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Quoique Jacinto Molina, dit Paul Naschy, soit une personnalité incontournable du cinéma d'épouvante européen, ses films restent encore mal connu du grand public et peu de ses œuvres ont bénéficié d’une édition en DVD. Pour beaucoup, Naschy reste indissociable de son personnage fétiche, celui du loup-garou malheureux Waldemar Daninsky, qu'il incarna une douzaine de fois en trente ans. Créé en 1967, ce lycanthrope était destiné à Lon Chaney Jr mais ce dernier, malade, déclina l'offre et Naschy du se résoudre à jouer lui-même son "héros" dans LA MARQUA DEL HOMBRE LOBO. Devant le succès remporté par ce premier volet (rebaptisé en France LES VAMPIRES DU Dr DRACULA et, aux Etats-Unis, FRANKENSTEIN BLOODY TERROR !) de nombreuses séquelles suivirent durant les années ’70 et ’80. Le dernier volet, inepte et honteux, fut signé par Fred Olen Ray en 2004 sous le titre prémonitoire de TOMB OF THE WEREWOLF.
Naschy s'inspire manifestement de l'école américaine (celle de la Universal) et anglaise (symbolisée par Hammer) mais ne dédaigne par la modernité en accentuant l'érotisme et le gore. La vraisemblance, elle, s'efface au profit d'une certaine poésie macabre et LA FURIE DES VAMPIRES tente de bâtir un pont cohérent entre le passé et le présent, entre la tradition un brin poussiéreuse et la nouveauté, plus tapageuse et outrancière. Si l'érotisme reste suggestif, le cinéaste ne se prive jamais, par exemple, de dévoiler les jambes ou la poitrine de ses actrices, témoignant ainsi d'un passage d'époque: le fantastique classique s'estompe peu à peu au profit de davantage d'audaces. Le gore, lui aussi, se fait plus franc et multiplie les cadavres empalés, les morsures féroces et sanguinolentes, etc L'usage du ralenti, fréquent durant les seventies, confère également à certains passages un climat onirique et féerique bien conçu et plaisant. Le rythme, pour sa part, se révèle parfois assoupi mais l'intrigue demeure agréable à suivre. La version intégrale restitue d’ailleurs deux passages jadis coupés dans lesquels un enquêteur recherche les demoiselles disparues. Pas fondamental pour la compréhension de l'ensemble, ces scènes (l’une courte et l’autre bien trop longue) donnent au long-métrage davantage de crédibilité mais rendent aussi le film un peu languissant. Un autre défaut, étonnant de la part d’un connaisseur du fantastique tel que Paul Naschy, réside dans l’utilisation sans beaucoup de discernement de la mythologie et des légendes liées au vampirisme et à la lycanthropie. Ainsi, les vampires sont assimilés aux loups-garous ou à des magiciens et peuvent se promener au grand jour, tantôt effrayés par les crucifix et tantôt indifférent au pouvoir de la Croix. Un manque de rigueur préjudiciable mais pardonnable. En résumé, cette FURIE DES VAMPIRES, reste sympathique en dépit de tous ses défauts et s’impose comme une bonne entrée en matière pour les curieux qui souhaitent jeter un œil sur un pan important du fantastique européen.
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Fred Pizzoferrato - Aout 2007 |
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