THE WICKER MAN - LE DIEU D'OSIER (director's cut)
Titre: The Wicker Man
Réalisateur: Robin Hardy
Interprètes: Edward Woodward

 

Christopher Lee
Britt Ekland
Diane Cilento
Ingrid Pitt
Lindsay Kemp
 
Année: 1973
Genre: Fantastique / Epouvante
Pays: Grande Bretagne
Editeur Studio Canal
Critique:

THE WICKER MAN est un métrage devenu culte réalisé en 1973 par Robin Hardy et interprété par Edward Woodward, Britt Ekland et Christopher Lee. Woodward y interprète le Sergent Howie, un policier puritain à la sexualité refoulée par la religion. Toujours puceau à près de 40 ans, Howie débarque dans une île nommée Summerisle afin d’enquêter sur la disparition d’une petite fille. Sur place il se heurte à la population locale et même la mère de la fillette disparue refuse de l’aider. Le Sergent découvre également que l’île a adopté une nouvelle religion basée sur le culte de la nature et soupçonne que l’on y perpétue des rites anciens incluant… le sacrifice humain.

Le très intéressant et subtil scénario de THE WICKER MAN a été écrit par Anthony Schaffer, surtout connu pour avoir signé les prestigieuses adaptations d’Agatha Christie avec Peter Ustinov (MORT SUR LE NIL, LE CRIME DE L’ORIENT EXPRESS, MORT SUR LE NIL et RENDEZ-VOUS AVEC LA MORT). On lui doit aussi le FRENZY d’Hitchcock et l’excellente pièce de théâtre LE LIMIER adaptée deux fois à l’écran. Pour son unique incursion dans le cinéma d’épouvante, Schaffer reprend le principe du thriller policier, sa spécialité, en suivant les pas de ce Sergent qui découvre, horrifié, une communauté vivant selon les principes du paganisme et encourageant la nudité, les plaisirs terrestres et une sexualité libérée.

Bien documenté sur les rituels évoqués, THE WICKER MAN se permet plusieurs retournements de situation et se termine par une conclusion très efficace même si le spectateur familier du genre la devinera sans doute à mi-parcours. Néanmoins toute la progression vers cette finale se révèle remarquable et réussie en multipliant les scènes mémorables et les répliques de qualité. Edward Woodward livre ici une très belle et très crédible performance en particulier lorsqu'il affronte la tentation représentée par une Britt Ekland dansant nue devant lui, exemple réussi d'intrusion de l'érotisme au sein d'un récit fantastique et angoissant.

Mais, aux yeux des amateurs, Christopher Lee lui vole sans doute la vedette en incarnant avec sa prestance inimitable le Maître des Cérémonies païennes. Lee déclame évidemment quelques répliques assez savoureuses, allant des considérations humoristiques ("nos enfants doivent être nus pour danser autour du feu, sinon leurs vêtements pourraient s'enflammer") à d'autres plus philosophiques ("les animaux me paraissent supérieurs aux humains, ils ne se prosternent pas l'un devant l'autre ou devant un des leurs mort voici des siècles. Ils ne me rendent pas malades à discuter de leur péchés") ou carrément anticléricales ("Ton Dieu a eu sa chance, il l'a laissé passer, il est mort").

Britt Ekland, pour sa part, apporte au métrage l’indispensable élément charmeur et le cinéaste ne se prive pas de dénuder la belle demoiselle lors de plusieurs séquences sensuelles. Ingrid Pitt, figure légendaire de la Hammer, complète adéquatement cette distribution prestigieuse même si tout les seconds rôles s’avèrent eux aussi convaincants.

Bercé par une musique très étrange, THE WICKER MAN s’apparente parfois aussi à un film musical tant les chants y tiennent une place importante. Si l’aspect un peu « hippie / flower power » de certaines scènes a aujourd’hui vieilli, l’ensemble demeure une très intéressante curiosité n’appartenant à aucun genre mais empruntant au thriller, au fantastique, à l’épouvante et même à l’érotisme ou aux comédies musicales, non sans humour et pertinence.

Bien écrit, réalisé et interprété, THE WICKER MAN doit donc être découvert par l’amateur curieux, d’autant qu’après une longue inactivité le cinéaste Robin Hardy promet pour bientôt deux « suites » de cette œuvre atypique !

Fred Pizzoferrato - Novembre 2008