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Thriller policier vendu un peu abusivement comme un Torture Porn, WAZ (prononcez W. Delta. Z.) constitue le premier long métrage cinéma de Tom Shankland, lequel livra ensuite le très efficace THE CHILDREN. L’intrigue de WAZ suit la difficile enquête de l’inspecteur de police Argo et de sa nouvelle et jeune équipière, Helen, lesquels traquent un tueur en série machiavélique. Celui-ci aime en effet kidnapper ses victimes et les torturer afin de les obliger à tuer la personne qu’elles aiment le plus au monde. Une série de cadavres sont ainsi découverts, portant une équation scientifique (W Delta Z) gravée dans la chair, formule représentant la tendance humaine à l’égoïsme. Alors que le spectateur s’attend à un énième décalque de SAW, Shankland remonte bien plus loin dans l’histoire des serial-killers bien frappés et s’inscrit davantage dans l’esprit du classique SE7EN. L’horreur est donc reléguée au second plan pour privilégier l’ambiance, évidemment sale et poisseuse, dans la grande tradition des polars désabusés. L’enquête en elle-même évolue lentement tandis que le cinéaste privilégie les relations entre les deux personnages principaux. Quoique plutôt classique, pour ne pas dire stéréotypés, ces protagonistes restent intéressant et possèdent l’une ou l’autre failles, ou secrets, qui leur donnent un minimum d’épaisseur. Bien sûr la relation d’abord tendue évolue classiquement vers une gentille camaraderie. Rien de neuf donc mais Shankland maîtrise suffisamment le sujet pour maintenir l’intérêt. Pour corser l’intrigue, le cinéaste s’intéresse également à une guerre entre des gangs rivaux composés de racailles même si il ne fait qu’effleurer le sujet sans réellement l’exploiter. WAZ se permet néanmoins quelques sous-intrigues sans doute destinée à offrir au spectateur l’une ou l’autre fausse piste et à conférer une longueur normale au métrage. On pourra d’ailleurs objecter que cette durée (104 minutes) constitue un petit handicap et que WAZ eut grandement gagné à se voir élaguer d’un petit quart d’heure. Reste que le cinéaste nous offre une plongée non dénuée d’intérêt dans le monde glauque de banlieues miteuses où évoluent petites frappes roulant des mécaniques et flics désillusionnés. Niveau gore WAZ ne cherche nullement à concurrencer les franchises SAW ou HOSTEL sur leur propre terrain même si certains ont insinué que Shankland visait un public similaire. En réalité, le réalisateur cherche davantage à choquer par la perversité du principe (tuer un proche pour échapper à la torture) qu’à verser dans la boucherie pure. Décidé, justement, à s’écarter un maximum de SAW et à se concentrer au maximum sur l’histoire proprement dite, Shankhlang ne s’attarde jamais de manière voyeuse sur les tourments de ses victimes et laisse l’imagination l’emporter sur le démonstratif. Certains fans de gore pourrait se sentir floué mais WAZ se donne ainsi une petite personnalité et évite de sombrer dans des excès sanglants aujourd’hui éculés et ayant perdu beaucoup de leur puissance. Le twist final, original et bien amené, s’avère relativement prévisible mais il possède néanmoins une véritable puissance, laquelle, à nouveau, s’appuie davantage sur les implications psychologiques de la situation que sur les litres de sang versé. WAZ constitue en définitive une petite production intéressante. Loin du torture-porn formaté que l’on pouvait craindre, l’œuvre de Shankland donne dans le polar d’une grande noirceur ponctué de brèves mais efficaces scènes d’horreur sanglantes.
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Fred Pizzoferrato - Juin 2009 |
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