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Critique: |
Dernier épisode en date de la saga coréenne « Whispering Corridors », le seul lien entre ce chapitre et les quatre précédents réside, comme toujours, dans le lieu où se déroule l’intrigue, à savoir une école de jeunes filles perturbée par des phénomènes paranormaux. WHISPERING CORRIDORS 5 s’intéresse à un petit groupe d’adolescentes et traite des thèmes habituels de l’amitié, des petits copains, de la difficulté à se singulariser tout en s’intégrant dans un groupe, etc. Les éléments fantastiques, pour leur part, paraissent une fois de plus plaqués sur l’intrigue mais se montrent largement plus présents que dans les quatre premiers films, le cinéaste recourant parfois à une grosse artillerie horrifique d’ailleurs peu convaincante. Le récit débute par un pacte de suicide (!) entre quatre jeunes filles : Soy, Eon-ju, Eugene et Eun-yeong qui décident de mourir ensembles. Ce genre de serment n’est, apparemment, pas invraisemblable en Asie mais, ici, seule Eon-ju va aller jusqu’au bout et tenir sa promesse. Après le décès d’Eon-ju, ses trois copines prennent peur et craignent la vengeance post-mortem de la jeune suicidée, laquelle pourrait revenir d’entre les morts pour leur rappeler leur engagement. Des rumeurs commencent en outre à courir sur le compte des trois survivantes et la situation se détériore au sein de l’établissement scolaire maudit. Déroulant une intrigue conventionnelle, WHISPERING CORRIDORS 5 utilise les recettes coutumières des « asian ghost stories » et privilégie une approche fragmentée. Le cinéaste compose par conséquent avec de nombreux personnages au lieu de se centrer sur un seul, rendant parfois l’entreprise peu aisée à suivre. Le metteur en scène, en effet, développe la caractérisation de chacune des jeunes filles et s’attarde par petites touches sur leur quotidien, des séquences sans doute plus intéressantes que celles faisant intervenir le paranormal. Ce récit non linéaire, typique de la saga « Whispering corridors », peut perdre en route des spectateurs peu habitués à ces constructions en puzzle.
La plupart des interprètes se révèlent heureusement convaincantes et les événements émaillant leur existence possèdent une crédibilité intéressante, le cinéaste brossant par la bande le tableau du système éducatif coréen. Néanmoins, la critique de l’élitisme inhérent aux établissements scolaires du Pays du Matin Calme s’avère, cette fois, moins prononcée et les sous-entendus homosexuels peu présents, contrairement aux quatre premiers épisodes de la série. Bien sûr, WHISPERING CORRIDORS 5 reste fidèle aux principales constances de la saga : le réalisateur développe des thèmes sociaux intéressants et confronte les jeunes étudiantes non seulement aux fantômes mais surtout à leurs peurs et leur sentiment de culpabilité. Les problèmes parentaux, les difficultés de l’adolescence, la grossesse non désirée, les jalousies,…sont au centre du scénario, tout comme l’attrait du suicide, vu à la fois comme une échappatoire et une preuve d’amitié. Plus porté sur l’épouvante que ses prédécesseurs, le cinéaste Lee Jong-yong n’innove guère en recourant, pour les scènes d’angoisse, à des effets éculés comme les apparitions, voulues surprenantes du spectre. WHISPERING CORRIDORS 5 regorge de « jump scare » rarement efficaces et plutôt ennuyeuses sur la longueur, le réalisateur délaissant le climat fantastique à l’ambiance feutrée des volets précédents pour privilégier les effets faciles et peu réussis. En résumé, WHISPERING CORRIDORS 5 poursuit dans la veine des quatre premiers films sans réellement se démarquer, si ce n’est par une attention plus importante (mais guère convaincante) donnée aux événements horrifiques. Sans être désagréable, l’ensemble commence à sentir le réchauffé et peine à maintenir l’intérêt mais, dans le genre, on a vu bien pire.
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Fred Pizzoferrato - Janvier 2011 |
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