VENGEANCE OF THE ZOMBIES
Titre: La rebelión de las muertas
Réalisateur: León Klimovsky
Interprètes: Paul Naschy

 

Romy
Mirta Miller
María Kosty
Aurora de Alba
Luis Ciges
Pierre Besari
Année: 1973
Genre: Horreur
Pays: Espagne
Editeur  
Critique:

Ecrit par Paul Naschy, VENGEANCE OF THE ZOMBIES s’éloigne de la tradition des films de morts vivants popularisés par George Romero pour revenir aux fondamentaux, lesquels incluent des rites vaudous et un sorcier qui utilise des zombies pour accomplir sa vengeance.

La jolie Elvire a vu son père et un de ses domestiques massacrés par d’étranges créatures, apparemment contrôlées par un tueur masqué adepte des rites vaudous. Décidée à oublier la tragédie, la demoiselle trouve refuge chez un Krishna, un sage hindouiste qui vit dans une maison réputée hantée. Pendant ce temps, le compagnon d’Elvire et tous les flics de Scotland Yard tentent de neutraliser le redoutable tueur dont les victimes se multiplient…

Réalisé en 1973, VENGEANCE OF THE ZOMBIES témoigne de l’amour immodéré de Paul Naschy pour le fantastique, qui se traduit, entre autre, par le souhait de l’acteur de multiplier les rôles et de se grimer de manière outrancière. Ici, Naschy incarne non seulement un gourou enturbanné et un sadique adepte du vaudou affublé d’un masque à la Guy Fawkes (comme l’anarchiste de V POUR VENDETTA trente ans plus tard) mais aussi Satan en personne.

Hélas, en dépit de cette volonté de bien faire, le film reste déséquilibré et, comme souvent, le trop est l’ennemi du bien. Par conséquent, l’intrigue, confuse, empile les influences diverses et les clichés horrifiques tandis que Paul Naschy, incapable de se restreindre, joue la carte de la surenchère au lieu d’accoucher d’un récit réellement cohérent.

VENGEANCE OF THE ZOMBIES se centre essentiellement sur une jeune femme, Elvire, venue rencontrer un gourou, Krishna, dans une maison réputée hantée. Cependant, un meurtrier masqué, dont l’apparence rejoint celle des tueurs du giallo, commet divers crimes sanglants pour des motifs mystérieux qui seront expliqués, bien sûr, dans les dernières minutes. Paul Naschy y révèle alors, laborieusement, les tenants de l’intrigue et se lance dans un long monologue qui ne brille guère par sa finesse. Divers indices et lignes de dialogues auront, de toutes manières, déjà guidé le spectateur sur la voie de la vérité, le long-métrage étant, hélas, excessivement bavard.

Sans doute par crainte d’égarer le public dans les méandres de cette labyrinthique et pourtant banale histoire, le cinéaste multiplie, en effet, les scènes inutilement explicatives à l’intérêt souvent limité.

De plus, VENGEANCE OF THE ZOMBIES avance à un rythme languissant et consacre près de soixante minutes à son exposition, uniquement entrecoupée de brefs passages sanglants ou vaguement sexy. Malgré tous ses bémols, le derniers tiers se révèle plus énergique et propose quelques scènes d’exploitation divertissantes qui impliquent, entre autre, une demi-douzaine de morts vivants, une demoiselle en détresse seulement vêtue d’une nuisette légère et une poignée de meurtres sanglants.

Peu inspiré, le cinéaste Leon Klimovsky, vieux routier de l’épouvante espagnole, se repose sur le gore pour maintenir l’intérêt mais l’ensemble manque de panache. La plupart des scènes horribles s’appuient, en effet, sur des maquillages rudimentaires qui consistent, généralement, à couvrir d’hémoglobine une pauvre victime blessée par une arme factice. Les rares tentatives de créer une atmosphère d’angoisse, entre autre dans la première scène de profanation de sépulture, échouent complètement, elles aussi, à provoquer l’effroi souhaité.

La musique constitue un autre motif d’exaspération tant cette bande « originale », qui utilise les habituelles sonorités « jazz » d’ascenseur, typiques des seventies, parait inappropriée aux images proposées. Contre-productives, ces mélodies simplistes rendent VENGEANCE OF THE ZOMBIES daté et, aujourd’hui, effroyablement ringard. Quant au climax espéré, il se résume, hélas, à peu de chose : la fin, précipitée, ne rehausse pas ce qui précède mais, au contraire, termine le long-métrage sur une note négative et une impression de gâchis.

Malgré d’indéniables possibilités, au moins divertissantes, ce fatras fantastique mal maitrisé s’enfonce dans une médiocrité d’où ne surnagent qu’une poignée de crimes sanglants inspirés du giallo. Cependant, quelques séquences restent plaisantes en dépit de leur budget misérable et d’un côté « nanar » plus ou moins assumé. Les messes noires, par exemple, fonctionnent gentiment, avec leurs décors minimalistes, leurs tentures écarlates, leurs pentagrammes et leurs torches enflammées. Les officiant, peinturlurés étrangement ou, au contraire, dénudées dans le cas des jeunes femmes, accomplissent ainsi des rituels guère convaincants mais distrayants pour les amateurs de fantastique à l’ancienne.

Ces rares points positifs sont, hélas, insuffisants pour sauver les meubles et donner un peu de tonus à un film anémique qui, pourtant, durée seulement une heure et trente minutes. Malgré la sympathie naturelle engendrée par la présence de Paul Naschy, VENGEANCE OF THE ZOMBIES échoue à générer le moindre frisson et constitue, au final, un échec à peine tempéré par quelques passages vaguement plaisants pour les plus indulgents. Ou les plus pervers. A réserver, en tout cas, aux inconditionnels de la star espagnole.

 

Fred Pizzoferrato - Septembre 2012