THE VALDEMAR LEGACY PART 2: FORBIDDEN SHADOW
Titre: La herencia Valdemar II: La sombra prohibida
Réalisateur: José Luis Alemán
Interprètes: Silvia Abascal

 

Óscar Jaenada
Daniele Liotti
Laia Marull
Paul Naschy
Jesús Olmedo
Eusebio Poncela
Année: 2010
Genre: Fantastique / Horreur
Pays: Espagne
Editeur  
Critique:

Sorti en 2010, THE VALDEMAR LEGACY, écrit et réalisé par José Luis Alemán, constituait la première partie d’un diptyque horrifique inspiré par H.P. Lovecraft et l’épouvante gothique. Le film, longuet et maladroit, rendait néanmoins un hommage sincère aux grandes heures du fantastique européen, ne serait-ce que par la présence emblématique du grand Paul Naschy dans son dernier rôle.

Cette « séquelle » constitue, en réalité, la continuation d’une même histoire et se devait, logiquement, de conclure les nombreuses lignes narratives précédemment mises en place. Hélas, rien ne fonctionne vraiment dans ce second volet, terriblement décevant et inutile.

Luisa Llorente, partie évaluer une grande demeure de style victorien appartenant à la famille Valdemar a été enlevée par des inconnus. Un détective, Nicolas, tente de la retrouver. Le passé de la famille Valdemar nous est, lui-aussi, révélé de manière plus approfondie : après la mort de son épouse, Lazaró s’est plongé frénétiquement dans l’étude des forces occultes. En dépit des avertissements d’Howard Philip Lovecraft, le jeune veuf, désespéré, a eu recours aux invocations impies contenues dans le Necronomicon, créant une possible porte vers notre univers pour les Anciens Dieux. A notre époque, un ordre maléfique s’apprête à sacrifier sa 666ème victime, permettant ainsi le retour du Grand Cthulhu…

Après un premier volet essentiellement conté en flashbacks, THE VALDEMAR LEGACY 2 se situe, dans sa majeure partie, à notre époque et prend une direction bien différente. Débutant à la manière d’un banal « torture porn » (les protagonistes se réveillent dans une salle où des centaines de personnes furent précédemment suppliciées), cette séquelle s’oriente ensuite vers le survival pour un interminable passage dans les cavernes situées sous la maison Valdemar.

Le cinéaste, manifestement sous l’influence de THE DESCENT, lance aux trousses de ses héros quelques monstres en CGI peu convaincants mais échoue totalement à générer le moindre frisson. L’ennui gagne dès lors le spectateur, forcé d’assister à de nombreuses scènes sans intérêt qui auraient dû être largement raccourcies, voire supprimées.

Empêtré dans ses références, le cinéaste convoque même Lovecraft en personne (après Crowley, Lizzie Borden et Stocker dans le premier film) pour un nouveau flashback languissant qui nous permet toutefois de retrouver, trop brièvement hélas, Paul Naschy. Lors du « grand final », Cthulhu se voit une nouvelle fois invoqué et apparait dans toute sa splendeur, fidèle à l’image gravée dans l’esprit des lecteurs de Lovecraft.

Malheureusement, en dépit d’un design réussi, les effets spéciaux tout juste corrects transforment la créature en un vulgaire monstre de jeux vidéo, un « boss » de fin de parcours qui vient récompenser la patience des rares spectateurs encore concernés par cette interminable histoire. Détaillé sous toutes les coutures, Cthulhu ne possède aucune force évocatrice et s’avère incapable de surprendre ou d’effrayer. Un comble pour une telle entité!

En apparence intéressant, le diptyque THE VALDEMAR LEGACY se résume malheureusement à une triste déception. Emporté par son enthousiasme (ou sa prétention), le cinéaste étire sur deux films une intrigue qui aurait facilement pu être condensée en moins de deux heures.

Si le premier épisode reste globalement intéressant en dépit de ses nombreuses faiblesses, ce second volet sombre, hélas, dans la médiocrité et apparait comme une piètre pièce rapportée, incapable de maintenir l’attention d’un spectateur épuisé par tant de longueurs et de scènes inutiles. A éviter.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2013