VAN HELSING
Titre: Van Helsing
Réalisateur: Stephen Sommers
Interprètes: Hugh Jackman

 

Kate Beckinsdale
Richard Roxburgh
David Wenham
Shuler Hensley
Elena Anaya
Robbie Coltrane
Année: 2004
Genre: Fantastique / Aventures / Horreur
Pays: USA
Editeur  
1 /6
Critique:

Attention, gros navet! Stephen Sommers ayant réussi à transformer LA MOMIE (un classique vieux de 70 ans!) en un sympathique divertissement pop-corn destiné aux jeunes, il semblait logique que la Universal veuille réitérer ce bon coup en lançant un produit bâtard inspiré de sa période la plus décadente, celle de FRANKENSTEIN RENCONTRE LE LOUP GAROU et autre MAISON DE DRACULA.

D'où une accumulation de monstres en tout genre dans un métrage référentiel qui, constamment, donne un coup de coude aux spectateurs tout en affirmant ne pas être dupe de tout ce décorum. VAN HELSING est donc plus méprisant qu'attendri lorsqu'il se penche sur cet immense héritage (le fantastique "classique") et s'avère logiquement antipathique à souhait!

Tout commence pourtant plutôt bien, avec un beau prologue en noir et blanc qui restitue efficacement l'ambiance des vieux classiques de la Universal dont Van Helsing se réclame. Le Dr Frankenstein et son assistant Igor s'apprêtent à donner vie à la Créature alors que les inévitables villageois en colère se rassemblent aux portes de la propriété. Mais le spectateur découvre rapidement que le Comte Dracula tire les ficelles de toute cette histoire. Ensuite, nous passons à la couleur et la catastrophe commence: l'intrigue se déplace à Paris, où Gabriel Van Helsing tente d'arrêter le monstrueux Mr Hyde (incarné par Robbie Coltrane, le Hagrid de HARRY POTTER), qu'il finit par tuer. A sa mort, le monstre redevient son alter ego, le Dr Jekyll, laissant Van Helsing dans l'embarras. Heureusement, le chasseur de vampires appartient à une section spéciale secrète de l'Eglise dirigée par le Cardinal Jinette. La nouvelle mission de Van Helsing et de Carl, son assistant, consiste à débarrasser le monde d'une grave menace: celle de Dracula!

Van Helsing apparaît ici comme une sorte de pistolero grotesque affublé d'un insupportable side-kick expert en gadgets. La séquence de présentation de ce Carl apparaît d'ailleurs pompée sur les James Bond à un point tel qu'on peut difficilement y voir un simple hommage au vieux Q. L'humour idiot à destination du public "djeun" assomme rapidement le spectateur et le film paraît fort long. Une impressionnante séquence au cours de laquelle Van Helsing lutte contre trois femmes vampires réveille néanmoins l'amateur, mais pas suffisamment pour emporter l'adhésion.

Il faut dire que le scénario se résume à une simple idée (Dracula veut ramener à la vie ses bébés vampires en utilisant la créature de Frankenstein comme catalyseur) et qu'aucun personnages n'est suffisamment développés pour parvenir à être intéressant. Les invraisemblances et autres rafistolages de scénario (Dracula est immortel alors admettons que seul un loup-garou peut le tuer et que justement Van Helsing a été mordu par un lycanthrope) abondent et les acteurs sont pitoyables. Hugh Jackman est monolithique, Kate Beckinsdale transparente mais le clou revient à un Richard Roxburgh absolument grotesque dans le rôle de Dracula - peut-être la pire interprétation du rôle depuis les œuvres de Al Adamson et Jess Franco.

Ne revenons pas sur la mise en scène (un terme ici bien galvaudé) de Stephen Sommers dont le credo semble être de filmer très (trop!) vite pour donner à son film du rythme et du cachet, au détriment de la moindre atmosphère. Toute la seconde partie du métrage se résume à des bagarres de monstres, des explosions, des flammes et du n'importe quoi très bis qui, pourtant, échoue complètement à intéresser un tant soit peu le spectateur.

Les nombreux effets spéciaux, eux, se la jouent entièrement numériques - un comble pour ce style de métrage "rétro" - et les images de synthèses ne sont franchement pas très belles. La plupart semblent tout droit sortie d'un jeu vidéo et c'est d'ailleurs à cela que VAN HELSING fait le plus penser: une accumulation d'éléments disparate et une volonté de filer à cent à l'heure sans laisser au public le temps de souffler.

Stephen Sommers persiste pourtant et enfile les clichés avec une belle énergie: il se complait à accumuler toutes les séquences attendues dans ce genre de film destiné aux adolescents. Héroïne en tenue cuir sexy adepte du kung-fu (dans la Transylvanie du XIXème siècle!), héros invincible, chutes dans le vide, explosions (le cinéaste nous livre sa vision personnelle de la Loi de Murphy que l'on peut résumer par "tout ce qui peut exploser dans ce film explosera"), punch-lines, cascades, romance gnan-gnan ultra prévisible, etc.

Le pire est que VAN HELSING ne réussit même pas à se montrer sympathique, contrairement à LA MOMIE ou LA LIGUE DES GENTLEMENS EXTRAORDINAIRES, par exemple, qui se montraient - au moins - relativement fun. Il reste bien un ou deux passages à sauver, généralement inspirés d'autres films d'ailleurs (BLADE 2, par exemple, paraît souvent mis à contribution) et une évidente volonté de rassembler tous les grands monstres du répertoire pour le plaisir des yeux mais l'ensemble, grotesque, débile et hystérique, ne parvient même pas à divertir.

Rarement aura-t'on vu une telle surenchère et une telle accumulation de séquences supposées grandioses aboutir à un résultat aussi…ennuyeux et pathétique! Un comble pour ce qui s'annonçait comme un sympathique pop-corn movie et un ennui profond pour les amateurs de fantastique. En résumé, VAN HELSING est une terrible déception, à éviter comme la peste!

Fred Pizzoferrato - Mars 2007