LA FURIE DES VAMPIRES
Titre: La Noche de Walpurgis /The Werewolf Versus Vampire Women / The Werewolf's Shadow
Réalisateur: León Klimovsky
Interprètes: Jacinto Molina

 

Gaby Fuchs
Barbara Capell
Patty Shepard
Julio Peña
Andrés Resino
 
Année: 1971
Genre: Fantastique / Epouvante
Pays: Espagne
Editeur Seven Sept


Critique:

Jacinto Molina, dit Paul Naschy, a beau être une personnalité incontournable du cinéma d'épouvante européen, peu de DVD existent pour contenter l'amateur. Naschy est surtout connu pour son personnage du loup-garou malheureux Waldemar Daninsky, un rôle qu'il endossa une bonne douzaine de fois en trente ans. Il fut créé en 1967 et au départ destiné à Lon Chaney Jr. Mais ce dernier, malade, déclina l'offre et Naschy décida d'incarner lui-même son "héros" dans LA MARQUA DEL HOMBRE LOBO. Devant le succès de nombreuses séquelles suivirent.

LA FURIE DES VAMPIRES, quatrième de la série, présente deux jeunes étudiantes plutôt mignonnes à la recherche de la tombe de la comtesse Wandessa, une cruelle vampire qui entretenait sa beauté en se baignant dans le sang des vierges. Nos demoiselles trouvent assistance auprès de Daninsky, un aristocrate immortel et lycanthrope. Evidemment, ils vont ramener à la vie la diabolique Wandessa lors d'une séquence plus qu'inspirée par le classique MASQUE DU DEMON de Mario Bava.

Le scénario, un peu convenu, n'est pas très important et il vaut mieux ne pas y chercher beaucoup de logique ni de vraisemblance, tant l'équipe semble avoir privilégié la forme au fond. A ce niveau, le métrage est une belle réussite, malgré un budget sans doute réduit: la photo est superbe, les images sont belles, dans des tons très chauds, et certaines scènes sont vraiment réussies.

Naschy s'inspire manifestement de l'école américaine (Universal) et anglaise (Hammer) mais également des essais de Jean Rollin: l'érotisme est prononcé, la vraisemblance s'efface au profit d'une certaine poésie macabre et les meurtres sanglants se succèdent. Bref, le bonhomme tente de bâtir un pont cohérent entre le passé et le présent. Et il y parvient plutôt adroitement. Si l'érotisme est suggestif, le cinéaste ne se prive jamais pour dévoiler les jambes ou la poitrine de ses belles actrices témoignant d'un passage d'époque: le fantastique classique - et suggestif - s'estompe au profit de davantage d'audaces.

L'usage du ralenti donne à certains passage un climat onirique et féerique assez bien conçu même si d'autres séquences versent dans le gore: cadavres empalés, morsures féroces, etc. Le rythme, pour sa part, est un peu assoupi mais l'intrigue demeure agréable à suivre.

La version intégrale ici proposée restitue deux passages coupés dans lesquels un enquêteur recherche les demoiselles disparues. Pas fondamental pour la compréhension de l'ensemble mais ces scènes (une courte et une bien trop longue devant le maire du village) donne au métrage une légère crédibilité.

Dommage malgré tout que la mythologie fantastique soit utilisée sans grand discernement: les vampires sont parfois assimilés aux loups-garous ou aux magiciens et se promènent au grand jour, ils sont tantôt effrayés par les crucifix et tantôt non, etc. Paul Naschy eut gagné à se montrer plus rigoureux à ce sujet, d'autant qu'il est sans doute grand connaisseur des mythes et légendes du fantastique.

L'ensemble n'est donc ni cohérent ni véritablement passionnant mais cette FURIE DES VAMPIRES reste sympathique et permet aux curieux de jeter un œil sur un pan important du fantastique européen.

A voir de toutes façons pour les nostalgiques du fantastique "rétro".

Fred Pizzoferrato - Aout 2007