PIEGE A GRANDE VITESSE
Titre: Under Siege 2: Dark Territory
Réalisateur: Geoff Murphy
Interprètes: Steven Seagal

 

Eric Bogosian
Everett McGill
Katherine Heigl
Morris Chestnut
Patrick Kilpatrick
 
Année: 1995
Genre: Action
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Trois ans après PIEGE EN HAUTE MER, sans doute un des sommets artistique et commercial de Saumon Agile, Casey Ryback, ancien super combattant des Marines reconvertit cuistot, rempile pour une nouvelle mission.

Dans cette seconde déclinaison des aventures de John McClane, le roi du cassage de bras escorte sa nièce adolescente dans un train pour se rendre à l’enterrement de son frère, décédé dans un crash aérien. Ce qui explique la réticence de l’adolescente à prendre la voie des airs et permet un long voyage par le chemin de fer. Malheureusement, des infâmes terroristes détournent le train et tuent froidement deux agents du gouvernement après les avoir torturé pour récupérer les codes d’activation d’un satellite doté d’une technologie révolutionnaire capable de provoquer des séismes à distance. Bien évidemment, Casey Ryback se révèle le seul espoir du monde libre et, implacable, supprime un par un les méchants.

Au milieu des années ’90 tous les gros studios misent sur l’action pétaradante en lieu clos : le succès de PIEGE DE CRISTAL a donné des ailes à tous les producteurs et chacun y va de sa bande musclée dans lequel un héros pur et dur sauve le monde et dégomme de méchants terroristes caricaturaux. SPEED, MORT SUBITE, BLOWN AWAY, BLOODFIST VI, PASSAGER 57, THE ROCK, LES AILES DE L’ENFER, CLIFFHANGER, etc. brodent sur une recette éprouvée également illustrée par PIEGE EN HAUTE MER, le plus gros succès d’un Seagal qui tente de se remettre de l’échec de sa première réalisation, le thriller écolo burné TERRAIN MINE. Une tendance toujours vivace qui donna ensuite SHOOT AND RUN, LA CHUTE DE LA MAISON BLANCHE, WHITE HOUSE DOWN et bien d’autres.

Ecrit par Matt Reeves et Richard Hatem, le script de cette deuxième fournée fut remanié par Brian Helgeland pour devenir la suite de PIEGE EN HAUTE MER qu’il n’était pas à la base (certains affirment qu’il fut envisagé pour SPEED 2). Si ce nouvel épisode reprend les éléments ayant assuré le succès du précédent, il possède également un côté « bondien » plus prononcé avec un méchant mégalomane (un Eric Bogosian en roue libre) et une arme de destruction massive science-fictionnelle amusante.

Steven Seagal, quoique déprimé par une séparation, y est encore le véritable Saumon Agile de notre enfance et non le bedonnant héros monolithique qu’il deviendra quelques années plus tard. Si son rôle reste classique et schématique, Seagal semble y croire et s’implique suffisamment pour éviter aux scènes dramatiques de sombrer dans le ridicule. Bien sur, conscient de ses limites, le metteur en scène ne lui demande pas de grande tirade et joue la carte du héros taciturne avare de paroles.

Les nombreuses invraisemblances du scénario pourront, elles, agacer les cartésiens ou amuser les amateurs de divertissement façon « roman de gare » ou cinéma bis: si on ne comprend pas très bien l’intérêt de prendre un train en otages avec toute les complications logistiques inhérentes à ce plan hasardeux, on apprend qu’il existe sous le Pentagone une centrale nucléaire secrète qui pourrait être prise pour cible par les terroristes et provoquer trois millions de morts.

Bref, PIEGE A GRANDE VITESSE ressuscite la série B des années ’80 façon Cannon mais, heureusement, le budget plus conséquent rend l’ensemble très digeste. Techniquement, le métrage se révèle de bonne qualité, les 60 millions de dollars de budget ont été bien investis et Geoff Murphy (cinéaste prometteur révélé par l’excellent LE DERNIER SURVIVANT) livre une mise en scène propre, fonctionnelle et parfaitement adaptée au produit qui permet d’admirer Saumon Agile en pleine campagne d’extermination.

Seule la scène finale, plombée par des transparences et des incrustations préhistoriques, témoigne d’un vrai bâclage mais son côté over the top (Seagal court tellement vite qu’il échappe à un accident de train !) la rend suffisamment rigolote pour emporter le morceau.

Handicapé par ses effets spéciaux datés, PIEGE A GRANDE VITESSE reste un honnête divertissement, entre la grosse série B assumée, le blockbuster tenté par le second degré et le nanar plus ou moins volontaire. Un bon moment popcorn.

 

Fred Pizzoferrato - Octobre 2014