OF THE DEAD) au médiocre (ZOMBIE KING AND THE LEGION OF DOOM) en passant par le sympathique (DEAD AND BREAKFAST) mais il permet, à tout le moins, de passer une bonne soirée.

C'est déjà ça même si l'ensemble ne vole pas bien haut!

Fred Pizzoferrato - Mars 2007