UNHINGED
Titre: Unhinged
Réalisateur: Don Gronquist
Interprètes: Laurel Munson

 

Janet Penner
Virginia Settle
Sara Ansley
John Morrison
Barbara Lusch
Bill Simmonds
Année: 1982
Genre: Thriller / Slasher / Videonasty
Pays: USA
Editeur Uncut Movies
Critique:

Sorti en 1982, l’obscur UNHINGED fut, forcément, assimilé à la vague slasher, alors déferlante, même si, par son ambiance, le film se rapproche davantage des thrillers horrifiques ayant suivi le succès du séminal PSYCHOSE. Noyé dans la masse, le long-métrage ne doit sa (très modeste) notoriété qu’à son inclusion sur la liste des « videonasty », cet « honneur » laissant d’ailleurs songeur tant il parait aujourd’hui timoré, y compris par rapport à certains titres de la même époque comme VENDREDI 13 ou MADMAN.

Trois jeunes filles d’une vingtaine d’années, Terry, Nancy et Gloria, partent assister à un concert rock. Malheureusement, le temps change soudain et les demoiselles se trompent de chemin avant qu’un accident de voiture ne mette fin à leurs aventures. Au réveil, Terry apprend qu’elles ont été recueillies par une certaine Marion, laquelle vit dans une grande demeure isolée en compagnie de sa mère handicapée, l’acariâtre Edith. Si Nancy ne souffre d’aucune blessure, Gloria a, par contre, été plus sévèrement blessée dans l’accident. De plus, les mauvaises conditions météorologiques obligent les trois copines à rester dans la maison jusqu’à ce que le temps s’améliore. Mais, à la nuit tombée, une mystérieuse présence masculine rode dans les environs et espionne Terry…

En dépit d’une durée restreinte (75 minutes hors générique !), UNHINGED parait interminable et d’une lenteur exaspérante. Si le cinéaste essaie, tant bien que mal, de générer une atmosphère pesante pour se différencier des innombrables clones de VENDREDI 13 ou HALLOWEEN, il ne parvient qu’à ennuyer le spectateur en lui infligeant plus de trois quart d’heure de palabres durant lesquels il ne se passe strictement rien.

Seules les relations houleuses entre la propriétaire de la maison (Janet Penner) et sa mère acariâtre (Virginia Settle) confèrent au film un semblant d’intérêt. La partition électronique de Jon Newton, pour sa part, s’avère plaisante (quoiqu’un brin vieillotte) et rappelle les bandes originales de giallo ou de John Carpenter. Le cinéaste Don Gronquist tente, de son côté, de ruser afin de conférer à son premier long-métrage une patine professionnelle malgré un budget surement minimaliste.

Malheureusement, ces méritoires efforts ne peuvent compenser la faiblesse d’un script qui ne semble réellement s’animer que durant le dernier quart d’heure, plus nerveux et angoissant. Le twist final, lui, se montre correct mais fort prévisible et bien des spectateurs l’auront probablement vu venir depuis les premières minutes de projection.

Au niveau de l’exploitation, malgré sa réputation « nasty », UNHINGED apparait désespérément soft: deux scènes de douche fournissent le maigre quota de nudité et le gore se limite à quatre meurtres, certes relativement sanglant pour une série B du début des années ’80 mais aucunement mémorables.

Difficile d’en dire davantage sur ce titre particulièrement faible et ennuyeux qui ne mérite aujourd’hui qu’un salutaire oubli.

 

Fred Pizzoferrato - Décembre 2012