URBAN JUSTICE
Titre: Urban Justice
Réalisateur: Don E. FauntLeRoy
Interprètes: Steven Seagal

 

Eddie Griffin
Carmen Serano
Cory Hart
Liezl Carstens
Kirk B.R. Woller
Mary Evans
Année: 2007
Genre: Action / Arts Martiaux / Polar
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Dans cette nouvelle aventure, Steven Seagal, 55 ans au compteur, campe Simon Ballister, un dur à cuire qui enquête sur le meurtre de son fils, un flic apparemment abattu au hasard par un gang. Mais Simon ne croit pas en la thèse officielle et s’installe dans une banlieue pourrie de Los Angeles pour investiguer. Classiquement, Simon découvre l’implication de policiers corrompus décidés à garder leur part du gâteau. Devenu le réalisateur attitré de Saumon Agile, Don E. Fauntleroy rempile après MOURIR DEMAIN et MERCENARY avant d’aller tâter d’une autre bête féroce en signant les piètres ANACONDA 3 et 4.

Tourné pour le marché de la vidéo, le film faillit pourtant sortir en salles et s’élève en effet un peu au-dessus du tout-venant au niveau de l’action, de la photographie et de l’interprétation. Cependant, nous sommes loin d’une vraie réussite et URBAN JUSTICE ne peut aucunement rivaliser avec les Seagal de la décennie précédente. Si le roi du cassage de bras semble plus concerné que de coutume dans son rôle de père meurtri décidé à rendre justice, l’intrigue demeure linéaire et peine à passionner, plombée par des scènes inutiles et des longueurs rédhibitoires pour un métrage aussi court.

Quelques passages restent heureusement plaisants, notamment la rencontre respectueuse entre Seagal et le vétéran Danny Trejo en gangster mexicain nanti d’un code d’honneur à l’ancienne. « Tu es comme moi : un sale type avec de bonnes intentions » déclare d’ailleurs notre adepte du zen au buriné mangeur de buritos.

Les combats, eux, sont nombreux mais très courts : le Saumon a pris de l’âge et surtout du poids, l’agilité en a pâti et notre héros se contente souvent d’attraper le bras d’un méchant pour le briser après l’avoir désarmé. Bouffi et bedonnant, Seagal passe plus de temps à discuter qu’à se battre et, dans ce genre de production, c’est évidemment un sacré défaut. De son côté, Eddie Griffin (SCARY MOVIE 3) en méchant « gangsta » cabotine joyeusement mais livre un numéro plaisant plus amusant à regarder que l’interprétation dénuée d’inspiration de ses hommes de main.

Dans l’ensemble, URBAN JUSTICE manque de punch pour passionner : le scénario est trop prévisible pour susciter l’intérêt et le rythme défaillant n’aide guère à apprécier les quelques qualités du produit, à savoir un jeu d’acteur moins relâché que de coutume, un personnage principal un peu plus développé que la moyenne, une photographie acceptable et l’une ou l’autre scènes d’action potables (pour ce genre de direct to vidéo s’entend).

Avec un peu plus de rigueur, URBAN JUSTICE aurait pu atteindre la moyenne mais, en l’état, le film apparait surtout comme une occasion manquée pour l’ancien Saumon Agile. Rien de franchement déshonorant pour les inconditionnels du « polar burné de série B » mais rien de suffisant pour justifier une vision, même distraite, hors du cercle des aficionados fanatiques du gros Steven.

 

Fred Pizzoferrato - Octobre 2014