PENITENCIER DE FEMMES
Titre: Violence in a Woman Prison /
Emmanuelle In Prison
Réalisateur: Bruno Mattei
Interprètes: Laura Gemser

 

Gabriele Tinti
Jacques Stani
Mario Romano
 
 
 
Année: 1982
Genre: Women In Prison / Sexploitation
Pays: Italie / France
Editeur  
3 /6
Critique:

Laura, alias Emanuelle est une journaliste infiltrée. Elle subit moultes tortures et humiliations dans une prison de femmes gardées par de sadiques lesbiennes. Heureusement, un médecin tombe amoureux d'elle et enverra une lettre à Amnesty International. Tout finira donc bien… Il est assez inutile de résumer un WIP (Women In Prison) puisque le scénario est toujours le même, tout comme les figures imposées. Laura Gemser reprend ici, plus ou moins, son rôle d'Emanuelle, qu'elle incarna une dizaine de fois dans des produits érotiques, voire pornos, souvent dirigés par Joe d'Amato.

L'intrigue est évidemment affligeante et la médiocrité des acteurs n'a d'égal que la profonde bêtisse des dialogues. Lorsque Mattei tente d'élever son sujet en livrant les motivations de certains personnages (comme le médecin emprisonné pour avoir euthanasié son épouse condamnée), le ridicule l'emporte largement sur l'émotion. Les scènes où intervient un homosexuel efféminé regrettant sa maman sont également pathétiques et navrantes, avec une homophobie tellement crasse que l'ensemble en devient profondément drôle. Par contre, Bruno Mattei ne semble pas dérangé par le saphisme et filme donc avec une certaine complaisance quelques papouilles entre femmes, un grand classique indispensable dans le genre.

Parfois, le cinéaste semble retrouver une certaine inspiration, comme lorsqu'il monte en parallèle un viol complaisant et l'attaque de Laura Gemser par des rats affamés. Mais ces rares séquences plus réussies ne sont pas assez nombreuses pour relever un plat franchement insipide. Voici donc un produit peu passionnant qui mise avant tout sur le sexe et la violence pour garder le spectateur éveillé. Franchement, c'est peine perdue!

Pour la petite histoire, Bruno Mattei se porta également coupable des fameux nazi-porn complaisants SS EXTERMINATION CAMP, SS GIRLS, ou dans un autre genre de VIRUS CANNIBALE, LES RATS DE MANHATTAN, ZOMBIE 3, ROBOWAR, STRIKE COMMANDO ou SNUFF TRAP. Sans oublier CICCIOLINA MON AMOUR ou encore LES AVENTURES GALANTES DE ZORRO. Un esthète, quoi! Il a aussi signé, sous le pseudo de Gilbert Roussel, un REVOLTE AU PENITENCIER DE FILLES (Woman's Prison Massacre) très proche du film chroniqué ci-dessus, au point qu'il est facile de les confondre. Remarquez ils sont presque aussi nuls l'un que l'autres, ce n'est donc pas trop grave! Mais bon, lorsqu'on regarde un métrage signé Bruno Mattei, ce n'est surement pas pour voir un bon film. L'intérêt premier - et souvent unique - consiste à rigoler devant un ramassis d'absurdités et d'énormités variées reliant des scènes de sexe et de violences devenues cultes de part leur médiocrité.

PENITENCIER DE FEMMES remplit donc modestement son contrat de divertissement bas de plafond à destination des cinéphiles pervers qui sauront l'apprécier, entre gens de bonne compagnie et une bière à la main.

Fred Pizzoferrato -Janvier 2007